Kiiray Mbacké : l’argent au cœur de la bataille pour la coordination de Touba

Dimanche 16 Aout 2026

Un rassemblement de Kiiray à Mbacké a été perturbé par des tensions liées à la coordination politique de Touba. Selon un responsable du mouvement, des incidents avaient déjà opposé des militants, avec notamment des violences physiques et l’usage de gaz lacrymogène.

La rencontre devait réunir responsables, militants et sympathisants autour de la vision du président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et des moyens de la traduire collectivement sur le terrain. Mais la contestation autour de la désignation d’Abibou Diop, directeur général de la Société africaine de raffinage (SAR), comme coordinateur politique local de Touba, s’est rapidement imposée dans les échanges.

La désignation d’Abibou Diop contestée

Un responsable de Kiiray s’est notamment opposé à cette désignation. Il estime qu’Abibou Diop, également appelé Téffanké Diop, ne disposerait pas d’un ancrage politique suffisant dans la ville.

Selon lui, le directeur général de la SAR ne maîtriserait pas suffisamment les réalités électorales locales, notamment les centres et bureaux de vote. Ces accusations ont été rapportées par PressAfrik.

Cette contestation intervient alors que les rivalités autour de la représentation locale continuent de susciter des tensions au sein de la coalition présidentielle. À Koungheul, la Coalition Diomaye Président avait déjà été confrontée à une crise autour de la fonction de coordonnateur départemental, revendiquée par Babou Khady Dieng et contestée par Élimane Mbaye et ses camarades.

Des accusations de financement et de violences

À Mbacké, Serigne Modou Guèye, leader de l’Union patriotique (UP/Beug Sa Réw) et membre de la coalition Diomaye Président, a également dénoncé ce qu’il considère comme une promotion des proches au sein de Kiiray.

Il a interpellé le président Bassirou Diomaye Faye sur le fonctionnement interne du mouvement, alors que la désignation des responsables locaux alimente les frustrations parmi les militants.

Selon lui, de l’argent aurait été utilisé pour influencer certains responsables locaux. Il affirme également que des vigiles et des jeunes qu’il qualifie de « nervis » auraient été mobilisés pour faire face aux militants contestant la coordination, avec une distribution présumée de bombes lacrymogènes.

Ces accusations, qui émanent des contestataires, restent à établir et n’ont pas été confirmées de manière indépendante.

« Nous allons porter cette affaire là où il le faut »

Pour Serigne Modou Guèye, la coordination politique de Touba devrait revenir à des responsables disposant d’une connaissance approfondie du terrain et engagés dans les réalités sociales de la ville.

Il met notamment en avant des militants impliqués dans les activités sociales, les daaras, les écoles, la sécurité ainsi que l’accompagnement des malades.

S’adressant directement au président de la République, le responsable de l’UP/Beug Sa Réw lui demande de mesurer les conséquences de la désignation contestée. Il estime que les deux prochaines années permettront de juger l’efficacité de cette orientation politique.

La contestation pourrait désormais prendre une tournure judiciaire. « Nous allons porter cette affaire là où il le faut et poursuivre Abibou Diop », a déclaré Serigne Modou Guèye, annonçant des suites judiciaires après les incidents dénoncés.

Cette nouvelle crise autour de la coordination de Touba vient ainsi illustrer les tensions persistantes au sein des structures locales proches du pouvoir, sur fond de rivalités pour le contrôle et la représentation politique dans les territoires.

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