Enquête d'analyse agricole (AEE) de la DAPSA : Kaffrine et les régions sud du pays, les nouveaux bassins agricoles du Sénégal

Jeudi 22 Décembre 2022

La Division d'Analyse de la Prévention des Statistiques agricoles (DAPSA), a procédé ce mercredi 21 décembre 2022 à la présentation des résultats de l’enquête agricole annuelle (EAA) de l’édition 2021-2021. 


Cet atelier réunissant plusieurs représentants du ministère de l'Agriculture, des ministères sectoriels et des partenaires techniques et financiers a été l’occasion pour la DAPSA de partager ladite enquête avec les partenaires et utilisateurs des données agricoles. Ainsi dans la présentation de l'EAA, on a appris que le bassin agricole est aujourd’hui contrôlé par la région de Kaffrine et les régions du Sud. Intervenant au cours de l’atelier, Dr Ibrahima Mendy, le Directeur de l'Analyse de la Prévention et de la Statistique au ministère de l'Agriculture, a confirmé que le bassin arachidier traditionnel s’est déplacé à Kaffrine et vers les régions du sud du pays, notamment Sédhiou, Kolda et un petit peu Ziguinchor.
 
«Dans la deuxième  présentation, on a constaté que les céréales occupent une place importante, notamment le riz maintenant pour les cultures de rente, l'arachide occupe toujours une place importante », a d’emblée souligné Dr Ibrahima Mendy, Directeur de l’Analyse de la Prévention et de la Statistique agricole expliquant «Je profite de l'occasion pour clarifier aussi certaines choses parce que souvent les gens nous disent que le bassin arachidier traditionnel ça ne marche pas et donc peut-être ils émettent des doutes sur ce que nous donnons. Ce que les gens doivent comprendre à travers la présentation je pense que tout le monde l'a vu, le bassin arachidier traditionnel s'est déplacé entre Kaffrine vers le Sud ».


«Vous voyez Kaffrine occupe une place importante que ça soit pour les céréales que ça soit pour les cultures de rente. Kolda avec les départements Yoro Foula comme Vélingara, Sédhiou également, toutes ces régions occupent une place importante dans la production agricole », a-t-il renseigné. Mieux, ajoute Dr Mendy, «En résumé, je pense qu'en termes de spéculation, les céréales occupent une place importante particulièrement le riz et que ça soit au niveau pluvial ou irrigué ça occupe une place importante. Pour ce qui est des cultures de rente, on a remarqué que l'arachide occupe toujours une place importante pour les régions, c'est Kaffrine, c'est la zone sud globalement Sédhiou, Kolda et un peu Ziguinchor. Voilà ce que les résultats ont donné », a-t-il magnifié.


«Je tiens à remercier la FAO qui depuis très longtemps depuis 2017 accompagne la DAPSA à travers le projet AGRIS, ça améliore le dispositif de collecte, a augmenté notre échantillon en termes d'indicateurs ce qu'on a eu aujourd'hui à présenter. Je ne manquerais de remercier également l'USAID qui depuis très longtemps avec surtout le projet PCE, mais aussi le projet AGRIS parce que l'USAID est le bailleur de ce projet pour l'appui et enfin la coopération italienne à travers un projet du ministère qu'on appelle (…) qui nous ont aidés dans la mise en œuvre des activités de collecte et de traitement.»
Toujours dans sa communication, le patron de la DAPSA rappelle : « cet atelier c'est habituel pour nous, chaque année après la campagne agricole, on organise un atelier de partage de diffusion des données par des partenaires avec ces partenaires ; il y a des partenaires techniques et financiers qui nous appuient, mais les utilisateurs et les ministères de l'Agriculture rurale, de l'Élevage, l'ANSD surtout qui est le Coordonnateur national. Donc c'est la raison pour laquelle, on est venu aujourd'hui présenter les résultats issus d'une analyse par exemple parce que comme vous le savez souvent quand on parle de statistiques, les gens pensent uniquement à la production, superficie, emblavure, etc. C'est important. Mais aujourd'hui pour nous c'est l'occasion de présenter l'analyse de certaines variables.»
 
 

Par rapport à la première présentation, explique Dr Mendy, elle ajoute : «vous a fait part de résultats importants ensuite par exemple l'utilisation des parcelles, la place qu'occupe la femme au sein de l'agriculture, la place qu'occupe l'arachide par exemple les cultures de rente dans nos données en termes de superficie, quelles sont où on a plus produit. On a toutes ces informations aujourd'hui, une multitude d'informations.»
 
À l'en croire, «la DAPSA maintenant ne s'arrête pas seulement à la production agricole, mais on s'intéresse aussi des variables qui touchent l'élevage, la pêche qui touchent les revenus des producteurs. Tout ça, vous avez vu par rapport à la première présentation. »
 
Pour ce qui est de la deuxième présentation, souligne le Directeur de la DAPSA, elle «est plus focalisée sur les entreprises agricoles.» «Aujourd'hui dans le secteur agricole, il y a des personnes, ça peut être un groupe de personnes qui ont plus de 100 hectares. Quand on voit aujourd'hui des marabouts qui ont plus de 200 hectares c'est intéressant pour nous de s'intéresser à ce qu'ils font dans ces grandes exploitations, on les appelle les grandes entreprises d'exploitation, ça peut être formelle avec la NINEA ou bien non formelle. Ce qui nous intéresse c'est vraiment l'étendue de la superficie», a-t-il précisé.
 
Poursuivant Dr Mendy confie : «Je me rappelle,  j'étais à l'Assemblée nationale et j'ai constaté que les députés utilisaient les analyses qu'on a faites notamment l'analyse sur l'accès aux fonciers par les jeunes et les femmes, mais également aussi le niveau de financement de petites exploitations. Et je pense que la DAPSA a fait beaucoup de choses. Et nous invitons à tout le monde de visiter nos plateformes, nos plateformes de diffusion pour avoir les informations qu'il faut. »
 
Quant à Ibrahima Faye de la FAO Sénégal, il a tenu à  remercier la DAPSA pour cette initiative.  « Je pense depuis trois ans qu’il y a une série de sessions de partage des résultats d'enquête. Je pense que c'est une opportunité pour présenter les tendances au niveau des ménages au niveau des entreprises agricoles. Ça, c'est une bonne approche de partage des résultats et d'amélioration des statistiques agricoles », a-t-il salué en rappelant que la FAO accompagne depuis 2017 le gouvernement dans la production, l'analyse et la diffusion des statistiques agricoles et notamment pour l'aide de la prise de décisions.
 
Selon Dr Mamadou Lamine Dia Conseiller Technique au MAERSA, par ailleurs représentant du ministre Aly Ngouille Ndiaye, la prééminence de l'agriculture comme les céréales, pour les cultures de rente, l'arachide est aujourd’hui une réalité pour ces régions. Mieux ajoute-t-il, «la prééminence des productions agricoles au niveau des régions de Kaffrine et des régions sud dans le bassin arachidier, mais aussi du déplacement de la zone qui était appelée bassin arachidier un peu vers le sud dans les régions de Kolda, Sédhiou et autres. Ça, c'est important de le savoir puis que ceci pourrait avoir un peu l'impact de la manière de faire, l'intervention politique où est-ce qu’il faut maintenant pour orienter les mesures gouvernementales pour donc augmenter les productions au niveau de ces zones qui deviennent de plus en plus importantes ».
 
À propos de l’enquête agricole annuelle (EAA), c’est une tradition de la Dapsa de partager les produits de productions de diffusion de l'enquête avec les partenaires et utilisateurs afin de favoriser la prise de décision basée sur les données et d'informer le large public.
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