Fonds spéciaux et paix en Casamance : Chérif Younousse Guèye interpelle les députés et exige des garanties

Samedi 31 Octobre 2026

Alors que les débats sur les ressources budgétaires destinées à la Casamance suscitent des interrogations, Chérif Younousse Guèye, membre fondateur du mouvement KIIRAAY et ancien président du mouvement "Sénégal REK", appelle les députés à faire preuve de responsabilité. Pour ce proche du mouvement soutenant le président Bassirou Diomaye Faye, le financement de la paix et de la reconstruction de la Casamance doit transcender les divergences politiques et reposer sur des engagements transparents et vérifiables.


Réagissant au débat sur les ressources financières destinées à la stabilisation et au développement de la région méridionale du Sénégal, le responsable politique invite le gouvernement et l'Assemblée nationale à privilégier l'intérêt des populations. « La Casamance a besoin d’une paix qui se traduise concrètement dans la vie des populations. Cela signifie pouvoir regagner son village, cultiver ses terres, envoyer ses enfants à l’école, se soigner et circuler en sécurité », déclare-t-il.

Pour Chérif Younousse Guèye, les moyens financiers prévus pour accompagner cette dynamique méritent un examen parlementaire approfondi. Il estime cependant que le débat doit d'abord permettre de clarifier la nature des ressources mobilisées et leurs conditions d'utilisation.

« Il faut clarifier ce que l'on entend par fonds spéciaux »

Abordant cette question sensible, le membre fondateur de KIIRAAY refuse de réduire les discussions à une simple bataille autour de l'appellation des crédits budgétaires.

« Il faut toutefois clarifier ce que l’on entend par “fonds spéciaux”. Nous devons connaître leur nature, leur destination, leurs modalités d’utilisation et les mécanismes de contrôle prévus », souligne-t-il.

Selon lui, la véritable question réside dans l'efficacité de ces financements et leur capacité à améliorer les conditions de vie des populations.

« L’essentiel n’est pas l’intitulé du financement, mais sa capacité à répondre aux besoins des populations dans un cadre légal et transparent », insiste-t-il.

L'ancien président de Sénégal RECK estime que les travaux parlementaires doivent permettre d'identifier clairement les engagements de l'État, les projets prioritaires et les résultats attendus.

Le risque de retarder certains projets en Casamance

Chérif Younousse Guèye attire également l'attention sur les conséquences que pourrait entraîner un retard dans l'adoption ou la mise en œuvre des financements nécessaires. Il évoque notamment les programmes de reconstruction, la réhabilitation des infrastructures sociales, l'accompagnement des agriculteurs et le désenclavement des villages.

« Pour les familles concernées, ces délais peuvent avoir des conséquences très concrètes : une campagne agricole manquée, une rentrée scolaire difficile ou un retour reporté », prévient-il.

Toutefois, le responsable politique tient à éviter toute confusion sur les conséquences d'un blocage budgétaire.

« L’absence de vote d’un texte ne signifie pas automatiquement l’arrêt de toutes les interventions publiques », précise-t-il, invitant à distinguer les projets bénéficiant déjà de financements de ceux nécessitant de nouvelles autorisations.

Il demande ainsi au gouvernement de communiquer clairement sur les moyens disponibles, les programmes concernés et les calendriers de réalisation.


Pour le membre fondateur de KIIRAAY, la stabilisation de la Casamance doit constituer une responsabilité collective, dépassant les appartenances politiques.

« Mon appel est simple : faisons de la stabilisation et du développement de la Casamance une responsabilité nationale, au-delà des appartenances politiques », plaide-t-il.

Il exhorte les députés à examiner les dispositions budgétaires concernées « avec diligence et rigueur », tout en demandant aux autorités une programmation précise des investissements.

Chérif Younousse Guèye préconise également des critères publics de sélection des bénéficiaires, des contrôles indépendants, une participation effective des populations locales et des mécanismes permettant de signaler d'éventuelles irrégularités.

À ses yeux, l'efficacité de l'action publique ne saurait se limiter à l'annonce de montants financiers.

« Le succès ne se mesurera pas seulement aux montants annoncés ou dépensés. Il se mesurera aux familles durablement réinstallées, aux services remis en fonctionnement, aux activités économiques relancées et à la confiance retrouvée », ajoute t-il.
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