L’ancien ministre Souleymane Jules Diop prend la défense d’Aly Ngouye Ndiaye dans la polémique sur l’existence ou non de fonds politiques à la disposition des Premiers ministres. Dans une longue analyse, il estime que l’ancien ministre et ancien Premier ministre n’a pas tort lorsqu’il affirme qu’aucun Premier ministre sénégalais n’a, de droit, disposé de fonds politiques.
« Ces derniers jours, il est arrivé à mon frère et ami Aly Ngouye Ndiaye ce qui arrive à tous ceux qui osent penser de travers : du bashing et du lynching à décourager tous les téméraires », écrit Souleymane Jules Diop, dénonçant les critiques dont fait l’objet l’ancien ministre. Selon lui, la déclaration d’Aly Ngouye Ndiaye aurait été mal comprise. « Il a dit quoi exactement ? Qu’avant Ousmane Sonko, aucun Premier ministre n’a jamais disposé de fonds politiques ou fonds secrets », rappelle-t-il.
Souleymane Jules Diop affirme que les vidéos d’anciens Premiers ministres évoquées pour contredire Aly Ngouye Ndiaye ne remettent pas en cause, selon lui, le fond de son propos. « Et pourtant, Aly Ngouye Ndiaye, un des Sénégalais les plus rigoureux, les plus compétents que je connaisse, est dans le vrai », soutient-il.
Des fonds d’aide et de secours à la Primature
L’ancien ministre fait une distinction entre les différents types de crédits dont peut disposer la Primature. « Aucun Premier ministre n’a jamais disposé, de droit, de fonds politiques », affirme-t-il. Il explique qu’il existe notamment à la Primature un « fonds Aide et secours », présenté comme une caisse d’avance créée sur autorisation du ministre des Finances et gérée par un régisseur accrédité. « Ce fonds obéit à la fois à un plafonnement en rapport avec le montant annuel des crédits, mais aussi suivant un plafond trimestriel à respecter », précise-t-il, ajoutant que plusieurs autres ministères disposent de mécanismes similaires, notamment ceux de la Solidarité et de l’Intérieur.
À la différence des fonds politiques, ces crédits sont soumis à des contrôles. « Ces crédits, contrairement aux fonds politiques, font l’objet d’un contrôle a posteriori sur la nature des dépenses, leur éligibilité, leur conformité, le respect des plafonds de dépense et un contrôle matériel du service fait », explique Souleymane Jules Diop. Il cite notamment le cas de l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, pour illustrer le contrôle pouvant porter sur l’utilisation des caisses d’avance.
Le précédent Abdoulaye Wade
Souleymane Jules Diop situe ensuite l’origine du dispositif qu’il qualifie de « fonds de sécurité » transférés à la Primature sous la présidence d’Abdoulaye Wade. « Arrivé au pouvoir en 2000, le Président Abdoulaye Wade a décidé de transférer une partie de ses fonds de sécurité à la Primature, une première », affirme-t-il.
Selon son récit, ces fonds étaient gérés de manière discrétionnaire par le Premier ministre, avec l’autorisation du chef de l’État. Il estime qu’il s’agit probablement de ces ressources que l’actuel Premier ministre Ousmane Sonko désigne sous le terme de « fonds politiques ». « Ils ont servi ou servent encore aux interventions en Casamance, en Gambie et en Guinée-Bissau dans le cadre du renseignement et de l’anticipation des menaces sur la sécurité nationale », avance-t-il. L’ancien ministre soutient également que ces fonds ne seraient pas retracés dans les documents budgétaires classiques. « Ces fonds échappent par principe à tout contrôle. Ils ne sont tracés dans aucun document officiel : ni le DPPD, ni la LOLF », écrit-il.
Le témoignage de Souleymane Jules Diop
Pour étayer son analyse, Souleymane Jules Diop évoque son propre passage à la Primature. « J’ai été conseiller à la Primature il y a 24 ans, sous le Premier ministre Idrissa Seck », rappelle-t-il. Il affirme qu’à cette époque, Abdoulaye Wade avait transféré une importante partie des fonds concernés au Premier ministre Idrissa Seck. « L’ancien Premier ministre avait fait appel à l’époque à une agente de la BCEAO pour les administrer, avec tenue d’une comptabilité informelle, mais rigoureuse », rapporte-t-il.
D’après lui, cette pratique aurait ensuite été maintenue sous les Premiers ministres Macky Sall et Souleymane Ndéné Ndiaye. « Ils auront précisé par ailleurs que c’est le Président Wade qui leur “donnait” », souligne-t-il. Il affirme également que Macky Sall, devenu président de la République en 2012, a poursuivi cette pratique en fonction de ses relations avec les différents locataires de la Primature.
« Aucun Premier ministre n’a eu droit à des fonds politiques »
Au terme de son argumentaire, Souleymane Jules Diop rejoint donc la position défendue par Aly Ngouye Ndiaye. « Il ressort de ce qui précède, comme l’a affirmé Aly Ngouye Ndiaye, qu’un Premier ministre n’a jamais eu droit à des fonds politiques stricto sensu », coupe t-il.
L’ancien ministre estime par ailleurs que la polémique actuelle autour des déclarations d’Ousmane Sonko repose en partie sur une confusion entre les différentes catégories de fonds. « C’est sans doute le piège dans lequel Ousmane Sonko a voulu entraîner ses détracteurs, en affirmant que personne ne pourrait justifier qu’il disposait de fonds politiques pour ensuite reconnaître qu’il en disposait », écrit-il.
Souleymane Jules Diop soutient enfin que, juridiquement, seules deux personnalités disposent de fonds politiques au Sénégal : « le Président de la République et le Président de l’Assemblée nationale ».
« Ces derniers jours, il est arrivé à mon frère et ami Aly Ngouye Ndiaye ce qui arrive à tous ceux qui osent penser de travers : du bashing et du lynching à décourager tous les téméraires », écrit Souleymane Jules Diop, dénonçant les critiques dont fait l’objet l’ancien ministre. Selon lui, la déclaration d’Aly Ngouye Ndiaye aurait été mal comprise. « Il a dit quoi exactement ? Qu’avant Ousmane Sonko, aucun Premier ministre n’a jamais disposé de fonds politiques ou fonds secrets », rappelle-t-il.
Souleymane Jules Diop affirme que les vidéos d’anciens Premiers ministres évoquées pour contredire Aly Ngouye Ndiaye ne remettent pas en cause, selon lui, le fond de son propos. « Et pourtant, Aly Ngouye Ndiaye, un des Sénégalais les plus rigoureux, les plus compétents que je connaisse, est dans le vrai », soutient-il.
Des fonds d’aide et de secours à la Primature
L’ancien ministre fait une distinction entre les différents types de crédits dont peut disposer la Primature. « Aucun Premier ministre n’a jamais disposé, de droit, de fonds politiques », affirme-t-il. Il explique qu’il existe notamment à la Primature un « fonds Aide et secours », présenté comme une caisse d’avance créée sur autorisation du ministre des Finances et gérée par un régisseur accrédité. « Ce fonds obéit à la fois à un plafonnement en rapport avec le montant annuel des crédits, mais aussi suivant un plafond trimestriel à respecter », précise-t-il, ajoutant que plusieurs autres ministères disposent de mécanismes similaires, notamment ceux de la Solidarité et de l’Intérieur.
À la différence des fonds politiques, ces crédits sont soumis à des contrôles. « Ces crédits, contrairement aux fonds politiques, font l’objet d’un contrôle a posteriori sur la nature des dépenses, leur éligibilité, leur conformité, le respect des plafonds de dépense et un contrôle matériel du service fait », explique Souleymane Jules Diop. Il cite notamment le cas de l’ancien maire de Dakar, Khalifa Sall, pour illustrer le contrôle pouvant porter sur l’utilisation des caisses d’avance.
Le précédent Abdoulaye Wade
Souleymane Jules Diop situe ensuite l’origine du dispositif qu’il qualifie de « fonds de sécurité » transférés à la Primature sous la présidence d’Abdoulaye Wade. « Arrivé au pouvoir en 2000, le Président Abdoulaye Wade a décidé de transférer une partie de ses fonds de sécurité à la Primature, une première », affirme-t-il.
Selon son récit, ces fonds étaient gérés de manière discrétionnaire par le Premier ministre, avec l’autorisation du chef de l’État. Il estime qu’il s’agit probablement de ces ressources que l’actuel Premier ministre Ousmane Sonko désigne sous le terme de « fonds politiques ». « Ils ont servi ou servent encore aux interventions en Casamance, en Gambie et en Guinée-Bissau dans le cadre du renseignement et de l’anticipation des menaces sur la sécurité nationale », avance-t-il. L’ancien ministre soutient également que ces fonds ne seraient pas retracés dans les documents budgétaires classiques. « Ces fonds échappent par principe à tout contrôle. Ils ne sont tracés dans aucun document officiel : ni le DPPD, ni la LOLF », écrit-il.
Le témoignage de Souleymane Jules Diop
Pour étayer son analyse, Souleymane Jules Diop évoque son propre passage à la Primature. « J’ai été conseiller à la Primature il y a 24 ans, sous le Premier ministre Idrissa Seck », rappelle-t-il. Il affirme qu’à cette époque, Abdoulaye Wade avait transféré une importante partie des fonds concernés au Premier ministre Idrissa Seck. « L’ancien Premier ministre avait fait appel à l’époque à une agente de la BCEAO pour les administrer, avec tenue d’une comptabilité informelle, mais rigoureuse », rapporte-t-il.
D’après lui, cette pratique aurait ensuite été maintenue sous les Premiers ministres Macky Sall et Souleymane Ndéné Ndiaye. « Ils auront précisé par ailleurs que c’est le Président Wade qui leur “donnait” », souligne-t-il. Il affirme également que Macky Sall, devenu président de la République en 2012, a poursuivi cette pratique en fonction de ses relations avec les différents locataires de la Primature.
« Aucun Premier ministre n’a eu droit à des fonds politiques »
Au terme de son argumentaire, Souleymane Jules Diop rejoint donc la position défendue par Aly Ngouye Ndiaye. « Il ressort de ce qui précède, comme l’a affirmé Aly Ngouye Ndiaye, qu’un Premier ministre n’a jamais eu droit à des fonds politiques stricto sensu », coupe t-il.
L’ancien ministre estime par ailleurs que la polémique actuelle autour des déclarations d’Ousmane Sonko repose en partie sur une confusion entre les différentes catégories de fonds. « C’est sans doute le piège dans lequel Ousmane Sonko a voulu entraîner ses détracteurs, en affirmant que personne ne pourrait justifier qu’il disposait de fonds politiques pour ensuite reconnaître qu’il en disposait », écrit-il.
Souleymane Jules Diop soutient enfin que, juridiquement, seules deux personnalités disposent de fonds politiques au Sénégal : « le Président de la République et le Président de l’Assemblée nationale ».