Un an après son arrestation, le brigadier général Daba Naualna a été libéré le vendredi 30 octobre 2026. Ce dénouement, rendu possible par la chute de l'ancien président Umaro Sissoco Embaló, met en lumière la profonde recomposition politique et judiciaire en cours en Guinée-Bissau.
C'est un dénouement qui en dit long sur la recomposition du paysage politique et sécuritaire en Guinée-Bissau. Le brigadier général Daba Naualna, figure influente de l'armée et ancien président du Tribunal militaire supérieur, a été libéré en fin d'après-midi. L'officier supérieur, qui a pu regagner son domicile, met ainsi fin à une incarcération dans une affaire qui cristallise les fractures de l'État bissau-guinéen.
Arrêté en octobre 2025 sous le régime d'Umaro Sissoco Embaló pour sa participation présumée à une tentative de coup d'État, Daba Naualna était devenu, pour ses soutiens, le symbole d'une justice instrumentalisée par l'ancien pouvoir exécutif.
La Chambre criminelle du Tribunal supérieur de justice (TSJ) avait pourtant prononcé la nullité irrévocable de sa détention préventive dès le 23 juillet dernier, une décision qui s'appliquait également à d'autres officiers comme Domingos Nhanque et Mário Midana Sigá. Mais à l'époque, le verdict était resté lettre morte.
Le verrou du statu quo politique
Pendant plus de trois mois, l'ordonnance de libération est restée bloquée dans les rouages d'un appareil d'État alors verrouillé. Il aura fallu attendre la rupture institutionnelle majeure provoquée par le renversement d'Umaro Sissoco Embaló pour que les lignes bougent enfin.
Les analystes locaux s'accordent à dire que seule la mise à l'écart définitive de l'ancien président et de son cercle d'influence a permis de lever le blocage politique qui pesait sur le pouvoir judiciaire.
Un signal fort des autorités de transition
Cette libération marque une étape symbolique forte pour les nouvelles autorités aux commandes à Bissau.
En actant la sortie de prison de Daba Naualna et de ses co-détenus militaires, le pouvoir de transition cherche à envoyer un double message : donner des gages de normalisation en respectant les arrêts de la Cour suprême, tout en s'assurant la bienveillance ou la neutralité de factions clés au sein des forces armées, historiquement arbitres de la vie politique nationale.
Alors que le pays navigue dans les eaux d'une transition complexe, la libération de ces hauts gradés pourrait redistribuer les cartes au sein de l'état-major. Reste à savoir si cette décrispation judiciaire ouvrira la voie à une stabilité durable ou si elle ravivera les vieilles querelles de factions qui rythment la vie politique bissau-guinéenne depuis des décennies.
Erick Salemon Bassène
C'est un dénouement qui en dit long sur la recomposition du paysage politique et sécuritaire en Guinée-Bissau. Le brigadier général Daba Naualna, figure influente de l'armée et ancien président du Tribunal militaire supérieur, a été libéré en fin d'après-midi. L'officier supérieur, qui a pu regagner son domicile, met ainsi fin à une incarcération dans une affaire qui cristallise les fractures de l'État bissau-guinéen.
Arrêté en octobre 2025 sous le régime d'Umaro Sissoco Embaló pour sa participation présumée à une tentative de coup d'État, Daba Naualna était devenu, pour ses soutiens, le symbole d'une justice instrumentalisée par l'ancien pouvoir exécutif.
La Chambre criminelle du Tribunal supérieur de justice (TSJ) avait pourtant prononcé la nullité irrévocable de sa détention préventive dès le 23 juillet dernier, une décision qui s'appliquait également à d'autres officiers comme Domingos Nhanque et Mário Midana Sigá. Mais à l'époque, le verdict était resté lettre morte.
Le verrou du statu quo politique
Pendant plus de trois mois, l'ordonnance de libération est restée bloquée dans les rouages d'un appareil d'État alors verrouillé. Il aura fallu attendre la rupture institutionnelle majeure provoquée par le renversement d'Umaro Sissoco Embaló pour que les lignes bougent enfin.
Les analystes locaux s'accordent à dire que seule la mise à l'écart définitive de l'ancien président et de son cercle d'influence a permis de lever le blocage politique qui pesait sur le pouvoir judiciaire.
Un signal fort des autorités de transition
Cette libération marque une étape symbolique forte pour les nouvelles autorités aux commandes à Bissau.
En actant la sortie de prison de Daba Naualna et de ses co-détenus militaires, le pouvoir de transition cherche à envoyer un double message : donner des gages de normalisation en respectant les arrêts de la Cour suprême, tout en s'assurant la bienveillance ou la neutralité de factions clés au sein des forces armées, historiquement arbitres de la vie politique nationale.
Alors que le pays navigue dans les eaux d'une transition complexe, la libération de ces hauts gradés pourrait redistribuer les cartes au sein de l'état-major. Reste à savoir si cette décrispation judiciaire ouvrira la voie à une stabilité durable ou si elle ravivera les vieilles querelles de factions qui rythment la vie politique bissau-guinéenne depuis des décennies.
Erick Salemon Bassène