Femmes handicapées au Sénégal : Mme Khady Ba alerte sur les obstacles à l’éducation et à l’emploi

Jeudi 14 Mai 2026

La représentante du Comité des femmes de la Fédération Sénégalaise des Associations de Personnes Handicapées, Ndeye Khady Ba, a plaidé pour un renforcement de l’inclusion sociale, éducative et professionnelle des femmes handicapées, à travers le projet « Voix des Femmes », financé par Handicap International.
 

S’exprimant lors d’un atelier de plaidoyer organisé à Dakar, elle a expliqué que ce programme ambitionne de créer des synergies entre les organisations de femmes handicapées à différentes échelles. « La “Voix des Femmes”, c’est un projet, comme je l’ai dit tout à l’heure, financé par Handicap International, qui a même une vision accentuée sur les résultats », a-t-elle déclaré. Selon Mme Ly Khady Ba, l’objectif est de renforcer les alliances entre les organisations engagées dans la défense des droits des femmes vivant avec un handicap. « Nous voulons que les organisations de femmes handicapées créent des alliances avec d’autres, au niveau national, au niveau régional et international également », a-t-elle souligné.


La responsable associative a également insisté sur la nécessité de rendre accessibles les services essentiels aux femmes handicapées, notamment dans le domaine de la santé et de la prise en charge des violences basées sur le genre. « Nous voulons également que les services de santé soient accessibles aux femmes handicapées. Que les services de prise en charge des violences faites aux femmes soient accessibles également aux femmes handicapées », a-t-elle affirmé. Le projet prévoit aussi un accompagnement des organisations féminines dans la mise en œuvre de leurs activités. « Dans le cadre de ce projet, nous voulons aussi accompagner les organisations féminines des femmes handicapées dans leur plan d’action », a expliqué Mme LY.

Au cours de son intervention, elle a dressé un tableau préoccupant des difficultés auxquelles les femmes handicapées restent confrontées au Sénégal. « Les femmes handicapées ont beaucoup de problèmes. Je pense que c’est à tous les niveaux, dans tous les domaines », a-t-elle indiqué. Elle a notamment évoqué les problèmes liés à l’accessibilité des infrastructures publiques et du cadre de vie. « Nous avons un problème d’accessibilité avec le cadre de vie. Avec l’accessibilité physique, avec l’accessibilité des infrastructures publiques, c’est un problème », a-t-elle insisté.

L’accès à l’éducation demeure également un défi majeur, selon elle, particulièrement pour les enfants vivant avec un handicap sensoriel. « Souvent, quand vous prenez un enfant sourd, il a un problème pour l’accès à l’école normale. Vous ne trouverez pas d’interprète en langue des signes, ni un enseignant qui maîtrise la langue des signes », a dénoncé la représentante du Comité des femmes de la Fédération Sénégalaise des Associations de Personnes Handicapées.

Elle a souligné que les mêmes difficultés existent pour les enfants non-voyants. « Le même problème se pose pour le braille, pour les enfants aveugles également », a-t-elle ajouté. Au-delà de l’éducation, Khady Ba a insisté sur les difficultés d’insertion professionnelle des personnes handicapées. « Avec les femmes handicapées, il y a aussi le problème d’insertion, le problème de l’emploi », a-t-elle rappelé.

Interrogée sur les avancées enregistrées depuis l’adoption de la Loi d’orientation sociale en 2010, elle a reconnu l’existence de progrès, tout en estimant que le combat reste long. « Oui. Depuis 2010, on a ratifié la loi d’orientation sociale. Je pense que c’est un long processus avec le plaidoyer que nous menons tout le temps. Parce que je dis qu’en matière de plaidoyer, il ne faut pas se décourager. C’est un long processus », a-t-elle déclaré.

 Khady Ba a également estimé que les précédentes lenteurs étaient liées à un déficit de volonté politique. « Je pense qu’il y a eu un manque de volonté politique, mais l’État actuel, nous pouvons dire qu’il a la volonté de mettre en œuvre la loi d’orientation sociale », a-t-elle affirmé. Toutefois, elle attend désormais des mesures concrètes pour traduire cette volonté politique en actions réelles. « Ce qui reste, c’est d’avoir les actes concrets qui peuvent traduire cette volonté », a-t-elle conclu.

Dans la même rubrique :