JO-2030: le comité d'organisation annonce la démission du président Edgar Grospiron

Jeudi 10 Septembre 2026

Le ​comité d'organisation des ​Jeux olympiques et paralympiques 2030 dans ​les ‌Alpes françaises (Cojop) ⁠a officialisé jeudi ‌le départ de son président ⁠Edgar Grospiron, plus d'un an ​et demi ‌après sa nomination, plongeant les organisateurs ‌dans une nouvelle ​crise de gouvernance.

« Sa décision de quitter la présidence s'inscrit dans une transition choisie, organisée et assumée, dans l'intérêt du projet et de sa gouvernance. Elle traduit une volonté partagée avec les parties prenantes de permettre à l'organisation d'entrer rapidement dans cette nouvelle phase opérationnelle », a indiqué l'instance dans un communiqué.

Le Cojop a précisé qu'une assemblée générale, prévue lundi, « sera l'occasion d'organiser l'intérim, jusqu'à la désignation prochaine d'une ou d'un nouveau président ».

L'ancien champion olympique de ski de bosses sur son profil LinkedIn a immédiatement réagit via un communiqué. « Après plusieurs mois de tension au niveau de la gouvernance, je tire la conclusion que les conditions ne sont plus réunies pour moi de continuer cette aventure », a-t-il écrit. Et d'ajouter : « Certains diront sans doute que c'est un échec ou un renoncement. Je préfère dire que j'ai atteint, dans le cadre qui était le mien, le point où il devenait plus juste de passer la main que de s'y accrocher. Oui, il y a eu des obstacles. Oui, il y a eu des accrochages. Oui, il y a eu des décisions difficiles à prendre ».



Des mois de crise
Cette démission intervient après des mois de crise. En décembre, la démission de la directrice des opérations, Anne Murac, avait marqué le début d'une série noire de départs qui avait culminé avec celui du numéro deux de l'instance Cyril Linette, justifié par des « désaccords insurmontables » avec Edgar Grospiron.

Mission d'inspection générale, recommandations d'un ancien de Paris 2024, intérim de l'ex-préfet Michel Cadot puis arrivée du préfet Vincent Roberti comme nouveau directeur général: aucun remède n'aura réussi à remettre la gouvernance sur de bons rails. Ni les bonnes nouvelles du début d'été comme le dévoilement des emblèmes ou l'annonce d'EDF comme premier sponsor premium n'auront réussi à sauver son siège.

Edgar Grospiron a aussi dû affronter des luttes d'influence politique et des crispations avec certains acteurs en région vivant mal la volonté de certains responsables parisiens de transplanter dans leurs territoires de montagne l'expérience de Paris-2024. Sa gestion managériale et sa vision de la gouvernance sont aussi pointées par ses détracteurs qui le décrivent comme « n'en faisant qu'à sa tête » et « n'écoutant rien ». Un audit sur le climat social a été mené auprès de la centaine de salariés de l'instance ces dernières semaines, et ses conclusions doivent être rendues cette semaine.

De son côté, le Comité international olympique (CIO) a pris « acte » jeudi de « la décision d'Edgar Grospiron de démissionner », estimant dans un communiqué qu'il avait posé des « bases solides » pour le projet. « Les fondamentaux économiques du projet sont solides » et « le projet bénéficie également de l'élaboration d'un plan directeur des sites robuste », a salué l'instance basée à Lausanne deux heures après l'annonce du départ de l'ancien champion de ski de bosses au terme d'une longue crise de gouvernance.
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