L'Espagne en « désaccord » avec la suspension de l'aide aux Palestiniens

Lundi 9 Octobre 2023

Selon le commissaire européen chargé de la politique de voisinage, « l'ampleur de la terreur et de la brutalité contre Israël et son peuple marque un tournant, il n'est pas possible de continuer à faire comme si de rien n'était ». Le commissaire Oliver Várhelyi précise que tous les projets en cours seront réexaminés ainsi que la totalité de la politique d’aide au développement pour la Palestine. Et toute nouvelle proposition budgétaire sera repoussée jusqu’à nouvel ordre, rapporte RFI.


Au titre de la stratégie commune pour la Palestine sur la période 2021-24, le budget commun de l’UE « soutient la construction de l’État palestinien » à hauteur d’un milliard deux cents millions d’euros ; il en reste 691 millions pour 2023-24 qui vont donc être mis entre parenthèses.

L’Union finance ce qu’elle qualifie de « services essentiels » pour les « dépenses récurrentes » de l’Autorité palestinienne : des salaires de fonctionnaires, des projets dans le domaine de la santé, des aides sociales pour les familles vulnérables. Il y a ensuite des projets d’aide au développement pour la gouvernance démocratique, l’État de droit, l’eau et l’énergie

La commission souligne que l’Europe ne finance le Hamas ni directement, ni indirectement (tous les bénéficiaires de versements de l’UE doivent garantir que les fonds ne peuvent pas aller aux organisations sur liste noire de l’Union comme le Hamas classé organisation terroriste et avec qui aucun contact n’a donc eu lieu depuis 2007), cette précision pourrait rendre perplexe puisque c’est l’Autorité palestinienne qui est frappée par ce gel des paiements.



L'Espagne en « désaccord » avec la suspension de l'aide aux Palestiniens
Le gouvernement de gauche espagnol a exprimé lundi son « malaise » et son « désaccord » suite à la décision de l'Union européenne de suspendre son aide aux Palestiniens après l'attaque du Hamas. Le chef de la diplomatie espagnole, le socialiste José Manuel Albares a eu une conversation téléphonique avec le commissaire européen Oliver Varhelyi, qui a annoncé cette décision, « pour lui faire part de son désaccord », a indiqué le ministère espagnol.

Le ministère a par ailleurs indiqué que M. Albares avait demandé au chef de la diplomatie européenne, son compatriote Josep Borrel, que cette suspension soit mise à l'ordre du jour de la réunion mardi des ministres européens des Affaires étrangères qui n'ont pas été mis « au courant de cette décision » de la Commission.
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