Haïti : drones kamikazes, opérations terrestres et chefs de gangs traqués

Dimanche 1 Novembre 2026

Les opérations contre les gangs armés s'intensifient en Haïti. Alors que le Salvador a déployé environ 2 000 militaires pour retrouver quatre de ses ressortissants disparus après une embuscade, la police haïtienne annonce de son côté la mort du chef de gang « Galaxie », tué lors d'une opération à Bercy. Des informations circulent également sur une offensive terrestre et aérienne d'envergure, la libération de 18 otages et la destruction de plusieurs camps criminels. Toutefois, ces derniers éléments n'ont pas été confirmés par les sources officielles consultées.

La lutte contre les gangs armés connaît une nouvelle escalade en Haïti, avec l'arrivée de renforts militaires salvadoriens et la multiplication des opérations sécuritaires.

Selon Reuters, environ 2 000 soldats salvadoriens étaient présents sur le territoire haïtien au 28 octobre. Ce déploiement intervient après la disparition de quatre techniciens aéronautiques salvadoriens, membres d'une force internationale soutenue par les Nations unies, à la suite d'une embuscade tendue par des hommes armés près de Port-au-Prince, le 18 octobre. 



Le président salvadorien, Nayib Bukele, a présenté cette mobilisation comme une opération destinée à retrouver ses compatriotes, tout en adressant un avertissement aux groupes criminels haïtiens.

Dans une déclaration rapportée par Reuters le 29 octobre, il a affirmé avoir averti les gangs que son pays était capable de leur infliger le même sort qu'aux organisations criminelles combattues au Salvador. Il a néanmoins précisé que l'objectif de cette mission était de sauver les quatre techniciens, et non d'éliminer l'ensemble des gangs d'Haïti. 


Le chef de gang « Galaxie » tué à Bercy
Parallèlement à cette intervention salvadorienne, la Police nationale d'Haïti (PNH), appuyée par la Task Force, a mené jeudi 29 octobre une opération contre des groupes armés à Bercy, entre Arcahaie et Cabaret.

Selon le quotidien haïtien Le Nouvelliste, le chef de gang connu sous le surnom de « Galaxie » figure parmi les personnes tuées. Plusieurs autres membres présumés de son organisation ont également péri durant les affrontements.

D'autres sources locales évoquent une dizaine de morts parmi les membres du gang et l'utilisation de drones kamikazes. Ces chiffres restent à considérer comme provisoires. 


Des informations spectaculaires encore non confirmées
Des récits circulant sur cette offensive font état de frappes de drones appuyées par des hélicoptères de combat, qui auraient détruit plusieurs positions fortifiées de gangs dans des zones forestières.

Ces récits avancent également que des commandos auraient pénétré dans la résidence d'un chef de gang surnommé « Ezol », libéré 18 otages, dont 12 jeunes filles qui auraient été victimes d'exploitation sexuelle, et découvert plus d'un million de dollars.

À ce stade, aucune confirmation indépendante suffisamment fiable ne permet d'établir ces faits, d'identifier les unités qui auraient participé à l'opération ou de vérifier le bilan annoncé.

Il en va de même des informations faisant état de négociations proposées par plusieurs chefs de gang pour quitter Haïti, ainsi que de la disparition présumée de Jimmy Chérizier, alias « Barbecue », figure majeure des groupes armés haïtiens.
Nayib Bukele affiche sa détermination
Lors d'une déclaration diffusée le 29 octobre, le président du Salvador a rappelé sa politique de lutte contre les gangs dans son propre pays.

« Nous avons éliminé les gangs au Salvador et nous pouvons faire la même chose chez vous », a-t-il déclaré, selon une traduction de ses propos rapportés par Reuters.

Le chef de l'État a toutefois tenu à préciser les objectifs immédiats de son intervention en Haïti.

« Notre mission n'est pas d'éliminer les gangs en Haïti. Notre mission est de secourir nos quatre hommes. Maintenant, s'ils ne les libèrent pas volontairement, nous irons les récupérer par la force », a-t-il prévenu. 


En revanche, la déclaration selon laquelle les opérations se poursuivraient jusqu'à ce qu'Haïti redevienne « un pays normal, sans l'ombre d'un gang » n'a pas pu être authentifiée. Elle ne peut donc pas être présentée comme une citation confirmée du président salvadorien.
Une intervention qui suscite des interrogations
L'ampleur du déploiement militaire salvadorien soulève des questions sur la durée, le commandement et les règles d'engagement de cette opération.

Selon Reuters, les autorités n'ont pas encore clairement précisé le cadre opérationnel de l'ensemble des troupes envoyées sur place. Des spécialistes redoutent notamment que l'intensification des combats n'expose davantage les populations civiles. 
Reuters


L'intervention du Salvador intervient dans un pays profondément fragilisé par l'emprise des gangs armés, les déplacements massifs de populations et l'affaiblissement des institutions publiques.

Pour les autorités haïtiennes et leurs partenaires internationaux, le défi consiste désormais à restaurer la sécurité tout en protégeant les civils et en permettant le retour progressif des services publics dans les territoires affectés par les violences.
Dans la même rubrique :