Le ministère de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du Service public a annoncé le déménagement de ses services au Point E, au 36, rue de Kaolack à Dakar. Les nouveaux bureaux sont installés dans l’immeuble qui abritait auparavant le Haut Conseil des Collectivités Territoriales (HCCT).
Dans un communiqué, le département informe ses usagers que le transfert est effectif et les invite à effectuer désormais toutes leurs démarches administratives à cette nouvelle adresse.
Ce déménagement intervient dans un contexte particulier. Le HCCT, institution longtemps critiquée par le parti Pastef lorsqu’il était dans l’opposition, a été dissous en décembre 2024 par la nouvelle majorité parlementaire. La mesure, portée par le président Bassirou Diomaye Faye, visait à rationaliser les dépenses publiques, le HCCT et le Conseil économique, social et environnemental (CESE) ayant représenté un coût cumulé estimé à plus de 200 milliards de FCFA entre 2012 et 2024.
Mais l’immeuble du Point E traîne également une affaire aux contours controversés. Selon des informations publiées par le journal Yoor Yoor Bi, l’État du Sénégal, à travers l’AGPBE (devenue plus tard la SOGEPA), avait conclu en 2016 un contrat de location avec la SCI Fara pour y loger le HCCT, alors présidé par Ousmane Tanor Dieng. Le bâtiment, un R+8 avec sous-sol appartenant à Cheikh Seck, ancien gardien de but du Jaraaf et des Lions, était loué à 40 millions de FCFA par mois.
En 2017, le propriétaire propose la vente de l’immeuble à l’État, qui décline faute de moyens, tout en poursuivant la location. En janvier 2018, le loyer est révisé à 50 millions de FCFA par mois, soit près de 600 millions par an.
Quelques mois plus tard, en juillet 2018, un prêt de 14,4 milliards de FCFA hors taxes (environ 20 milliards TTC) est contracté auprès de Diamond Bank par l’État, représenté par le ministre délégué chargé du Budget de l’époque, Birima Mangara, afin de financer l’acquisition de l’immeuble. Toutefois, selon les éléments rapportés, ni la Direction des Domaines ni la Commission de contrôle des opérations domaniales (CCOD) n’auraient été impliquées dans la procédure, contrairement aux exigences du Code du domaine de l’État. Aucun acte notarié de mutation n’aurait été établi.
Les fonds auraient été intégralement versés à la SCI Fara le 6 juillet 2018, sans que la propriété ne soit transférée à l’État, qui a continué à payer les loyers. Entre 2018 et 2024, plus de 3 milliards de FCFA auraient ainsi été versés en loyers pour un immeuble supposément acquis.
À son arrivée à la tête de la SOGEPA en 2024, Elimane Pouye aurait découvert l’existence de la convention de prêt et initié des vérifications. L’affaire a été portée à la hiérarchie puis à l’Inspection générale d’État (IGE), chargée d’établir les responsabilités administratives et, le cas échéant, pénales.
De son côté, Cheikh Seck, via la SCI Fara, se serait dit disposé à rembourser les sommes indûment perçues et ouvert à une résolution à l’amiable, dans l’attente des conclusions du rapport de l’IGE. Celui-ci devra déterminer les responsabilités et préciser les suites à donner à ce dossier.
Fonction publique : le ministère s’installe dans l’ex-siège du HCCT au Point E
Vendredi 20 Février 2026
exclusif net
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