« Ils cherchent à me discréditer » : Souleymane Jules Diop refuse de plier

Mercredi 12 Aout 2026

Après les nombreuses réactions suscitées par ses prises de position sur la laïcité et le financement du culte au Sénégal, le journaliste et ancien ministre Souleymane Jules Diop a décidé de répondre à ses détracteurs. Dans une longue mise au point, il revendique sa liberté de ton, défend sa foi religieuse et récuse les accusations d’insulte ou d’imposture portées contre lui. Intitulant sa réponse « Accusateurs, lavez-vous ! », Souleymane Jules Diop rappelle d’abord son parcours intellectuel et son engagement précoce dans le débat public.


« J'ai lu avec intérêt les réactions qui ont suivi mes propos sur la laïcité et le financement du culte au Sénégal. Depuis mes 20 ans, je participe au débat de mon pays à travers mes écrits », affirme-t-il. L’ancien ministre dit avoir été profondément marqué par les enseignements philosophiques reçus durant sa jeunesse, citant notamment Socrate et Nietzsche comme références dans sa quête de vérité. « J'ai appris de ceux qui m'ont enseigné la philosophie le courage de mes idées jusqu'au sacrifice suprême, symbolisé par Socrate dans les trois textes qui ont consacré sa condamnation à mort par empoisonnement : L'Apologie, le Criton et le Phédon », écrit-il.

Il ajoute : « Je n'entends donc me prosterner ni devant ceux qui me traitent d'imposteur, ni devant ceux qui, quand l'argument leur fait défaut, me traitent d'insulteur. » Souleymane Jules Diop reconnaît toutefois avoir employé un ton parfois dur, tout en estimant que celui-ci était proportionnel à la gravité des questions soulevées. « J'ai eu le propos parfois dur, je l'admets, mais à la mesure du fait que je dénonce, du contexte et des enjeux. Je n'ai jamais insulté personne, contrairement à mon éducation », soutient-il.

Selon lui, son intervention visait notamment à dénoncer les échanges d'insultes entre un guide religieux et un homme politique, et non à s'en prendre à l'islam ou aux guides religieux. « Mon but était plutôt de dire que ce n'était pas souhaitable. Et voilà que par magie, l'accusation se retourne contre moi qui appelais à éviter de telles situations », déplore-t-il.

L’ancien ministre insiste sur son attachement à la religion musulmane et aux autorités religieuses. « Je n'ai pour l'islam que respect et pour tous nos guides religieux, les véritables, que déférence », affirme-t-il.

Il revendique son ancrage religieux

Face à ceux qui mettent en doute sa foi, Souleymane Jules Diop déroule son parcours religieux, évoquant son passage à l'école coranique et son attachement à la voie de Serigne Touba.

« Je suis par moi-même allé à l'école coranique à mes 5 ans. Je me suis engagé sur la voie de Serigne Touba à mes 15 ans en lisant d'abord ses écrits », explique-t-il.

Il évoque également les figures religieuses qui ont marqué son parcours : « Depuis mon jeune âge, je me suis confié à Baye Cheikh Khady Mbacké, tout en faisant de Cheikh Ahmad Tijani Al Makhtoum, qui m'aimait comme un fils, mon père spirituel. » Dès lors, il s’interroge : « Dois-je même me justifier de ma foi ? »



Souleymane Jules Diop affirme que ses relations conflictuelles avec certaines personnalités religieuses ou politiques ont toujours été liées, selon lui, à des divergences sur le terrain politique. « Les seuls avec qui je me suis retrouvé en conflit m'ont trouvé sur le terrain politique en mettant leurs intérêts avant ceux du peuple sénégalais. Je me suis montré radical et intransigeant, dans un contexte de combat », soutient-il.

Dans sa réponse, l’ancien ministre s’en prend également à certains de ses accusateurs, sans toutefois révéler leurs noms. Il affirme notamment que l’un d’entre eux serait connu pour ses changements fréquents d’affiliation politique.

Il consacre également plusieurs passages à un autre de ses détracteurs, auquel il reproche d’avoir sollicité son intervention à plusieurs reprises lorsqu’il était aux responsabilités.

« Une fois pour demander au ministre de l'Education de mettre son fils dans son quota pour l'école franco-sénégalaise. Ce que j'ai fait, non sans lui demander pourquoi, si la France était si mauvaise », raconte-t-il.

Selon lui, cette même personne l’aurait ensuite sollicité pour une exonération douanière concernant une importation de tomates en vrac, puis dans le cadre d’un projet immobilier.

« S'il m'attaque de nouveau, je détaillerai son nom ainsi que toutes ses activités », prévient Souleymane Jules Diop, tout en expliquant s’être retenu par respect pour certaines personnes qui lui auraient demandé de ne pas réagir.

« Je n'ai jamais vécu de rente »

L’ancien ministre répond enfin aux critiques portant sur son parcours et son engagement. « Le ridicule ne tue vraiment pas. Le "toog muy dox", ce n'est quand même pas à moi qu'il faut l'opposer, moi qui ai donné mon premier salaire à ma mère à mes 17 ans », lance-t-il. Il met également en avant son expérience dans l’administration et la diplomatie. « J'ai mon nom inscrit à jamais sur des plaques d'inauguration à travers le Sénégal. J'ai été un des meilleurs ministres de ce pays, félicité maintes fois dans les communiqués du Conseil des ministres, un des meilleurs ambassadeurs, félicité par deux chefs de l'Etat », affirme-t-il. Souleymane Jules Diop revendique ainsi le droit de s’exprimer sur les grandes questions qui concernent le Sénégal. « Je me crois suffisamment instruit, compétent pour m'exprimer sur tous les sujets relatifs à la marche de l'Etat », soutient-il.

« Je n'ai au-dessus de moi que Dieu »

Pour conclure, l’ancien ministre réaffirme son engagement politique et assure qu’il ne compte pas céder face aux critiques. « Quand il a fallu se battre pour libérer ce pays je l'ai fait en sacrifiant mes années de jeunesse. Et quand il a fallu travailler aussi. Je n'ai jamais vécu de rente, je n'ai voulu rien hériter, je n'ai volé la terre de personne », déclare-t-il.

Selon lui, les attaques dont il fait l’objet répondraient à une volonté de fragiliser son discours. « Je sais ce qu'ils cherchent : me discréditer, me vilipender parce que je menace leurs intérêts. Ils ne pourront jamais me faire plier et leurs incantations ne serviront à rien », martèle-t-il. Souleymane Jules Diop rappelle enfin son engagement politique à gauche, entamé dès l’âge de 20 ans aux côtés d’Amath Dansokho. « Je n'ai au-dessus de moi que Dieu. Il m'est témoin et il me suffit. Voilà pourquoi je resterai fidèle à mon combat, à mes engagements de gauche alors que je n'avais que 20 ans auprès d'Amath Dansokho et resterai sourd à leurs insultes », ajoute t-il. Et de marteler : « Je le répète, rien ne me détournera de mon combat contre les forces réactionnaires qui compromettent la libération de ce pays. »

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