Guerre civile angolaise : le président João Lourenço décrète une journée de deuil national

Jeudi 21 Mai 2026

Le président angolais João Lourenço a adressé un message solennel à la Nation dans lequel il est revenu sur les blessures laissées par les décennies de conflit ayant secoué l’Angola entre 1975 et 2002. Dans une allocution empreinte d’émotion et de gravité, le chef de l’État a insisté sur la nécessité de préserver la paix, de renforcer la réconciliation nationale et de reconnaître les souffrances vécues par les victimes et leurs familles.



« L’Angola a vécu des moments dramatiques dans son histoire qui ont laissé de profondes blessures, mais que nous avons pu surmonter dans le cadre de la paix et de la réconciliation nationale consolidées au cours des 24 dernières années », a déclaré le président angolais. Le dirigeant a rappelé la mise en place de la Commission interministérielle chargée des victimes des conflits politiques ayant opposé des Angolais entre le 11 novembre 1975 et le 4 avril 2002. Cette structure a notamment permis la restitution de restes humains à plusieurs familles afin qu’elles puissent organiser des funérailles dignes.

Selon João Lourenço, « la paix et la réconciliation entre Angolais, le pardon et l’étreinte des frères, ne sont authentiques que s’ils reposent sur la transparence et l’acceptation du passif douloureux de notre histoire ».
La divergence majeure du 11 novembre 1975 réside dans le fait que l’Angola a proclamé deux indépendances concurrentes le même jour, plongeant instantanément le pays dans une longue guerre civile. Après le retrait précipité des troupes coloniales portugaises, sans véritable passation officielle du pouvoir à un mouvement unique, les différentes factions armées ont refusé de partager le contrôle du territoire.

À Luanda, le Mouvement populaire de libération de l'Angola dirigé par Agostinho Neto proclame la naissance de la République populaire d’Angola. Contrôlant la capitale et soutenu par l’Union soviétique ainsi que par des troupes cubaines, le MPLA s’impose progressivement comme le gouvernement de facto du pays. En réaction, à Huambo, Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola de Jonas Savimbi et le Front national de libération de l'Angola de Holden Roberto s’allient temporairement pour proclamer la République démocratique d’Angola. Les deux mouvements dénoncent alors ce qu’ils considèrent comme « un coup d’État du MPLA orchestré par l’impérialisme soviétique ».

Dans son discours, João Lourenço a également mis en garde contre toute résurgence de tensions ethniques, religieuses ou politiques susceptibles de replonger le pays dans la violence. « Tout doit être fait pour qu’il n’y ait plus jamais sur le sol angolais un conflit qui menace l’intégrité physique et la vie des Angolais », a-t-il affirmé. Le président angolais a annoncé qu’une nouvelle remise de centaines de restes humains aux familles concernées interviendra prochainement. Pour lui, « pardonner et s’embrasser est la voie juste pour bâtir une Nation réconciliée, tournée vers le développement économique et social ».

Face à « l’ampleur des victimes et à l’impact de cette tragédie sur la société angolaise », João Lourenço a proclamé une journée de deuil national le vendredi 22 mai 2026, en mémoire des victimes des conflits. « Le passé ne peut être effacé, mais il doit servir de point de réflexion pour éviter que les erreurs et les crimes du passé ne se reproduisent », a insisté le président.

Le chef de l’État a par ailleurs appelé les Angolais à briser le silence autour des atrocités commises durant cette période sombre, estimant qu’il ne s’agit ni « de rouvrir les blessures » ni « de désigner des coupables », mais plutôt d’empêcher qu’une telle tragédie ne se reproduise. « Notre objectif commun est de restaurer notre Nation, de guérir nos blessures et de renouveler notre espoir », a conclu João Lourenço, lançant « une invitation à l’humilité, au repentir et au pardon » pour consolider l’unité et la prospérité de l’Angola.
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