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« Il y a 7 millions de Sénégalais, issus de 1 000 localités, qui n’ont pas accès à Internet », selon le ministre de la Communication

Mardi 24 Février 2026

Interpellé par le député Fodé Mané à l’Assemblée nationale, le ministre de la Communication, des Télécommunications et du Numérique, Alioune Sall, a dressé un diagnostic sans détour de la situation numérique du pays, tout en détaillant les ambitions du gouvernement en matière de connectivité et de souveraineté technologique.


D’emblée, le ministre a mis en lumière l’ampleur de la fracture numérique. « Il y a sept millions de Sénégalais qui n'ont pas accès à internet », a-t-il déclaré devant les députés.

Selon lui, le pays compte aujourd’hui « plus de cinq cents zones blanches », ainsi que « plus de mille localités » encore confrontées à un accès limité ou inexistant à Internet. Une situation qui, a-t-il insisté, entretient « une fracture numérique au quotidien » pour des millions de citoyens.

Malgré les investissements réalisés par les opérateurs téléphoniques au Sénégal, le taux de pénétration de l’Internet fixe « ne dépassait pas quarante pour cent en 2026 », a-t-il précisé, posant ainsi la question du rythme des progrès accomplis. Face à ce constat, le membre du gouvernement a défendu une ambition claire : accélérer drastiquement la couverture du territoire. « Est-ce qu’il faut attendre 2055 pour espérer quatre-vingt pour cent de connectivité sur le territoire ? La réponse est non », a-t-il affirmé.

Le ministre a souligné que l’accès à Internet s’inscrit désormais dans une vision stratégique portée au sommet de l’État. Il a évoqué « l’ambition et la vision constitutionnalisée de l’accès à internet » impulsées par le président de la République et le Premier ministre.

Dans cette dynamique, le gouvernement dirigé par Ousmane Sonko entend, selon lui, « asseoir ce qu’on appelle la culture universelle », en réussissant « en moins de vingt-quatre mois » ce que le pays « n’a pas réussi en soixante ans d’existence ».

Régulation, données personnelles et sécurité nationale

Répondant aux préoccupations sur la régulation du secteur, Alioune Sall a rappelé que le cadre juridique repose sur le Code des communications électroniques, avec des processus stricts imposés aux opérateurs.

« Je peux vous assurer, honorable député, que ce dossier a été traité de la manière la plus rigoureuse possible », a-t-il soutenu, ajoutant que les fournisseurs d’accès à Internet « subissent les mêmes processus » en matière de contrôle et de conformité.

Il a également insisté sur la protection des données personnelles, évoquant le rôle du comité en charge de cette question et la mise en place d’infrastructures, notamment « la passerelle internet qui va permettre demain la sécurisation des données personnelles ».

Pour le ministre, l’enjeu dépasse le simple confort des usagers : « Internet aujourd’hui, c’est une question de sécurité nationale. »


Revenant sur la question soulevée par le député Fodé Mané concernant les zones frontalières, où certains citoyens captent davantage les réseaux de pays voisins comme la Gambie, le ministre a reconnu la nécessité d’une réponse forte.

« Il faut que toutes les parcelles de terre dans ce pays aient Internet au même titre que Dakar », a-t-il déclaré, plaidant pour une équité territoriale réelle entre les centres urbains et les zones rurales.

Un million de Sénégalais connectés gratuitement

Parmi les mesures annoncées, Alioune Sall a révélé que « l’État du Sénégal a décidé de doter un million de Sénégalais d’un accès à Internet gratuitement ».

Cette initiative ciblera en priorité « les zones les plus vulnérables : écoles, universités, dispensaires », avec l’installation de « wi-fi communautaires dans les villages ». L’objectif est clair : permettre aux populations des zones reculées de bénéficier « au même titre que Dakar » des opportunités offertes par le numérique.

À partir de février 2026, le gouvernement ambitionne ainsi d’atteindre une couverture universelle significative, avec un impact à la fois sécuritaire, économique et social.

En réponse à l’interpellation parlementaire, le ministre aura donc affiché une ligne volontariste : faire du numérique un levier stratégique de souveraineté et d’inclusion, et réduire durablement la fracture digitale qui touche encore des millions de Sénégalais.
exclusif net

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