L’érosion côtière est un processus naturel de dégradation et de perte de matériaux (sédiments, roches, sable) sur le littoral, causé par l’homme, par l'action de l'eau, du vent et des tempêtes, entraînant le recul du trait de côte.
Jusqu'à l'ère industrielle, l'érosion marine était un phénomène essentiellement naturel et récurrent, plus ou moins équilibré par des zones d'engraissement (si les plages se rétrécissent, les dunes reculent et les falaises se morcellent, des deltas avancent sur la mer… le trait de côte a toujours fluctué. Et à ce jour, l’élévation du niveau de la mer n’est pas assez rapide pour causer une érosion des côtes importante.
L'urbanisation et l'industrialisation du littoral depuis ont changé la donne : Autrefois, les hommes ne s’installaient pas sur les côtes sableuses, ils savaient que c’était mobile. Dès le début du tourisme, il fallait être au plus près de la mer ; presque toutes les stations, ont été construites sur les dunes littorales. Les échanges naturels entre la plage et sa réserve de sable qui l’alimentait en cas de tempête ont été rompus. Les systèmes de digues ou d’enrochement, destinés à contrer l’érosion, au lieu d’améliorer la situation, entravent encore plus ces échanges. Les zones littorales continuent globalement à se vouloir attractives pour le tourisme et l'activité économique, en s'artificialisant.
Pour les falaises rocheuses dures (granite, gneiss), le recul moyen annuel est inférieure à 1 mm/an ; pour les roches à côtes plus tendres (calcaire, schiste), il est de l'ordre de 1 à 10 mm/an ; pour la craie et les roches sédimentaires du Tertiaire, de l'ordre de 0,1 à 1 m/an ; de 1 à 10 m/an pour les dépôts quaternaires ; de l'ordre de 10 m/an pour les falaises de roches meubles (molasse, flysch, argile à silex, sables, marnes, dépôts volcaniques meubles. Pour les côtes à falaises, la valeur de ce recul est tributaire de la lithologie du rivage, mais aussi de l'exposition de la côte aux agents de la dynamique marine ;
Le nettoyage des plages : en détruisant les laisses de mer qui servaient de nourriture aux micro-organismes vivant dans le sable, il élimine les cordons dunaires qui se forment à partir de ces laisses et qui constituent un frein à l'érosion naturelle ;
Le réchauffement climatique, en augmentant le niveau de l'eau, et la force des aléas climatiques.
Les aménagements portuaires ou de digues, ayant des effets parfois spectaculaires, souvent via des modifications des courants qu'ils induisent ;
La diminution, voire la disparition dans certains cas, des apports sédimentaires à la côte, en raison de la construction de barrages, des programmes de canalisation et d'irrigation ;
Les gravières sous-marines peuvent aussi avoir des effets différés en termes de mouvements de sédiments ;
Des pompages ou drainages peuvent aussi indirectement modifier l'érosion de certaines falaises en y produisant des phénomènes de solifluxion ou des effets plus vifs du gel/dégel et des sécheresses (alternances de retraits et gonflements par exemple).
Sur les plages, et face aux dunes, certains ouvrages de protection (épis) se sont eux-mêmes révélés capables de modifier les courants et sur creuser des plages ou des vasières plus en aval ;
La destruction des mangroves est un des principaux facteurs de ce recul en zone tropicale.
Localement des événements tels que les tsunamis peuvent emporter des portions entières de littoraux.
Quant à l’érosion des plages, elle est de deux ordres : naturel et anthropique
Les principales causes naturelles sont la baisse des apports sédimentaires à la côte depuis la fin de la transgression marine holocène qui faisait remonter vers les rivages d'abondants stocks de sables sous-marins, aggravée par l'élévation actuelle du niveau marin en raison du réchauffement climatique (causes s'exerçant à l'échelle globale et sur de longues périodes de temps — années ou plus), et les surcotes des marées de tempêtes (cause s'exerçant à l'échelle locale, sur de courtes périodes — quelques heures) dont les effets s'observent même sur des côtes non perturbées par l'homme). Les principales causes humaines sont l'anthropisation des fleuves (construction de digues et de barrages) et du littoral (urbanisation des cordons dunaires, bétonisation du littoral, extraction de sédiments, mise en place d'ouvrages littoraux, digues côtières, brise-lames, épis.
L'érosion côtière, accélérée par le changement climatique, provoque le recul du trait de côte, menaçant infrastructures, écosystèmes et habitations. Ses principaux effets incluent la perte de terres (plages, dunes), la destruction de bâtiments (risques de submersion), la salinisation des nappes phréatiques, et de lourds impacts socio-économiques.
Pendant que l’angoisse et l’inquiétude se manifestent au sein des populations insulaires et côtières, les gouvernements non sans difficultés tentent d’apporter des réponses selon des approches allant du local au national, sous régional, régional.
Toutefois l’insuffisance des ressources financières, la faible mobilisation de données scientifiques et techniques, l’absence de volonté politique laissent peser la menace d’un avenir proche et incertain pour certaines îles…Dans certaines localités, Il ne reste qu’à se réfugier derrière le verbe, les incantations et autres aveux d’impuissance face à un phénomène dévastateur.
Abdou Sané ancien député
Géographe –Environnementaliste
Expert en réduction des risques de catastrophe
Président du réseau national des élus locaux pour la justice climatique.
Email : abdousanegnanthio@gmail.com
Ziguinchor, Sénégal
Jusqu'à l'ère industrielle, l'érosion marine était un phénomène essentiellement naturel et récurrent, plus ou moins équilibré par des zones d'engraissement (si les plages se rétrécissent, les dunes reculent et les falaises se morcellent, des deltas avancent sur la mer… le trait de côte a toujours fluctué. Et à ce jour, l’élévation du niveau de la mer n’est pas assez rapide pour causer une érosion des côtes importante.
L'urbanisation et l'industrialisation du littoral depuis ont changé la donne : Autrefois, les hommes ne s’installaient pas sur les côtes sableuses, ils savaient que c’était mobile. Dès le début du tourisme, il fallait être au plus près de la mer ; presque toutes les stations, ont été construites sur les dunes littorales. Les échanges naturels entre la plage et sa réserve de sable qui l’alimentait en cas de tempête ont été rompus. Les systèmes de digues ou d’enrochement, destinés à contrer l’érosion, au lieu d’améliorer la situation, entravent encore plus ces échanges. Les zones littorales continuent globalement à se vouloir attractives pour le tourisme et l'activité économique, en s'artificialisant.
Pour les falaises rocheuses dures (granite, gneiss), le recul moyen annuel est inférieure à 1 mm/an ; pour les roches à côtes plus tendres (calcaire, schiste), il est de l'ordre de 1 à 10 mm/an ; pour la craie et les roches sédimentaires du Tertiaire, de l'ordre de 0,1 à 1 m/an ; de 1 à 10 m/an pour les dépôts quaternaires ; de l'ordre de 10 m/an pour les falaises de roches meubles (molasse, flysch, argile à silex, sables, marnes, dépôts volcaniques meubles. Pour les côtes à falaises, la valeur de ce recul est tributaire de la lithologie du rivage, mais aussi de l'exposition de la côte aux agents de la dynamique marine ;
Le nettoyage des plages : en détruisant les laisses de mer qui servaient de nourriture aux micro-organismes vivant dans le sable, il élimine les cordons dunaires qui se forment à partir de ces laisses et qui constituent un frein à l'érosion naturelle ;
Le réchauffement climatique, en augmentant le niveau de l'eau, et la force des aléas climatiques.
Les aménagements portuaires ou de digues, ayant des effets parfois spectaculaires, souvent via des modifications des courants qu'ils induisent ;
La diminution, voire la disparition dans certains cas, des apports sédimentaires à la côte, en raison de la construction de barrages, des programmes de canalisation et d'irrigation ;
Les gravières sous-marines peuvent aussi avoir des effets différés en termes de mouvements de sédiments ;
Des pompages ou drainages peuvent aussi indirectement modifier l'érosion de certaines falaises en y produisant des phénomènes de solifluxion ou des effets plus vifs du gel/dégel et des sécheresses (alternances de retraits et gonflements par exemple).
Sur les plages, et face aux dunes, certains ouvrages de protection (épis) se sont eux-mêmes révélés capables de modifier les courants et sur creuser des plages ou des vasières plus en aval ;
La destruction des mangroves est un des principaux facteurs de ce recul en zone tropicale.
Localement des événements tels que les tsunamis peuvent emporter des portions entières de littoraux.
Quant à l’érosion des plages, elle est de deux ordres : naturel et anthropique
Les principales causes naturelles sont la baisse des apports sédimentaires à la côte depuis la fin de la transgression marine holocène qui faisait remonter vers les rivages d'abondants stocks de sables sous-marins, aggravée par l'élévation actuelle du niveau marin en raison du réchauffement climatique (causes s'exerçant à l'échelle globale et sur de longues périodes de temps — années ou plus), et les surcotes des marées de tempêtes (cause s'exerçant à l'échelle locale, sur de courtes périodes — quelques heures) dont les effets s'observent même sur des côtes non perturbées par l'homme). Les principales causes humaines sont l'anthropisation des fleuves (construction de digues et de barrages) et du littoral (urbanisation des cordons dunaires, bétonisation du littoral, extraction de sédiments, mise en place d'ouvrages littoraux, digues côtières, brise-lames, épis.
L'érosion côtière, accélérée par le changement climatique, provoque le recul du trait de côte, menaçant infrastructures, écosystèmes et habitations. Ses principaux effets incluent la perte de terres (plages, dunes), la destruction de bâtiments (risques de submersion), la salinisation des nappes phréatiques, et de lourds impacts socio-économiques.
Pendant que l’angoisse et l’inquiétude se manifestent au sein des populations insulaires et côtières, les gouvernements non sans difficultés tentent d’apporter des réponses selon des approches allant du local au national, sous régional, régional.
Toutefois l’insuffisance des ressources financières, la faible mobilisation de données scientifiques et techniques, l’absence de volonté politique laissent peser la menace d’un avenir proche et incertain pour certaines îles…Dans certaines localités, Il ne reste qu’à se réfugier derrière le verbe, les incantations et autres aveux d’impuissance face à un phénomène dévastateur.
Abdou Sané ancien député
Géographe –Environnementaliste
Expert en réduction des risques de catastrophe
Président du réseau national des élus locaux pour la justice climatique.
Email : abdousanegnanthio@gmail.com
Ziguinchor, Sénégal