Junior Biya : le mystérieux fils de Paul Biya dont les apparitions sont rarissimes

Mercredi 2 Septembre 2026

Il fuit les projecteurs, ne possède aucun compte officiel connu sur les réseaux sociaux et ne s’exprime quasiment jamais publiquement. Pourtant, Paul Biya Junior, fils du président camerounais Paul Biya et de Chantal Biya, suscite de plus en plus de curiosité. Une récente scène familiale à Genève, au cours de laquelle sa cousine l’a présenté comme « Monsieur le président de la République », a suffi à relancer les interrogations autour de ce membre très discret de la famille présidentielle.

Le 22 juin dernier, la famille Biya était réunie à Genève pour célébrer les 31 ans de Paul Biya Junior. Devant Chantal Biya et plusieurs membres de la famille, Cathy Meba, nièce du chef de l’État camerounais, lance sous les applaudissements : « Nous sommes là pour fêter l’année de plus de Monsieur le président de la République : Junior Biya ! »

Une formule qui ne pouvait passer inaperçue au Cameroun, où la question de la succession de Paul Biya nourrit depuis longtemps les spéculations. Dans l’entourage présidentiel, cependant, toute lecture politique de cette appellation est écartée. Un proche explique qu’il s’agirait d’une tradition familiale ekang permettant de désigner l’homonyme d’un parent par le titre ou la fonction de celui-ci. « Ce titre affectueux, utilisé dans le cercle familial, n’a rien à voir avec un quelconque projet politique secret », assure-t-il.


Né en 1995, Junior Biya demeure beaucoup moins exposé que sa sœur Brenda. Ses apparitions publiques sont rares et se limitent essentiellement aux cérémonies familiales ou officielles. Le 31 juillet dernier à Genève, Brenda Biya l’a néanmoins filmé à son insu alors qu’il jouait avec son chien. Comprenant qu’il était enregistré, Junior détourne le visage avant de quitter le champ de la caméra. Une réaction à l’image d’un homme qui, jusqu’ici, a toujours soigneusement évité l’exposition médiatique.

Junior Biya ne dispose d’aucun compte officiel connu sur les réseaux sociaux, n’a accordé aucun entretien public et ne s’est jamais véritablement exprimé sur ses ambitions.

Baptisé par Jean-Paul II

Sa discrétion contraste avec quelques moments très symboliques de son enfance. En 1995, année de sa naissance, Junior Biya avait été baptisé par le pape Jean-Paul II lors de la visite du souverain pontife au Cameroun.

En mars 2009, il avait également reçu une imposition des mains du pape Benoît XVI. Deux épisodes qui figurent parmi les rares images de Junior Biya largement diffusées auprès du public camerounais.



Son nom avait toutefois fait irruption dans le débat public en 2017 lorsqu’il s’était présenté, avec sa sœur Brenda, au concours d’entrée de l’École nationale d’administration et de magistrature (Enam), dans la division Administration générale, cycle B.

Leur admission avait alors provoqué une polémique sur les conditions d’organisation du concours et l’égalité entre les candidats. Malgré des interrogations sur son assiduité au début de sa formation, Junior Biya a finalement poursuivi son cursus et obtenu son diplôme.

Cette formation pouvait laisser entrevoir une carrière dans la haute administration camerounaise. Mais depuis sa sortie de l’Enam, aucune nomination dans la fonction publique n’est venue concrétiser cette hypothèse.

Il parle politique, mais en privé

Loin d’être totalement indifférent aux affaires publiques, Junior Biya suivrait néanmoins attentivement la vie politique camerounaise. Selon un proche cité dans le récit, il discuterait régulièrement de politique dans le cercle familial et donnerait son avis sur la marche du pays ainsi que sur les rivalités internes.

Il serait également particulièrement protecteur envers sa sœur Brenda. « Beaucoup de Camerounais ne savent pas que Junior est l’aîné de Brenda Biya. Il est très discret, tandis que Brenda est beaucoup plus présente, notamment sur les réseaux sociaux », confie un membre de la famille.


Malgré son statut de fils du président et son passage par l’Enam, Junior Biya n’est, pour l’heure, pas présenté comme l’un des principaux prétendants à une succession de son père.

Dans les spéculations qui entourent l’après-Paul Biya, c’est davantage le nom de Franck Biya, fils du président et de sa première épouse Jeanne-Irène Biya, qui revient régulièrement.

Junior, lui, continue de cultiver sa discrétion. Mais dans un Cameroun où chaque mouvement de la famille présidentielle est scruté à travers le prisme de la succession, une simple formule prononcée lors d’un anniversaire — « Monsieur le président de la République : Junior Biya ! » — suffit désormais à remettre son nom au centre des conversations.
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