Iran : le pari manqué de Donald Trump

Lundi 23 Mars 2026

Lorsque Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont lancé cette guerre sans avertir la communauté internationale, leur objectif semblait clair : faire tomber le régime iranien en moins de 72 heures. Les États-Unis et Israël espéraient provoquer une rébellion interne afin d’accélérer la chute du pouvoir à Téhéran.

La stratégie reposait sur une combinaison de frappes ciblées et de pression politique pour déclencher un soulèvement populaire. Washington et Tel-Aviv misaient également sur des divisions religieuses, espérant mobiliser certaines composantes de la société iranienne. Mais les chrétiens comme les musulmans sunnites sont restés prudents, tandis que d’autres voix ont ouvertement dénoncé une intervention militaire jugée injustifiée contre l’Iran.

Trois semaines plus tard, ce scénario ne s’est pas concrétisé. Selon The New York Times, les évaluations du renseignement indiquent que, malgré son affaiblissement, le régime est toujours en place. La peur de la répression continue de freiner toute mobilisation massive.

Lors d’une conférence de presse, Donald Trump a pourtant affirmé que « l’Iran n’a plus de missiles » ni « de drones », assurant que « plus de 95 % de leurs drones ont été neutralisés ». Mais au regard de l’évolution des dégâts observés ces dernières 48 heures, ces déclarations semblent en décalage avec la réalité du terrain.

Une autre option, évoquée du côté israélien, consisterait à éliminer des cadres du régime pour créer un vide au sommet de l’État. Toutefois, cette stratégie pourrait produire l’effet inverse en renforçant l’unité nationale iranienne face à une menace extérieure.

Résultat : la guerre se prolonge sans provoquer de changement de régime. Pire, l’Iran intensifie ses ripostes, causant davantage de dégâts et contribuant à déstabiliser les économies des pays alliés des États-Unis.

Une réalité s’impose désormais : un régime fragilisé ne signifie pas nécessairement un régime renversé. Cette situation pourrait d’ailleurs expliquer la trêve de cinq jours, qualifiée d’« autoproclamée », annoncée par Donald Trump.
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