Faux visas et passeports : un important réseau démantelé à Dakar

Dimanche 22 Février 2026

La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT), rattachée à la Direction de la Police aux frontières, a porté un coup sévère à la criminalité organisée avec le démantèlement d’un important réseau de fraude documentaire à Ouakam. Baptisée « LIMA-SIERRA », l’opération, menée le 18 février 2026, a conduit au déferrement de cinq individus devant le Pool judiciaire pour association de malfaiteurs, tentative de trafic de migrants, fraude documentaire, usurpation d’identité et complicité.

Lancée le 14 février à la suite d’un travail approfondi de renseignement opérationnel, l’enquête visait l’un des réseaux de faussaires les plus actifs de Dakar. Les investigations ont permis de localiser une officine clandestine aménagée dans un appartement à Ouakam.

Lors du raid, les enquêteurs ont surpris le cerveau présumé du réseau, surnommé « Le Savant », en pleine manipulation numérique de l’image d’une cliente, une étape clé dans la fabrication frauduleuse de stickers de visa. Quatre complices ont été interpellés sur place.

La perquisition, effectuée dans le respect des procédures légales, a mis au jour un véritable atelier de contrefaçon. Les policiers ont saisi une importante quantité de passeports de différentes nationalités (Sénégal, Mali, Congo, Côte d’Ivoire, Madagascar, France), ainsi que des stickers de visa destinés notamment au Canada, aux États-Unis et à l’espace Schengen.

Le matériel découvert atteste d’un haut niveau d’organisation et de technicité : ordinateurs contenant des maquettes de visas et des logiciels de retouche, imprimantes multifonctionnelles, plastifieuses, papier fiduciaire, feuilles en polycarbonate, bobines de fil et aiguilles pour le réassemblage de passeports. Les enquêteurs ont également mis la main sur un appareil dit « Docu-Box » servant à tester la qualité des contrefaçons, ainsi que sur des cachets secs et des reproductions de cachets d’entrée et de sortie d’aéroports internationaux.

Les auditions ont révélé une organisation hiérarchisée, avec des tarifs clairement établis. Le « lavage » de visa et la couture de passeport étaient facturés 30 000 FCFA, le remplissage de sticker de visa 25 000 FCFA, une carte nationale d’identité vierge 45 000 FCFA, tandis qu’un passeport diplomatique congolais pouvait atteindre 50 000 FCFA. Selon les enquêteurs, le principal mis en cause facturait environ 50 000 FCFA par document à ses intermédiaires, lesquels réalisaient ensuite des marges importantes à la revente.

Un cinquième suspect a été arrêté dans la foulée des investigations complémentaires, mettant un terme à cette opération d’envergure. Les autorités soulignent que cette intervention s’inscrit dans une stratégie renforcée de lutte contre les filières de migration irrégulière et la fraude documentaire, considérées comme des menaces majeures pour la sécurité nationale et internationale.

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