Étudiants en colère à l’UCAD : entre revendications sociales et accusations politiques (Par Ibrahima POUYE)

Jeudi 12 Février 2026

La situation en cours à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD) suscite une vive préoccupation nationale. Les événements récents dépassent le cadre universitaire et interpellent l’ensemble des institutions de la République quant à la gestion des tensions sociales, au respect des principes démocratiques et à la préservation de la stabilité nationale.

Les revendications exprimées par les étudiants portent notamment sur le non-paiement de rappels de bourses, la suppression de certaines aides et la dégradation des conditions sociales. Ces préoccupations traduisent une réalité qui appelle des réponses structurelles, responsables et durables de la part des autorités compétentes.
Dans ce contexte, les déclarations publiques du Premier ministre Ousmane Sonko, évoquant une implication de partis de l’opposition dans la mobilisation étudiante, ont introduit une dimension politique dans une crise initialement sociale.

Des représentants étudiants ont fermement rejeté ces accusations, réaffirmant le caractère strictement social de leur mouvement. Ils ont également annoncé leur intention de déposer une plainte pour diffamation contre le Premier ministre, estimant que ces propos portent atteinte à leur intégrité et à la légitimité de leurs revendications.

Par ailleurs, le décès de l’étudiant Abdoulaye Ba, âgé de 20 ans et inscrit en 2ᵉ année d’odontologie, constitue un drame humain majeur. Cette perte appelle à la retenue, au respect de la dignité, ainsi qu’à l’établissement de la vérité sur les circonstances des faits, dans le cadre des procédures légales et du fonctionnement normal des institutions judiciaires.

L’intervention des Forces de Défense et de Sécurité en milieu universitaire soulève également la question du respect des franchises universitaires, principe fondamental lié à la liberté académique et à la protection de l’espace du savoir.

Au regard de ces éléments, il apparaît nécessaire : d’instaurer un dialogue institutionnel inclusif entre autorités étatiques, administration universitaire et représentants des étudiants ; d’apporter des solutions concrètes et durables aux préoccupations sociales soulevées ; de garantir la transparence sur les circonstances du décès ; de préserver l’ordre républicain, les libertés publiques et la cohésion nationale ;de veiller à ce que les divergences politiques ne compromettent ni la paix sociale ni l’avenir de la jeunesse.

L’université doit demeurer un sanctuaire du savoir, de la recherche et de la formation citoyenne. La gestion de cette crise requiert responsabilité, mesure et sens de l’intérêt supérieur de la Nation.

Par Ibrahima Pouye
Chroniqueur
exclusif net
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