Gabon : la villa d’Ali Bongo, une « cathédrale de vanité » à 80 milliards de FCFA

Vendredi 28 Aout 2026

Dernière résidence occupée par Ali Bongo Ondimba et son épouse Sylvia avant leur départ du pouvoir, la villa Nam, située dans le quartier huppé de la Sablière à Libreville, est devenue l’un des symboles de la bataille autour du patrimoine de l’ancienne famille présidentielle. Lors du procès de Sylvia et Noureddin Bongo en 2025, le procureur Eddy Minang avait qualifié cette imposante propriété de « cathédrale de vanité », évoquant un coût de 80 milliards de FCFA. Un montant formellement contesté par les Bongo.


Parmi les nombreuses propriétés de la famille Bongo passées au crible depuis le changement de pouvoir au Gabon, la villa Nam occupe une place particulière. Située à la Sablière, à Libreville, elle est présentée comme la dernière résidence habitée par l'ancien président Ali Bongo Ondimba et son épouse Sylvia Bongo avant leur départ. La propriété a depuis été saisie et demeure, contrairement à d’autres résidences, inoccupée.
Selon les informations contenues dans le document, Malika Bongo Ondimba, fille de l’ancien chef de l’État, aurait tenté de s’y installer, sans succès.


« 80 milliards de F CFA »

La villa Nam a particulièrement retenu l’attention lors du procès intenté en 2025 contre Sylvia Bongo et son fils Noureddin Bongo-Valentin, poursuivis notamment pour blanchiment et détournement de deniers publics.
Dans son réquisitoire, le procureur Eddy Minang avait présenté cette résidence comme l’illustration de la « démesure absolue ». Le magistrat avait alors avancé un coût de « 80 milliards de F CFA », soit près de 122 millions d’euros. Cette estimation est cependant contestée par l’ancienne famille présidentielle. Eddy Minang avait eu des mots particulièrement sévères pour décrire la propriété : « Cette résidence n’est pas une demeure, c’est une cathédrale de vanité construite avec l’argent du peuple », avait déclaré le procureur.

Une propriété désormais inoccupée

La villa Nam fait partie des résidences devenues des enjeux de la bataille autour des biens de l’ancienne famille présidentielle. Sylvia Bongo et Noureddin Bongo ont été condamnés en leur absence en novembre 2025 à vingt ans de réclusion et à 100 millions de FCFA d’amende. La justice avait également ordonné la saisie, « au profit de l’État », de nombreux avoirs gelés au cours de l’information judiciaire.

Alors que certaines anciennes propriétés des Bongo ont depuis été réattribuées ou occupées, la villa Nam reste déserte. Elle demeure ainsi l’un des symboles les plus visibles du patrimoine laissé derrière lui par Ali Bongo Ondimba après sa chute du pouvoir en août 2023.
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