Gouvernement : Quand Diomaye fait la promotion des militants de la 25e heure

Lundi 6 Juillet 2026

Alors qu'il était dans l'opposition, Bassirou Diomaye Faye dénonçait la promotion des transhumants politiques, estimant que cette pratique avait contribué au ralliement de nombreux alliés et responsables de PASTEF au régime de Macky Sall. Aujourd'hui, les nouvelles autorités semblent adopter une démarche similaire.


En effet, des responsables que le président Bassirou Diomaye Faye avait lui-même limogés en 2024 viennent d'être promus, alors que plusieurs militants et responsables de PASTEF ou de la coalition Diomaye Président, restés fidèles au chef de l'État après son éloignement politique d'avec Ousmane Sonko, attendent toujours d'accéder à des responsabilités.

Il s'agit notamment d'Abdourahmane « Doura » Baldé, nommé directeur général de la LONASE, et d'Abdoulaye Niane, désigné délégué général à l'Entrepreneuriat rapide des femmes et des jeunes (DER/FJ). Ces deux responsables avaient pourtant quitté leurs fonctions en 2024. Abdoulaye Niane avait été révoqué de son poste de directeur général de la BNDE, tandis qu'Abdourahmane « Doura » Baldé avait été remplacé à la tête de la LONASE après que son départ eut été publiquement réclamé par des militants de PASTEF à Kolda.

Leur retour aux affaires suscite des interrogations dans certains milieux politiques, d'autant plus qu'ils étaient identifiés à l'ancien régime de Benno Bokk Yaakaar, qui soutenait la candidature d'Amadou Ba à l'élection présidentielle de 2024.

Il convient également de relever que les deux responsables nouvellement nommés se sont, au fil des années, distingués par des prises de position critiques à l'égard d'Ousmane Sonko et de PASTEF. Leurs déclarations publiques, largement relayées dans les médias et sur les réseaux sociaux, les avaient placés parmi les détracteurs les plus en vue du leader du parti.

Leur retour aux affaires intervient alors que plusieurs responsables et militants ayant soutenu Bassirou Diomaye Faye lors de l'élection présidentielle de 2024 demeurent toujours dans l'attente d'une nomination.

La promotion de personnalités perçues comme d'anciens adversaires politiques, au détriment de militants restés fidèles pendant les périodes les plus difficiles, risque d'alimenter un sentiment de frustration au sein de la majorité. Ils rappellent également que la transhumance politique a, par le passé, coûté cher à plusieurs régimes au Sénégal.
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