Étude scientifique : état des lieux préoccupant de la pollution des eaux à Dakar

Vendredi 24 Avril 2026

Une étude publiée le jeudi 23 avril dresse un état des lieux de la qualité des eaux au large de Dakar. Pour ce projet, coordonné par l’ONG Surfrider Foundation entre octobre 2023 et mars 2026, plus de 460 prélèvements ont été réalisés sur six sites de baignade et spots de surf dakarois. Les analyses réalisées par l’Institut Pasteur de Dakar montrent une situation contrastée à l’échelle de la capitale.


​Sur les six sites scrutés pendant deux ans et demi, la moitié est compatible avec la baignade. Ouakam se démarque avec la meilleure qualité de l’eau enregistrée : 88,6 % des prélèvements effectués reflètent une qualité de l’eau satisfaisante.

Viennent ensuite les sites de Secret et du Virage, très prisés des surfeurs, où l’eau est globalement saine malgré une part de prélèvements – respectivement de 17,7 % et 19 % – jugés incompatibles avec la baignade.



Des eaux polluées à Yoff et Ngor
En revanche, l’eau est beaucoup plus souvent polluée à Yoff et à Ngor. Dans la Baie des Carpes, des pics de contamination jusqu’à 63 fois supérieurs aux normes internationales ont été enregistrés. Résultat, ces trois sites ne sont pas adaptés à un usage récréatif, révèle l’étude qui s’est concentrée sur la détection de deux bactéries, Escherichia coli et entérocoques, dans les eaux analysées. « Ce sont des bactéries qui sont des indicateurs de contamination fécale, qui sont reconnues internationalement et utilisées pour évaluer les risques pour la santé des usagers », explique Claire Stragier, directrice générale de la Surfrider Foundation au Sénégal. En clair, l’exposition à ces bactéries augmente les risques d’attraper des maladies comme la « gastro-entérite, des risques ORL et des intoxications », précise Claire Stragier.


À Dakar, sauver la baie de Hann de l'asphyxie

Seydina Issa Laye Samb est maire de la commune de Yoff, où un taux record de pollution bactériologique a été observé dans les eaux. Pour l’élu, cette situation est le résultat d’années de rejet incontrôlé d’eaux usées par une partie de la population et par l’Office national de l'assainissement du Sénégal (ONAS) lui-même. « Pendant 30 ans, nous avons laissé faire et nous avons accepté d’être le souffre-douleur pour l’évacuation des eaux usées à Dakar », regrette l’édile qui craint aujourd’hui qu’un problème de santé publique ne se pose. « Beaucoup de jeunes ne le savent pas, donc ils ne sont pas conscients du danger qu’ils encourent », conclut-il.

À Yoff, où des jeunes affluent quotidiennement sur les plages, la municipalité prévoit de vulgariser les résultats de cette étude et appelle les pouvoirs publics à agir pour un système d'assainissement durable.


RFI

 

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