Franklin Nyams : « Normalement, Diomaye aurait dû demander à Sonko de présenter sa démission »

Samedi 23 Mai 2026

La scène politique sénégalaise est secouée par l’annonce du limogeage de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko par le président de la République Bassirou Diomaye Faye. Une décision qui continue de susciter de nombreuses réactions dans les milieux politiques et intellectuels.
 

Parmi les premières voix à réagir figure celle du professeur de philosophie Franklin Nyamsi, qui estime que cet épisode révèle une tension profonde entre les deux hommes. Dans une vidéo diffusée sur sa chaîne YouTube, il déclare : « Ce qui s’est passé hier montre la violence qui règne entre les deux hommes ». Selon lui, « le couple Diomaye-Sonko vient d’exploser », ajoutant que la séparation s’est faite dans des conditions qu’il juge non conformes aux usages républicains. Il explique : « Dans les us et les traditions protocolaires des Républiques, normalement, Diomaye Faye aurait dû demander à Ousmane Sonko de présenter sa démission. Sonko aurait présenté sa démission, à la suite de quoi, Diomaye Faye nommerait un nouveau Premier ministre ».

Le philosophe poursuit en dénonçant la manière dont, selon lui, l’ancien chef du gouvernement a été écarté : « Sonko n’a pas été prié de démissionner. Il a été démis de ses fonctions. Diomaye a mis fin, d’autorité, aux fonctions de Sonko. Il était chez lui quand il a appris qu’il est viré ».

Sur le plan politique, Franklin Nyamsi estime que cette décision traduit « un manque de considération » et évoque une fracture au sommet de l’État.

Il va plus loin en évoquant l’avenir politique de l’exécutif et de l’opposition interne, affirmant qu’il envisage la nomination de Aminata Touré à la Primature. « Je la vois déjà arriver à la Primature », dit-il, avant d’ajouter que cette hypothèse s’inscrirait dans un repositionnement politique en cours.

Le professeur prédit également une recomposition du paysage politique, estimant que le Pastef pourrait se diviser et que l’ancien Premier ministre pourrait désormais s’inscrire dans une nouvelle dynamique politique face au chef de l’État.

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