Guinée-Bissau : la société civile salue le désarmement des groupes liés à Embaló et réclame des poursuites judiciaires

Samedi 3 Octobre 2026

Par Erick salemon Bassène


Un tournant politique majeur s'opère en Guinée-Bissau. L'Espace de consultation des organisations de la société civile (EdC) et le Front populaire (FP) ont officiellement salué la décision du Haut Commandement militaire de désarmer les structures armées parallèles liées à l'ancien président de la République, Umaro Sissoco Embaló.


Dans un communiqué conjoint publié ce vendredi 2 octobre, les deux plateformes citoyennes accentuent la pression sur les nouvelles autorités. Elles exigent des poursuites judiciaires immédiates et une enquête approfondie sur la gestion de l'ancien chef de l'État et de ses proches soutiens.


La fin des "milices présidentielles"
Le communiqué fait suite à la déclaration historique du Haut Commandement militaire datée du 1er octobre, qui annonçait le désarmement de ces forces ainsi que l'interdiction formelle de retour d'Embaló sur le territoire national. Pour l'EdC et le Front populaire, ces structures armées ne constituaient rien de moins qu'une « véritable escadrille terroriste » agissant sous la direction directe de l'ancien président.


Tout en félicitant l'armée pour cette initiative, la société civile insiste sur le fait que le désarmement ne doit être qu'une première étape. Les signataires de ce communiqué réclament une enquête rigoureuse et indépendante afin de mettre au clair “ l'identité exacte de l'ensemble des membres de ces milices, la chaîne de commandement et l'origine du financement des armes et l'implication de ces groupes dans les vagues d'intimidation, de persécution et de violence qui ont frappé le pays ces dernières années”.

Sissoco Embaló et Biaguê Na N'Tan dans le viseur de la justice
Au-delà du démantèlement militaire, les organisations citoyennes demandent le retour forcé d'Umaro Sissoco Embaló en Guinée-Bissau, sous le régime de la détention judiciaire. L'objectif affiché est clair : l'ancien président doit répondre devant les tribunaux des crimes et des violations graves des droits humains commis tout au long de son mandat.

Le texte accuse ouvertement Embaló d'avoir orchestré, durant six ans, l'érosion systématique des institutions démocratiques et l'affaiblissement de l'État de droit, installant un climat de peur généralisé dans le pays. Cette dérive, selon le communiqué, n'aurait pas été possible sans la complicité active du général Biaguê Na N'Tam, alors chef d'état-major général des forces armées. La société civile réclame que les agissements du haut gradé soient également soumis à un examen judiciaire implacable.

Le spectre des élections de novembre 2025
Ce soulèvement de la société civile s'inscrit dans un contexte de contestation politique profonde. L'Espace de concertation et le Front populaire ont profité de cette tribune pour réaffirmer avec fermeté leur rejet des événements politiques et institutionnels survenus dans la foulée du processus électoral controversé du 23 novembre 2025.
Alors que la Guinée-Bissau cherche à stabiliser ses institutions, la gestion de l'héritage d'Embaló et la neutralisation définitive des réseaux d'influence militaro-politiques s'imposent désormais comme le principal défi pour l'avenir démocratique du pays.
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