Après plus de deux ans d’une véritable guerre de tranchées, au cours de laquelle le Premier ministre n’a cessé de rabaisser le président de la République – allant jusqu’à l’accuser de manquer d’autorité et de bloquer ses nominations –, le moment semble venu pour Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko de s’affronter ouvertement. Un « mortal combat » pris très au sérieux par le chef de l’État, qui entreprend d’étoffer son équipe avec des profils jugés solides, à l’image de Me Abdoulaye Tine, membre de sa coalition, propulsé porte-parole de la Présidence.
« Faut-il attendre une crise institutionnelle de face à une situation politique dont l’horizon est aujourd’hui totalement bouché ? Une mise en cause intolérable qui affaiblit l’État et les institutions. Diomaye n’a plus le choix : il doit prendre ses responsabilités. Il n’y a plus de cohésion, plus de solidarité gouvernementale, plus de respect. Rien que ces querelles et une discorde qui s’approfondit. Le tandem “Diomaye moy Sonko” n’est plus dans le coma : il est mort. Il faut en prendre acte et avancer, ouvrir une autre page », analyse le professeur Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center et fin connaisseur de la vie politique.
Ce constat suffit à lui seul à camper le décor, tant les divergences de vue entre les deux hommes sont profondes. Mieux, dans sa grande interview de samedi dernier, le président Diomaye Faye a donné le ton en récusant, pour la première fois, toute possibilité de dualité au sommet de l’État. Il a rappelé qu’il est le seul à nommer le Premier ministre et qu’il peut, à tout moment, le démettre de ses fonctions.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase reste toutefois sa prise de position sur le messianisme — en référence au culte de la personnalité autour d’Ousmane Sonko — théorisé par le Pastef et qui, selon lui, pourrait être contre-productif. Une sortie qui a suffi à déclencher une levée de boucliers chez les cadres et militants du parti, promptes à le critiquer.
Certes, quelques membres de son camp ont tenté, timidement, de prendre sa défense.
Conscient qu’il lui faudra des relais solides pour faire face à Ousmane Sonko et à ses partisans, le chef de l’État s’emploie à densifier son dispositif. Figure de proue de la coalition « Diomaye Président », Me Abdoulaye Tine a ainsi été nommé, hier, ministre conseiller et porte-parole de la Présidence. Il succède à Ousseynou Ly, resté jusque-là discret, voire inaudible, au point que certains observateurs s’interrogeaient sur l’effectivité même de cette fonction.
Selon des sources proches du dossier, d’autres nominations pourraient suivre. Objectif : éviter au président de porter seul le combat politique face à son « ami » Premier ministre, dans un contexte déjà marqué par de multiples urgences économiques et sociales. Pour l’exécutif, il s’agit surtout de se donner les moyens de répondre aux attentes pressantes des Sénégalais, confrontés à des difficultés quotidiennes croissantes. C’est dire l’ampleur des enjeux.
Kritik
Quotidien
« Faut-il attendre une crise institutionnelle de face à une situation politique dont l’horizon est aujourd’hui totalement bouché ? Une mise en cause intolérable qui affaiblit l’État et les institutions. Diomaye n’a plus le choix : il doit prendre ses responsabilités. Il n’y a plus de cohésion, plus de solidarité gouvernementale, plus de respect. Rien que ces querelles et une discorde qui s’approfondit. Le tandem “Diomaye moy Sonko” n’est plus dans le coma : il est mort. Il faut en prendre acte et avancer, ouvrir une autre page », analyse le professeur Alioune Tine, fondateur d’Afrikajom Center et fin connaisseur de la vie politique.
Ce constat suffit à lui seul à camper le décor, tant les divergences de vue entre les deux hommes sont profondes. Mieux, dans sa grande interview de samedi dernier, le président Diomaye Faye a donné le ton en récusant, pour la première fois, toute possibilité de dualité au sommet de l’État. Il a rappelé qu’il est le seul à nommer le Premier ministre et qu’il peut, à tout moment, le démettre de ses fonctions.
La goutte d’eau qui a fait déborder le vase reste toutefois sa prise de position sur le messianisme — en référence au culte de la personnalité autour d’Ousmane Sonko — théorisé par le Pastef et qui, selon lui, pourrait être contre-productif. Une sortie qui a suffi à déclencher une levée de boucliers chez les cadres et militants du parti, promptes à le critiquer.
Certes, quelques membres de son camp ont tenté, timidement, de prendre sa défense.
Conscient qu’il lui faudra des relais solides pour faire face à Ousmane Sonko et à ses partisans, le chef de l’État s’emploie à densifier son dispositif. Figure de proue de la coalition « Diomaye Président », Me Abdoulaye Tine a ainsi été nommé, hier, ministre conseiller et porte-parole de la Présidence. Il succède à Ousseynou Ly, resté jusque-là discret, voire inaudible, au point que certains observateurs s’interrogeaient sur l’effectivité même de cette fonction.
Selon des sources proches du dossier, d’autres nominations pourraient suivre. Objectif : éviter au président de porter seul le combat politique face à son « ami » Premier ministre, dans un contexte déjà marqué par de multiples urgences économiques et sociales. Pour l’exécutif, il s’agit surtout de se donner les moyens de répondre aux attentes pressantes des Sénégalais, confrontés à des difficultés quotidiennes croissantes. C’est dire l’ampleur des enjeux.
Kritik
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