Figure majeure de la droite française et ancien Premier ministre de François Mitterrand, Édouard Balladur a marqué plusieurs décennies de la vie politique française. Ministre de l’Économie et des Finances, chef du gouvernement entre 1993 et 1995 puis candidat à l’élection présidentielle, son parcours reste également associé à l’Afrique, notamment à la dévaluation du franc CFA de janvier 1994.
Entré relativement tard en politique élective, Édouard Balladur avait longtemps évolué dans les coulisses du pouvoir. Proche collaborateur de Georges Pompidou, il devient secrétaire général de l’Élysée en 1973 avant d’être élu député de Paris en 1986, à l’âge de 57 ans. La même année, il rejoint le gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac comme ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances. Il y conduit notamment une importante politique de privatisations touchant des entreprises comme Rhône-Poulenc, TF1, Total et la SEITA.
Après la large victoire de la droite aux élections législatives de 1993, François Mitterrand choisit Édouard Balladur pour diriger le gouvernement. Commence alors une période qualifiée de « cohabitation de velours », marquée par des rapports relativement courtois entre les deux têtes de l’exécutif malgré leurs profondes divergences politiques.
À Matignon, Balladur fait du « retour à la croissance » l’un de ses principaux objectifs. Son gouvernement réforme notamment les retraites, poursuit les privatisations et lance un grand emprunt d’État en 1993.
Son passage à Matignon est aussi marqué par le dossier rwandais. Balladur affirmera par la suite avoir réduit la présence militaire française au Rwanda ainsi que les fournitures d’armes. Concernant l’opération Turquoise, il a toujours défendu sa vocation humanitaire.
La dévaluation du franc CFA, une décision historique
En Afrique, le nom d’Édouard Balladur reste surtout associé à la dévaluation de 50 % du franc CFA décidée le 11 janvier 1994. Cette mesure provoqua un bouleversement économique majeur dans les pays africains de la zone franc, avec une forte diminution du pouvoir d’achat sur les produits importés.
Dix ans plus tard, Balladur continuait de défendre cette décision. Il estimait que, sans cette dévaluation, « la situation des pays de la zone Franc serait quasiment désespérée », tout en soulignant que la décision avait été prise avec l’accord des pays concernés.
La présidentielle de 1995 et la rupture avec Chirac
Longtemps proche de Jacques Chirac, Édouard Balladur finit par devenir son rival. À l'approche de la présidentielle de 1995, sa popularité est telle que les sondages le placent en position de favori. Une grande partie de la droite se rallie alors à sa candidature.
Mais le scénario annoncé ne se réalise pas. Au premier tour, le 23 avril 1995, Jacques Chirac obtient 20,8 % des suffrages contre 18,6 % pour Balladur. Éliminé, celui-ci appelle ses partisans à voter pour son ancien allié. C'est à cette occasion qu'il prononce sa célèbre phrase devant des militants mécontents : « Je vous demande de vous arrêter ! »
Après cet échec, il retrouve son mandat de député de Paris, qu’il conserve jusqu’en 2007, et préside notamment la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Il dirigera ensuite plusieurs comités de réflexion sur les institutions et les collectivités locales.
La fin de son parcours politique sera toutefois marquée par l’affaire Karachi et les soupçons concernant le financement de sa campagne présidentielle de 1995, accusations qu’il a toujours contestées.
Veuf depuis le décès de son épouse Marie-Josèphe le 31 décembre 2025, avec laquelle il avait partagé près de 70 ans de vie, Édouard Balladur avait fêté ses 97 ans le 2 mai 2026.
Avec sa disparition s’éteint l’une des figures de la droite française qui aura traversé les présidences de Georges Pompidou, François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, laissant derrière elle un héritage politique qui, en Afrique, demeure indissociable de la dévaluation historique du franc CFA de 1994.
Entré relativement tard en politique élective, Édouard Balladur avait longtemps évolué dans les coulisses du pouvoir. Proche collaborateur de Georges Pompidou, il devient secrétaire général de l’Élysée en 1973 avant d’être élu député de Paris en 1986, à l’âge de 57 ans. La même année, il rejoint le gouvernement de cohabitation de Jacques Chirac comme ministre d’État chargé de l’Économie et des Finances. Il y conduit notamment une importante politique de privatisations touchant des entreprises comme Rhône-Poulenc, TF1, Total et la SEITA.
Après la large victoire de la droite aux élections législatives de 1993, François Mitterrand choisit Édouard Balladur pour diriger le gouvernement. Commence alors une période qualifiée de « cohabitation de velours », marquée par des rapports relativement courtois entre les deux têtes de l’exécutif malgré leurs profondes divergences politiques.
À Matignon, Balladur fait du « retour à la croissance » l’un de ses principaux objectifs. Son gouvernement réforme notamment les retraites, poursuit les privatisations et lance un grand emprunt d’État en 1993.
Son passage à Matignon est aussi marqué par le dossier rwandais. Balladur affirmera par la suite avoir réduit la présence militaire française au Rwanda ainsi que les fournitures d’armes. Concernant l’opération Turquoise, il a toujours défendu sa vocation humanitaire.
La dévaluation du franc CFA, une décision historique
En Afrique, le nom d’Édouard Balladur reste surtout associé à la dévaluation de 50 % du franc CFA décidée le 11 janvier 1994. Cette mesure provoqua un bouleversement économique majeur dans les pays africains de la zone franc, avec une forte diminution du pouvoir d’achat sur les produits importés.
Dix ans plus tard, Balladur continuait de défendre cette décision. Il estimait que, sans cette dévaluation, « la situation des pays de la zone Franc serait quasiment désespérée », tout en soulignant que la décision avait été prise avec l’accord des pays concernés.
La présidentielle de 1995 et la rupture avec Chirac
Longtemps proche de Jacques Chirac, Édouard Balladur finit par devenir son rival. À l'approche de la présidentielle de 1995, sa popularité est telle que les sondages le placent en position de favori. Une grande partie de la droite se rallie alors à sa candidature.
Mais le scénario annoncé ne se réalise pas. Au premier tour, le 23 avril 1995, Jacques Chirac obtient 20,8 % des suffrages contre 18,6 % pour Balladur. Éliminé, celui-ci appelle ses partisans à voter pour son ancien allié. C'est à cette occasion qu'il prononce sa célèbre phrase devant des militants mécontents : « Je vous demande de vous arrêter ! »
Après cet échec, il retrouve son mandat de député de Paris, qu’il conserve jusqu’en 2007, et préside notamment la Commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale. Il dirigera ensuite plusieurs comités de réflexion sur les institutions et les collectivités locales.
La fin de son parcours politique sera toutefois marquée par l’affaire Karachi et les soupçons concernant le financement de sa campagne présidentielle de 1995, accusations qu’il a toujours contestées.
Veuf depuis le décès de son épouse Marie-Josèphe le 31 décembre 2025, avec laquelle il avait partagé près de 70 ans de vie, Édouard Balladur avait fêté ses 97 ans le 2 mai 2026.
Avec sa disparition s’éteint l’une des figures de la droite française qui aura traversé les présidences de Georges Pompidou, François Mitterrand, Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, laissant derrière elle un héritage politique qui, en Afrique, demeure indissociable de la dévaluation historique du franc CFA de 1994.