Gestion du Sénégal : la G2CS dénonce une démocratie affaiblie et une économie toujours dépendante

Vendredi 25 Septembre 2026

La Grande Coalition Citoyenne pour le Sénégal (G2CS – Guiss Si Sa Bop) pose un regard critique sur la gouvernance politique, économique et sociale du pays. Dans son manifeste, le mouvement estime que les changements politiques n’ont pas encore permis de rompre avec plusieurs faiblesses structurelles du Sénégal : concentration de la décision publique, dépendance économique, fractures territoriales et perte de confiance envers la politique.

La critique de la G2CS ne se limite pas à la conjoncture. Elle porte sur la manière dont le Sénégal est gouverné et sur la place accordée aux citoyens dans la conduite des affaires publiques.

Dans son manifeste intitulé « Pour une République souveraine gouvernée avec les citoyens », la coalition considère que l’exercice démocratique reste encore trop concentré autour des périodes électorales.

« L’élection demeure trop souvent le seul moment où le citoyen est véritablement sollicité. Entre deux scrutins, la décision publique se concentre, le contrôle populaire s’affaiblit et les territoires peinent à faire entendre leurs priorités », affirme la G2CS.

Pour le mouvement, la démocratie sénégalaise devrait dépasser le simple rendez-vous des urnes. La coalition réclame une gouvernance fondée sur l’information des citoyens, leur consultation, leur participation et une véritable reddition des comptes.

Une économie jugée encore trop dépendante

Sur le terrain économique, la G2CS dresse également un diagnostic sévère. Elle estime que la souveraineté politique ne peut être effective tant que le Sénégal reste fortement exposé aux financements extérieurs et insuffisamment tourné vers la production et la transformation locales.

« Notre économie demeure vulnérable aux chocs extérieurs, à l’endettement excessif, à la faiblesse de la transformation locale et à la dépendance alimentaire, énergétique, technologique et financière », soutient le mouvement.

Cette critique intervient dans une période où les finances publiques restent sous pression. Le FMI indiquait en juin 2026 que le déficit budgétaire était passé de 13,4 % du PIB en 2024 à 6,4 % en 2025, tout en soulignant que les vulnérabilités liées aux finances publiques et à la dette demeuraient élevées.

Le 1er septembre, les services du FMI et les autorités sénégalaises sont parvenus à un accord au niveau des services autour d'un programme de 36 mois d'environ 2,2 milliards de dollars, encore soumis à l’approbation du Conseil d’administration. Le programme vise notamment la viabilité de la dette, la réduction des vulnérabilités budgétaires et le renforcement de la transparence des finances publiques.

La G2CS défend toutefois une conception de la souveraineté qui ne signifie pas la rupture avec les partenaires internationaux. « La souveraineté ne consiste pas à se couper du monde. Elle consiste à coopérer sans subir, à négocier sans renoncer, à produire davantage sur notre territoire », précise son manifeste.

Les fractures sociales et territoriales pointées du doigt

Le mouvement met également l'accent sur les inégalités entre Dakar et les autres territoires, mais aussi sur les difficultés d’accès à l’emploi, à la santé, à l’éducation, au financement et aux services publics.

« Les inégalités d’accès à l’éducation, à la santé, à l’emploi, au financement, à la justice et aux services publics fragilisent la cohésion nationale », affirme la coalition.

Pour la G2CS, l’enjeu est donc moins de changer les hommes à la tête de l’État que de transformer profondément la manière de gouverner. Elle plaide notamment pour un Parlement disposant de moyens réels de contrôle, une justice indépendante, des collectivités territoriales responsabilisées et des autorités de régulation crédibles.

Sa critique touche enfin aux pratiques politiques elles-mêmes. « La défiance progresse lorsque la politique devient une compétition de personnes, de promesses non tenues ou de positionnements opportunistes », estime le mouvement, qui dit vouloir remettre « le débat d’idées, la compétence, l’éthique et le service de l’intérêt général » au centre de la vie publique.
Dans la même rubrique :