Après quarante-cinq jours d’attente et de spéculations, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a mis fin au suspense. Le 1er janvier 2026, depuis Koulamoutou, dans la province de l’Ogooué-Lolo, le chef de l’État a rendu publique la composition du nouveau gouvernement, marquant officiellement la fin de la transition politique ouverte en août 2023 et l’entrée dans une nouvelle séquence de son pouvoir.
Le nouvel exécutif compte une trentaine de ministres et s’articule autour d’un attelage institutionnel inédit. L’ancien ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, est promu vice-président en charge du gouvernement, poste stratégique de coordination de l’action gouvernementale. Il succède à Alexandre Barro-Chambrier, désormais vice-président de la République et numéro deux de l’État.
Ce remaniement intervient après une période de paralysie partielle de l’exécutif. Le 17 novembre dernier, dix-huit ministres élus députés avaient quitté le gouvernement en application de la règle du non-cumul des fonctions, bientôt rejoints par deux sénateurs. Leurs portefeuilles avaient été gérés à titre intérimaire, réduisant considérablement la capacité d’action de l’équipe sortante.
Des continuités assumées, des fidèles confirmés
Plusieurs figures clés ont été reconduites, traduisant la volonté du président de s’appuyer sur des profils déjà rodés. C’est le cas de Camélia Ntoutoume-Leclercq à l’Éducation nationale, de Marc Doumba à l’Économie numérique, ou encore de Lubin Ntoutoume à l’Industrie et à la Transformation.
Oligui Nguema a également maintenu autour de lui un noyau dur issu du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI). Ulrich Manfoumbi Manfoumbi conserve les Transports et la Marine marchande, Brigitte Onkanowa reste à la Défense nationale, tandis que Maurice Ntossui Allogo poursuit sa mission aux Eaux et Forêts, à l’Environnement et au Climat. Ces choix traduisent une continuité sécuritaire et stratégique dans un contexte régional toujours fragile.
Henri-Claude Oyima, la sortie qui surprend
Mais c’est surtout une absence qui a retenu l’attention. Figure centrale de l’architecture économique de la transition, Henri-Claude Oyima ne figure plus dans la nouvelle équipe. À la tête du super-ministère de l’Économie et des Finances, de la Dette et des Participations, et vice-président en charge du gouvernement par intérim durant plusieurs semaines, le PDG de BGFIBank disparaît brutalement de l’exécutif.
Son portefeuille est confié à Thierry Minko, jusque-là conseiller technique, et rétrogradé au rang de ministère classique. Si un rôle futur dans la haute administration n’est pas exclu, cette éviction marque une inflexion nette dans la gouvernance économique du régime.
Nouveaux visages aux postes régaliens
Le remaniement fait également la part belle à de nouveaux profils. Adrien Nguema Mba hérite du stratégique ministère de l’Intérieur, tandis que Marie-Édith Tassyla Doumbeneny prend les rênes de la diplomatie. Le ministère de la Justice est confié à Augustin Emane, juriste et enseignant, novice en politique, signe d’une volonté de rupture dans la gouvernance judiciaire.
Autre signal fort : la Communication et les Médias reviennent à Germain Biahodjow, tandis que Charles Edgar Mombo, nommé porte-parole du gouvernement, incarne la nouvelle ligne officielle de l’exécutif.
Mise en garde présidentielle et fin officielle de la transition
À la veille de ce remaniement, Oligui Nguema avait livré un discours sans détour lors de ses vœux à la Nation. Il y dénonçait les « postures extrêmes », les « ardeurs excessives » et une classe politique plus préoccupée par les échéances électorales que par le fond des politiques publiques. « L’engagement politique véritable ne saurait se réduire à la seule conquête du pouvoir », avait-il averti.
Avec l’installation du Parlement, le renouvellement du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) et la reconduction de la Cour constitutionnelle, tous les leviers institutionnels sont désormais en place. Fort d’un plébiscite électoral en avril 2025 et d’une majorité écrasante au Parlement, Brice Clotaire Oligui Nguema peut désormais clore la parenthèse transitionnelle et engager pleinement ce qu’il présente comme une nouvelle ère politique, la sienne.
La composition complète du nouveau gouvernement gabonais :
Vice-président de la République : Alexandre Barro-Chambrier
Vice-président en charge du gouvernement : Hermann Immongault
Ministre d’État, ministre des Transports, de la Marine marchande chargé de la logistique : Ulrich Manfoumbi Manfoumbi
Ministre d’État, ministre de la Défense nationale : Brigitte Onkanowa
Ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique : Camélia Ntoutoume-Leclercq
Ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie : Philippe Tonangoye
Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation : Adrien Nguema Mba
Ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre : Mays Mouissi
Ministre des Affaires étrangères et la Coopération régionale, de l’Intégration de la Diaspora : Marie-Édith Tassyla Doumbeneny
Ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation : Marc Doumba
Ministre de la Justice, garde des Sceaux chargé des Droits humains : Augustin Emane
Ministre de la Planification et de la Prospective : Louise Pierrette Mvono
Ministre de la Réforme et des Relations avec les institutions : François Ndong Obiang
Ministre du Pétrole et du Gaz : Clotaire Kondja
Ministre de l’Économie et des Finances, Dette et Participations, chargé de la lutte contre la vie chère : Thierry Minko
Ministre des Mines et des Ressources géologiques : Sosthène Nguema Nguema
Ministre de la Pêche, de la Mer et de l’Économie bleue : Aimé-Martial Massamba
Ministre des Travaux publics et de la Construction : Edgar Moukoumbi
Ministre de l’Industrie et de la Transformation : Lubin Ntoutoume
Ministre de la Fonction publique et du Renforcement des Capacités : Laurence Ndong
Ministre du Travail, du Plein emploi, du Dialogue social et de la Formation professionnelle : Jacqueline Iloghe Bignoumba
Ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du conflit homme-faune : Maurice Allogo Ntossui
Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, porte-parole du gouvernement : Charles Edgar Mombo
Ministre de la Santé : Elsa Ayo Bivigou
Ministre des Affaires sociales, chargé de la protection de l’enfance et de la femme : Armande Longo Moulengui
Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural : Pacôme Kossy
Ministre du Commerce, des PME/PMI et de l’Entrepreunariat des Jeunes : Zenaba Gninga Chaning
Ministre du Tourisme durable et de l’Artisanat : Marcelle Ibinga Itsitsa
Ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, chargé de la vie associative : Paul Ulrich Kessany
Ministre de la Communication et des Médias : Germain Biahodjow
Ministre délégué auprès de l’Économie et des Finances, Dette et Participations, chargé de la lutte contre la vie chère : Marc Abeghe.
Le nouvel exécutif compte une trentaine de ministres et s’articule autour d’un attelage institutionnel inédit. L’ancien ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, est promu vice-président en charge du gouvernement, poste stratégique de coordination de l’action gouvernementale. Il succède à Alexandre Barro-Chambrier, désormais vice-président de la République et numéro deux de l’État.
Ce remaniement intervient après une période de paralysie partielle de l’exécutif. Le 17 novembre dernier, dix-huit ministres élus députés avaient quitté le gouvernement en application de la règle du non-cumul des fonctions, bientôt rejoints par deux sénateurs. Leurs portefeuilles avaient été gérés à titre intérimaire, réduisant considérablement la capacité d’action de l’équipe sortante.
Des continuités assumées, des fidèles confirmés
Plusieurs figures clés ont été reconduites, traduisant la volonté du président de s’appuyer sur des profils déjà rodés. C’est le cas de Camélia Ntoutoume-Leclercq à l’Éducation nationale, de Marc Doumba à l’Économie numérique, ou encore de Lubin Ntoutoume à l’Industrie et à la Transformation.
Oligui Nguema a également maintenu autour de lui un noyau dur issu du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI). Ulrich Manfoumbi Manfoumbi conserve les Transports et la Marine marchande, Brigitte Onkanowa reste à la Défense nationale, tandis que Maurice Ntossui Allogo poursuit sa mission aux Eaux et Forêts, à l’Environnement et au Climat. Ces choix traduisent une continuité sécuritaire et stratégique dans un contexte régional toujours fragile.
Henri-Claude Oyima, la sortie qui surprend
Mais c’est surtout une absence qui a retenu l’attention. Figure centrale de l’architecture économique de la transition, Henri-Claude Oyima ne figure plus dans la nouvelle équipe. À la tête du super-ministère de l’Économie et des Finances, de la Dette et des Participations, et vice-président en charge du gouvernement par intérim durant plusieurs semaines, le PDG de BGFIBank disparaît brutalement de l’exécutif.
Son portefeuille est confié à Thierry Minko, jusque-là conseiller technique, et rétrogradé au rang de ministère classique. Si un rôle futur dans la haute administration n’est pas exclu, cette éviction marque une inflexion nette dans la gouvernance économique du régime.
Nouveaux visages aux postes régaliens
Le remaniement fait également la part belle à de nouveaux profils. Adrien Nguema Mba hérite du stratégique ministère de l’Intérieur, tandis que Marie-Édith Tassyla Doumbeneny prend les rênes de la diplomatie. Le ministère de la Justice est confié à Augustin Emane, juriste et enseignant, novice en politique, signe d’une volonté de rupture dans la gouvernance judiciaire.
Autre signal fort : la Communication et les Médias reviennent à Germain Biahodjow, tandis que Charles Edgar Mombo, nommé porte-parole du gouvernement, incarne la nouvelle ligne officielle de l’exécutif.
Mise en garde présidentielle et fin officielle de la transition
À la veille de ce remaniement, Oligui Nguema avait livré un discours sans détour lors de ses vœux à la Nation. Il y dénonçait les « postures extrêmes », les « ardeurs excessives » et une classe politique plus préoccupée par les échéances électorales que par le fond des politiques publiques. « L’engagement politique véritable ne saurait se réduire à la seule conquête du pouvoir », avait-il averti.
Avec l’installation du Parlement, le renouvellement du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC) et la reconduction de la Cour constitutionnelle, tous les leviers institutionnels sont désormais en place. Fort d’un plébiscite électoral en avril 2025 et d’une majorité écrasante au Parlement, Brice Clotaire Oligui Nguema peut désormais clore la parenthèse transitionnelle et engager pleinement ce qu’il présente comme une nouvelle ère politique, la sienne.
La composition complète du nouveau gouvernement gabonais :
Vice-président de la République : Alexandre Barro-Chambrier
Vice-président en charge du gouvernement : Hermann Immongault
Ministre d’État, ministre des Transports, de la Marine marchande chargé de la logistique : Ulrich Manfoumbi Manfoumbi
Ministre d’État, ministre de la Défense nationale : Brigitte Onkanowa
Ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique : Camélia Ntoutoume-Leclercq
Ministre de l’Accès universel à l’Eau et à l’Énergie : Philippe Tonangoye
Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité et de la Décentralisation : Adrien Nguema Mba
Ministre du Logement, de l’Habitat, de l’Urbanisme et du Cadastre : Mays Mouissi
Ministre des Affaires étrangères et la Coopération régionale, de l’Intégration de la Diaspora : Marie-Édith Tassyla Doumbeneny
Ministre de l’Économie numérique, de la Digitalisation et de l’Innovation : Marc Doumba
Ministre de la Justice, garde des Sceaux chargé des Droits humains : Augustin Emane
Ministre de la Planification et de la Prospective : Louise Pierrette Mvono
Ministre de la Réforme et des Relations avec les institutions : François Ndong Obiang
Ministre du Pétrole et du Gaz : Clotaire Kondja
Ministre de l’Économie et des Finances, Dette et Participations, chargé de la lutte contre la vie chère : Thierry Minko
Ministre des Mines et des Ressources géologiques : Sosthène Nguema Nguema
Ministre de la Pêche, de la Mer et de l’Économie bleue : Aimé-Martial Massamba
Ministre des Travaux publics et de la Construction : Edgar Moukoumbi
Ministre de l’Industrie et de la Transformation : Lubin Ntoutoume
Ministre de la Fonction publique et du Renforcement des Capacités : Laurence Ndong
Ministre du Travail, du Plein emploi, du Dialogue social et de la Formation professionnelle : Jacqueline Iloghe Bignoumba
Ministre des Eaux et Forêts, de l’Environnement, du Climat, chargé du conflit homme-faune : Maurice Allogo Ntossui
Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, porte-parole du gouvernement : Charles Edgar Mombo
Ministre de la Santé : Elsa Ayo Bivigou
Ministre des Affaires sociales, chargé de la protection de l’enfance et de la femme : Armande Longo Moulengui
Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement rural : Pacôme Kossy
Ministre du Commerce, des PME/PMI et de l’Entrepreunariat des Jeunes : Zenaba Gninga Chaning
Ministre du Tourisme durable et de l’Artisanat : Marcelle Ibinga Itsitsa
Ministre de la Jeunesse, des Sports, du Rayonnement culturel et des Arts, chargé de la vie associative : Paul Ulrich Kessany
Ministre de la Communication et des Médias : Germain Biahodjow
Ministre délégué auprès de l’Économie et des Finances, Dette et Participations, chargé de la lutte contre la vie chère : Marc Abeghe.

