Gabon : suspension du procureur général qui s’était illustré lors du procès Bongo

Jeudi 18 Juin 2026

Le procureur général près la cour d’appel de Libreville, Eddy-Narcisse Minang, a été suspendu provisoirement de ses fonctions pour une durée de trois mois par le ministre gabonais de la Justice, Augustin Emane, selon une décision signée le 9 juin et notifiée à l’intéressé le lendemain.

D’après plusieurs sources concordantes, cette mesure conservatoire intervient dans l’attente de l’examen de son dossier par un conseil de discipline prévu le 22 juin. La décision finale devra ensuite être soumise à l’appréciation du Conseil supérieur de la magistrature.

Figure médiatique de la justice gabonaise, Eddy-Narcisse Minang s’était particulièrement illustré lors du procès de l’ancienne Première dame Sylvia Bongo Ondimba et de son fils Noureddin Bongo-Valentin. Sa suspension serait liée à des soupçons d’agissements contraires à la déontologie ainsi qu’à de possibles interférences judiciaires dans plusieurs dossiers sensibles.

Parmi les affaires citées figure notamment celle de l’enlèvement d’un homme d’affaires chinois connu sous le nom de « Wang », qui avait suscité une vive émotion au Gabon en octobre dernier. D’autres dossiers impliquant des litiges financiers de plusieurs milliards de francs CFA seraient également examinés par les autorités.

L’entourage du magistrat conteste fermement les accusations. Ses proches dénoncent une « cabale politique » et affirment que la procédure est entachée de vices de forme. Ils soutiennent qu’aucune preuve tangible n’a été présentée contre lui et que la mesure repose essentiellement sur des rumeurs.

Le 11 juin, Eddy-Narcisse Minang a introduit un recours gracieux auprès du ministre de la Justice afin d’obtenir le retrait de sa suspension. Dans ce document, il estime que cette décision porte gravement atteinte à sa réputation, à sa carrière et à son statut professionnel.

De son côté, le ministère de la Justice insiste sur le caractère conservatoire de la mesure et affirme qu’elle ne constitue pas une sanction disciplinaire définitive.

Cette affaire intervient dans un contexte particulièrement sensible pour la justice gabonaise, alors que les conséquences judiciaires et politiques du procès de l’ancien clan Bongo continuent d’alimenter les débats au sein du pays.
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