L'intervention militaire du Salvador en Haïti suscite un nouvel espoir chez une partie de la population, confrontée depuis plusieurs années à la violence des gangs armés. Quelque 2 000 soldats salvadoriens ont été déployés depuis fin octobre 2026, notamment dans la zone de Croix-des-Bouquets, près de Port-au-Prince. Selon plusieurs témoignages recueillis par France 24, les groupes criminels seraient désormais inquiets face à la détermination des forces envoyées par le président Nayib Bukele.
La présence des militaires salvadoriens pourrait-elle changer le rapport de force face aux gangs qui terrorisent Haïti ? Depuis le déploiement des troupes du président Nayib Bukele, les affrontements se multiplient dans plusieurs secteurs de la capitale, particulièrement à Croix-des-Bouquets, bastion de groupes armés comme les 400 Mawozo.
Initialement destinée à retrouver quatre techniciens militaires salvadoriens disparus le 18 octobre, l'opération a pris une dimension plus importante avec l'engagement de moyens militaires conséquents.
Selon les informations rapportées vendredi 6 novembre par France 24, des hélicoptères de combat et des véhicules blindés ont été mobilisés contre les positions des gangs.
Sur le terrain, plusieurs habitants accueillent favorablement cette intervention, même si la peur des représailles les empêche d'exprimer publiquement leur soutien.
À Croix-des-Bouquets, un habitant interrogé par les Observateurs de France 24 affirme que les gangs cherchent à contrôler les réactions de la population.
« Il est presque interdit de prononcer le nom du président salvadorien à haute voix dans la zone. Il y a des gens qui sont très contents de cette intervention mais qui ne peuvent pas l'exprimer », témoigne-t-il.
L'homme, identifié sous le prénom d'emprunt Daniel, espère que cette opération permettra aux populations de retrouver leur liberté.
Selon son témoignage, les groupes armés subiraient d'importantes pertes et redouteraient particulièrement les militaires salvadoriens, qu'il décrit comme mieux équipés que les forces déjà présentes dans le pays.
Toutefois, aucun bilan indépendant ne permet actuellement de confirmer l'ampleur des pertes évoquées parmi les membres des gangs.
Les gangs accusés de contraindre les habitants à manifester
L'arrivée des troupes salvadoriennes provoquerait également des réactions hostiles orchestrées par certains chefs de gangs.
D'après plusieurs témoignages recueillis par France 24, des habitants auraient été forcés de participer à une manifestation organisée le 2 novembre à Canaan, au nord de Port-au-Prince, pour dénoncer l'intervention étrangère.
Marie Yolène Gilles, fondatrice de l'organisation de défense des droits humains Fondasyon Je Klere (FJKL), affirme que cette mobilisation aurait été imposée par les groupes criminels.
Elle considère cette initiative comme un signe de leur inquiétude face à l'offensive militaire.
La militante des droits humains évoque également la démarche de Wilson Joseph, surnommé « Lanmo Sanjou », chef du gang 400 Mawozo, qui aurait adressé une lettre au secrétaire général des Nations unies pour solliciter une médiation.
Cette initiative suscite la méfiance de la responsable associative, qui estime que les groupes armés pourraient chercher à négocier une sortie de crise leur permettant d'échapper aux poursuites liées aux crimes qui leur sont reprochés.
Quatre Salvadoriens toujours portés disparus
Le déploiement militaire a été déclenché après la disparition, le 18 octobre, de quatre techniciens salvadoriens affectés à la Force de répression des gangs (FRG).
Leur véhicule blindé avait été attaqué dans le secteur de Croix-des-Bouquets, une zone sous forte influence des groupes armés.
Le véhicule a depuis été retrouvé calciné, mais le sort des quatre hommes reste incertain.
Alors que certains témoignages évoquent leur mort, les autorités salvadoriennes et haïtiennes n'excluent pas qu'ils soient encore retenus en otage.
Le président Nayib Bukele a menacé d'intensifier les opérations si ses compatriotes ne sont pas libérés vivants et indemnes.
L'espoir d'un retour à la sécurité, malgré les risques pour les civils
Si l'offensive nourrit l'espoir d'une partie de la population, elle soulève également des préoccupations humanitaires.
Les affrontements compliquent les déplacements des habitants, tandis que les coupures de communication et la surveillance exercée par les gangs rendent difficile l'évaluation des conséquences sur les civils.
La Fondasyon Je Klere réclame notamment la mise en place de couloirs humanitaires pour protéger les populations prises au piège des combats.
L'organisation préconise également de renforcer les capacités des forces haïtiennes, en envisageant une formation de jeunes soldats avec l'appui des militaires salvadoriens.
Pour l'heure, la durée de l'intervention de Nayib Bukele et ses objectifs militaires à long terme restent inconnus.
Mais dans les quartiers longtemps soumis à l'emprise des gangs, cette présence étrangère ravive l'espoir d'un retour à la sécurité, même si les résultats de l'opération restent à confirmer.
Source : France 24
La présence des militaires salvadoriens pourrait-elle changer le rapport de force face aux gangs qui terrorisent Haïti ? Depuis le déploiement des troupes du président Nayib Bukele, les affrontements se multiplient dans plusieurs secteurs de la capitale, particulièrement à Croix-des-Bouquets, bastion de groupes armés comme les 400 Mawozo.
Initialement destinée à retrouver quatre techniciens militaires salvadoriens disparus le 18 octobre, l'opération a pris une dimension plus importante avec l'engagement de moyens militaires conséquents.
Selon les informations rapportées vendredi 6 novembre par France 24, des hélicoptères de combat et des véhicules blindés ont été mobilisés contre les positions des gangs.
Sur le terrain, plusieurs habitants accueillent favorablement cette intervention, même si la peur des représailles les empêche d'exprimer publiquement leur soutien.
À Croix-des-Bouquets, un habitant interrogé par les Observateurs de France 24 affirme que les gangs cherchent à contrôler les réactions de la population.
« Il est presque interdit de prononcer le nom du président salvadorien à haute voix dans la zone. Il y a des gens qui sont très contents de cette intervention mais qui ne peuvent pas l'exprimer », témoigne-t-il.
L'homme, identifié sous le prénom d'emprunt Daniel, espère que cette opération permettra aux populations de retrouver leur liberté.
Selon son témoignage, les groupes armés subiraient d'importantes pertes et redouteraient particulièrement les militaires salvadoriens, qu'il décrit comme mieux équipés que les forces déjà présentes dans le pays.
Toutefois, aucun bilan indépendant ne permet actuellement de confirmer l'ampleur des pertes évoquées parmi les membres des gangs.
Les gangs accusés de contraindre les habitants à manifester
L'arrivée des troupes salvadoriennes provoquerait également des réactions hostiles orchestrées par certains chefs de gangs.
D'après plusieurs témoignages recueillis par France 24, des habitants auraient été forcés de participer à une manifestation organisée le 2 novembre à Canaan, au nord de Port-au-Prince, pour dénoncer l'intervention étrangère.
Marie Yolène Gilles, fondatrice de l'organisation de défense des droits humains Fondasyon Je Klere (FJKL), affirme que cette mobilisation aurait été imposée par les groupes criminels.
Elle considère cette initiative comme un signe de leur inquiétude face à l'offensive militaire.
La militante des droits humains évoque également la démarche de Wilson Joseph, surnommé « Lanmo Sanjou », chef du gang 400 Mawozo, qui aurait adressé une lettre au secrétaire général des Nations unies pour solliciter une médiation.
Cette initiative suscite la méfiance de la responsable associative, qui estime que les groupes armés pourraient chercher à négocier une sortie de crise leur permettant d'échapper aux poursuites liées aux crimes qui leur sont reprochés.
Quatre Salvadoriens toujours portés disparus
Le déploiement militaire a été déclenché après la disparition, le 18 octobre, de quatre techniciens salvadoriens affectés à la Force de répression des gangs (FRG).
Leur véhicule blindé avait été attaqué dans le secteur de Croix-des-Bouquets, une zone sous forte influence des groupes armés.
Le véhicule a depuis été retrouvé calciné, mais le sort des quatre hommes reste incertain.
Alors que certains témoignages évoquent leur mort, les autorités salvadoriennes et haïtiennes n'excluent pas qu'ils soient encore retenus en otage.
Le président Nayib Bukele a menacé d'intensifier les opérations si ses compatriotes ne sont pas libérés vivants et indemnes.
L'espoir d'un retour à la sécurité, malgré les risques pour les civils
Si l'offensive nourrit l'espoir d'une partie de la population, elle soulève également des préoccupations humanitaires.
Les affrontements compliquent les déplacements des habitants, tandis que les coupures de communication et la surveillance exercée par les gangs rendent difficile l'évaluation des conséquences sur les civils.
La Fondasyon Je Klere réclame notamment la mise en place de couloirs humanitaires pour protéger les populations prises au piège des combats.
L'organisation préconise également de renforcer les capacités des forces haïtiennes, en envisageant une formation de jeunes soldats avec l'appui des militaires salvadoriens.
Pour l'heure, la durée de l'intervention de Nayib Bukele et ses objectifs militaires à long terme restent inconnus.
Mais dans les quartiers longtemps soumis à l'emprise des gangs, cette présence étrangère ravive l'espoir d'un retour à la sécurité, même si les résultats de l'opération restent à confirmer.
Source : France 24