Ghana : ces tombes de luxe qui ressemblent à de véritables maisons

Mercredi 26 Aout 2026

Au Ghana, l’architecture funéraire prend parfois des dimensions spectaculaires. Dans plusieurs cimetières du pays, des familles font construire pour leurs défunts des tombeaux particulièrement imposants, dont certains ressemblent davantage à de petites maisons qu’à des sépultures traditionnelles.

Le phénomène, récemment mis en lumière par la presse ghanéenne, est notamment visible dans les grandes villes et certaines localités du pays. Ces constructions funéraires peuvent disposer de sols carrelés, de fenêtres vitrées ou encore de portes métalliques. Certaines familles les considèrent comme une manière de rendre hommage au défunt et de perpétuer son nom.

Ces édifices, parfois qualifiés de « mini-mansions », témoignent également de l’importance accordée aux rites funéraires et à la mémoire des morts dans certaines communautés ghanéennes. Un responsable familial interrogé par The Ghana Report expliquait ainsi que la construction d'un tombeau imposant pouvait être envisagée comme une façon d’honorer l’héritage laissé par le défunt.

Des cimetières privés haut de gamme

Le Ghana compte parallèlement plusieurs cimetières privés proposant des prestations différentes de celles des cimetières publics traditionnels.

À Berekuso, près de l’université Ashesi, Graceland Memorial Gardens, un cimetière privé présenté comme ultramoderne, a été inauguré en février 2024. Ses promoteurs mettent notamment en avant la sécurité, l’entretien du site et la possibilité pour les familles de disposer d’espaces dédiés, dans un contexte de saturation de certains cimetières publics.

À Accra, Gethsemane Memorial Garden avait déjà attiré l’attention plusieurs années auparavant. Ce cimetière privé propose différentes catégories de sépultures : emplacements individuels, doubles, espaces familiaux ainsi qu’une section destinée aux mausolées.

Le statut social jusque dans la tombe

Les tombeaux monumentaux relancent toutefois le débat au Ghana sur la place du statut social dans les pratiques funéraires. Selon The Ghana Report, une tombe traditionnelle à Accra peut coûter quelques milliers de cédis, tandis que certaines constructions beaucoup plus élaborées atteignent des montants nettement supérieurs.

La tradition des mausolées n’est cependant pas nouvelle dans l’histoire ghanéenne. Des recherches historiques montrent que des familles influentes et des autorités traditionnelles disposaient déjà de mausolées ou de cimetières familiaux privés à l’époque coloniale.

Le Ghana est par ailleurs mondialement connu pour son art funéraire. Dans la région d’Accra, des artisans Ga fabriquent depuis des décennies des cercueils figuratifs prenant la forme d’avions, d’animaux ou d’objets symbolisant le métier, les passions ou les aspirations du défunt.

Des cercueils spectaculaires aux tombeaux ressemblant à de véritables demeures, les pratiques funéraires ghanéennes continuent ainsi de mêler mémoire familiale, traditions, architecture et, parfois, démonstration de richesse.

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