Depuis Lisbonne, le leader historique de l’opposition bissau-guinéenne, Domingos Simões Pereira, est sorti du silence pour acter l'impossibilité de tenir les élections du 6 décembre 2026, tout en fustigeant le climat liberticide imposé par le pouvoir militaire.
S'exprimant le 6 octobre 2026 devant la commission des Affaires étrangères du Parlement portugais, le président du PAIGC a dénoncé une stratégie de pourrissement orchestrée par le président de la transition, le général Horta N'Tam, visant à rendre le report du scrutin inévitable.
Le constat amer d'une impasse électorale programmée
Pour Domingos Simões Pereira, l'annonce par le gouvernement de transition du report des élections législatives et présidentielles n’a surpris personne. L'opposant a lui-même reconnu qu’il était « objectivement impossible » d’organiser le scrutin à la date initialement prévue.
Cependant, là où la junte invoque des raisons techniques et logistiques, le leader du PAIGC y voit un sabotage démocratique délibéré. Pereira a rappelé qu'à la date butoir fixée par la loi pour le dépôt des dossiers, aucun candidat n’avait été en mesure de se faire enregistrer, l'appareil électoral ayant été totalement paralysé par le pouvoir en place.
« Comment faire campagne quand la politique est suspendue ? »
Devant les députés portugais, Domingos Simões Pereira a vivement dénoncé le climat de terreur et le verrouillage institutionnel en Guinée-Bissau. Libéré sous caution en juillet dernier après des mois de détention par la junte, l'ancien Premier ministre a pointé du doigt l'absurdité de la situation :« Comment une campagne électorale pourrait-elle avoir lieu alors que toute activité politique est formellement suspendue dans le pays ? »
Selon lui, la junte militaire ne peut pas feindre de vouloir des élections tout en interdisant les réunions publiques, en bâillonnant les partis politiques et en maintenant les principaux leaders de l'opposition sous contrôle judiciaire ou en exil.
Les exigences de l'opposition pour une sortie de crise
Refusant de capituler face au fait accompli, le chef de file de l’opposition a exigé des autorités militaires des « signaux clairs de normalisation » avant toute reprise d'un dialogue politique. Il réclame notamment “la reprise immédiate des travaux” de la commission permanente de l'Assemblée nationale populaire (qu'il présidait avant le coup d'État de novembre 2025), “le rétablissement complet de l’État de droit et la levée des restrictions sur les libertés publiques”.
Un camouflet juridique pour la junte à l’international
Cette prise de parole de Domingos Simões Pereira intervient dans un contexte qui lui est particulièrement favorable sur le plan juridique. Le 5 octobre 2026, la Cour de justice de la CEDEAO a officiellement condamné l'État de Guinée-Bissau pour de graves violations des droits fondamentaux commises à l'encontre de l'opposant et de ses proches.
Ce verdict international vient délégitimer l'action de la junte et offre à Pereira une arme diplomatique de premier choix. Alors que la CEDEAO, présidée par le Sénégal voisin, cherche une issue à cette crise, la voix de Domingos Simões Pereira s'impose comme un pivot incontournable : il n'y aura pas de transition crédible en Guinée-Bissau sans le retour des civils et le respect des règles démocratiques.
S'exprimant le 6 octobre 2026 devant la commission des Affaires étrangères du Parlement portugais, le président du PAIGC a dénoncé une stratégie de pourrissement orchestrée par le président de la transition, le général Horta N'Tam, visant à rendre le report du scrutin inévitable.
Le constat amer d'une impasse électorale programmée
Pour Domingos Simões Pereira, l'annonce par le gouvernement de transition du report des élections législatives et présidentielles n’a surpris personne. L'opposant a lui-même reconnu qu’il était « objectivement impossible » d’organiser le scrutin à la date initialement prévue.
Cependant, là où la junte invoque des raisons techniques et logistiques, le leader du PAIGC y voit un sabotage démocratique délibéré. Pereira a rappelé qu'à la date butoir fixée par la loi pour le dépôt des dossiers, aucun candidat n’avait été en mesure de se faire enregistrer, l'appareil électoral ayant été totalement paralysé par le pouvoir en place.
« Comment faire campagne quand la politique est suspendue ? »
Devant les députés portugais, Domingos Simões Pereira a vivement dénoncé le climat de terreur et le verrouillage institutionnel en Guinée-Bissau. Libéré sous caution en juillet dernier après des mois de détention par la junte, l'ancien Premier ministre a pointé du doigt l'absurdité de la situation :« Comment une campagne électorale pourrait-elle avoir lieu alors que toute activité politique est formellement suspendue dans le pays ? »
Selon lui, la junte militaire ne peut pas feindre de vouloir des élections tout en interdisant les réunions publiques, en bâillonnant les partis politiques et en maintenant les principaux leaders de l'opposition sous contrôle judiciaire ou en exil.
Les exigences de l'opposition pour une sortie de crise
Refusant de capituler face au fait accompli, le chef de file de l’opposition a exigé des autorités militaires des « signaux clairs de normalisation » avant toute reprise d'un dialogue politique. Il réclame notamment “la reprise immédiate des travaux” de la commission permanente de l'Assemblée nationale populaire (qu'il présidait avant le coup d'État de novembre 2025), “le rétablissement complet de l’État de droit et la levée des restrictions sur les libertés publiques”.
Un camouflet juridique pour la junte à l’international
Cette prise de parole de Domingos Simões Pereira intervient dans un contexte qui lui est particulièrement favorable sur le plan juridique. Le 5 octobre 2026, la Cour de justice de la CEDEAO a officiellement condamné l'État de Guinée-Bissau pour de graves violations des droits fondamentaux commises à l'encontre de l'opposant et de ses proches.
Ce verdict international vient délégitimer l'action de la junte et offre à Pereira une arme diplomatique de premier choix. Alors que la CEDEAO, présidée par le Sénégal voisin, cherche une issue à cette crise, la voix de Domingos Simões Pereira s'impose comme un pivot incontournable : il n'y aura pas de transition crédible en Guinée-Bissau sans le retour des civils et le respect des règles démocratiques.


