C’est finalement ce lundi 28 novembre 2022 que le Chef de l’Etat Macky Sall a rencontré la Communauté des "Daaras" s'est au Centre International de Conférence Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio. Pour juguler les problèmes qui assaillent le secteur des " Daaras", le Président sall entend instruire l'administration territoriale pour une cartographie des " Darras" au Sénégal.
Cela, à l'en croire, va participer à leur réglementation avec la finalisation des règles juridiques. Il dira que l'existence de Bureau d'Assistance aux Daaras (BAD). Il demande une plus grande prise en charge des acteurs des " Daaras" dans certains financements ( DER, FONGIP, 3FP, etc.). Pour le Président de la République Macky Sall, il y a urgence à aider le monde des "Daaras". On doit les tendre des filets sociaux. Pour se faire, il y a lieu de donner corps à l'inclusion social en enlevant toute discrimination. Il dira que cette vision s'inscrit dans le Plan Sénégal Émergent (PSE) et dans le volet "Développement Humain". Pour lui, le gouvernement de la République du Sénégal promet de travailler pour le financement de l'éducation et de la formation comme il le fait avec l'enseignement en langue française. Nous allons mettre fin à toute forme de discrimination. La manifestation qui a vu la présence des représentants de plusieurs Khalifes Généraux, guides religieux et acteurs des "Daaras" permet de corriger certaines disparités. Du moins, si l'on croit le Chef de l'Etat qui entend inclure les " Serigne Darras" dans sa politique de promotion de l'équité sociale.
Vers l’augmentation du volet formation
Au cours de cette rencontre avec la Communauté des "Daaras", le Président de la République a sublimé l'Islam. Il a revisité le livre " L'aventure ambiguë" de Cheikh Hamidou Kane qui enseigna l'humilité, une qualité fondamentale en Islam. Il a cité aussi le célèbre " Daara" de Kaly Amar Nar Fall de Pire qui participa grandement à la formation de l'élite qui sonna la grande révolution Torodo du Fouta du temps de Cerno Sileyman Baal en 1776. Il a également souligné que l'Islam est la religion du juste milieu non sans faire une alerte liée à l'utilisation à outrance et sans aucune tenue ni retenue des réseaux sociaux. Le Président Macky entend aller vers la modernisation des "Daaras".
Il décerne un satisfecit à son Ministre de l'Éducation Nationale, le Dr Cheikh Oumar Anne
Le Président de la République Macky Sall a annoncé l'augmentation du volet formation professionnelle pour ce type d'enseignement à l'image du français ( 30%). Pour lui, le gouvernement a permis l'ouverture d'entrée à l'Ecole Nationale d'Administration ( ENA) pour les arabisants et acteurs des " Daaras". Pour lui, le Sénégal a besoin des diplomates dans ce type d'enseignement. Ils sont appelés à intégrer la fonction publique comme tout le monde. Il a révélé que 64 "Daaras" modernes sont en phase de finition, 99 en cours de construction, 76 sous assistance de l'Etat.
Cette partie est suivie par le discours d'ouverture de l'hôte du jour, le Président de la République qui avait à ses côtés son ministre de l'Education nationale, le Dr Cheikh Oumar Anne: « Je me réjouis de la tenue de cette journée. Je salue et remercie tous nos guides religieux qui ont bien voulu envoyer des délégations pour venir prendre part à cette rencontre. Nous voulons partager avec vous certains problèmes qui concernent le secteur des "Daaras" dont vous êtes des élections clefs. Pour votre gouverne, notre pays compte 95% de musulmans. D'où l'importance d'accorder plus d'importance à l'enseignement coranique », s'est expliqué Macky.
La libération des "Serigne Daaras" emprisonnés, une demande pressante des acteurs des "Daaras"
Il lui a été posé la question de maîtres coraniques et autres responsables de mosquées qui ont maille à partir avec la Justice. Question sur laquelle le chef de l’Etat s’est largement exprimé avec quelques précisions. «Au Sénégal, quand quelqu’un est emprisonné, on dit que c’est le président qui l’a emprisonné. Quand vous êtes accusé aussi, on dit que c’est le président qui l’a accusé. Le président n’emprisonne pas, il ne libère pas. Ce qu’il peut faire, c’est de gracier au terme du processus judiciaire.Je ne citerai pas de cas. Mais, quand vous êtes emprisonné, c’est qu’il y a quelque chose. Si vous vous limitez à enseigner, vous ne risquez pas d’être accusés de quoi que ce soit. J’ai la situation, région par région. J’ai entendu vos doléances. S’il s’agit de dossiers administratifs qui ne sont pas graves, on peut voir comment faire pour faciliter les choses. » « Il y a des situations sérieuses où il faut que la Justice fasse son travail. Si c’est de l’escroquerie, c’est pardonnable ou arrangeable. Certains sont arrêtés avec des armes de troisièmes degrés, sans autorisation. Il y a, par contre, des affaires administratives. C’est quand il y a des oppositions entre idéologies qui conduisent à la fermeture d’une mosquée par exemple. Ce sont des choses que l’administration peut régler sans recourir à l’emprisonnement. Il y a aussi des cas d’abus de confiance », a fait savoir le Chef de l’Etat.
Les cas un peu plus sérieux
«Il y a aussi des cas de séquestration de mineur, d’association de malfaiteurs et de violence. Là, la justice ne regarde si l’accusé est maître Coranique ou pas. Elle s’intéresse à ceux qui sont cités et le tribunal fait son travail. Il y a les coups et blessures volontaires, les actes de torture sur des enfants talibés. Je pense que si on en discute, des solutions seront trouvées et qu’il y aura peut-être moins des cas de ce type, tout en renforçant la formation. Le garde des sceaux est là. Pour ce qui est de son ressort, il peut voir comment faciliter les choses. Que ceux qui doivent être jugés le soient, de voir les cas de longue détention préventive de sorte qu'ils puissent être jugés où voir comment les libérer. Je pense que c’est faisable », explique le Président de la république avant de conclure : « Ce qu’il faut comprendre, c’est que les auteurs de meurtre et de viol ne font pas partie de ceux qui peuvent bénéficier de la grace présidentielle. Pour tout le reste, le président de la République peut les gracier.» Cette rencontre illustre à suffisance la plus haute importance que le Président Macky SALL accorde à la communauté des daara, pour le développement de laquelle il a investi de gigantesques moyens, comme l’atteste la mise en place, depuis 2012, de projets et programmes spécifiques d’envergure nationale au bénéfice de 1357 « daara », pour un investissement total de plus de 25 milliards FCFA.
Moussa Niass