Face aux flux migratoires, le FCD invite l'État à agir avant qu'il ne soit trop tard

Mardi 30 Juin 2026

Le Forum Consultatif pour le Développement (FCD) invite les autorités sénégalaises à mettre en place une politique de gestion et de régulation des flux migratoires afin d'anticiper les défis démographiques, économiques et sécuritaires auxquels le pays pourrait être confronté dans les prochaines années.
 

Dans un communiqué publié mardi, l'organisation estime que le Sénégal est devenu, depuis l'éclatement des crises dans la bande sahélo-saharienne, l'un des principaux pays d'accueil des migrants en Afrique de l'Ouest. Selon le FCD, cette évolution, conjuguée à la forte croissance démographique nationale, risque d'exercer une pression croissante sur les grandes agglomérations, notamment Dakar, Touba et Mbacké.
 

Le président du Forum Consultatif pour le Développement, Modou Mbacké Niang, estime qu'il est indispensable d'agir en amont afin d'éviter les difficultés observées dans d'autres pays. « Nous devons tirer les leçons de ce qui se passe ailleurs. Les dérapages observés en Afrique du Sud sont le résultat d'un État absent dans la gestion des flux et l'anticipation des besoins urbains. Aux États-Unis, la frontière est sécurisée et documentée. En Europe, on parle de migration choisie. Ce n'est pas de la xénophobie, c'est de la responsabilité. Le Sénégal doit prendre ses responsabilités pour que Dakar ne devienne pas un Johannesburg d'ici 2040 », affirme-t-il.

 

Le FCD estime qu'en l'absence d'une stratégie de planification, plusieurs difficultés pourraient apparaître à moyen et long terme, notamment une pression accrue sur les services publics, le développement de quartiers informels insuffisamment équipés, une concurrence renforcée dans le secteur informel ainsi que des tensions susceptibles d'affecter la cohésion sociale.

 

Pour répondre à ces défis, l'organisation propose une approche articulée autour de trois axes prioritaires. Le premier concerne la traçabilité, avec la mise en place d'un recensement biométrique et la délivrance de titres de séjour sécurisés pour les étrangers résidant au Sénégal. Le deuxième porte sur l'orientation des flux migratoires vers les secteurs confrontés à des besoins de main-d'œuvre, notamment l'agriculture, le bâtiment et les travaux publics, la santé et le numérique. Enfin, le troisième axe vise l'anticipation, à travers un programme d'investissements sur quinze ans destiné à renforcer les infrastructures scolaires, sanitaires et les capacités de logement dans les principales zones d'accueil.
 

Pour Modou Mbacké Niang, la migration ne constitue pas en elle-même un risque, à condition qu'elle soit encadrée par des politiques publiques adaptées. « La migration n'est pas une menace en soi. L'absence de règles du jeu claires en est une. Il est encore temps d'agir pour faire de cette réalité démographique un atout pour le Sénégal », conseille t-il.

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