La Gambie traverse une grave crise énergétique marquée par des coupures d’électricité pouvant durer plusieurs heures, voire une journée entière. Incapable de satisfaire une demande estimée à environ 140 MW, la compagnie nationale d’eau et d’électricité, la Nawec, cherche désormais à obtenir davantage d’électricité du Sénégal et de la Guinée, rapporte Jeune Afrique.
La situation est d’autant plus difficile que les importations en provenance de ces deux pays ont diminué. Le Sénégal approvisionne une partie du territoire gambien depuis 2017, tandis que la Guinée fournit de l’électricité à travers le réseau de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG) depuis octobre 2024.
Du côté sénégalais, les relations commerciales ont notamment été affectées par les impayés de la Nawec envers la Senelec. En septembre 2024, l’ancien directeur général de la compagnie gambienne avait indiqué devant le Parlement que la dette envers la société sénégalaise dépassait 10 milliards de FCFA, correspondant alors à trois mois de factures impayées.
En Guinée, la baisse de la production hydroélectrique constitue une autre difficulté. Galo Saidy, directeur général de la Nawec, explique que la Gambie recevait encore entre 70 et 80 MW d’électricité guinéenne à la même période l’année précédente. « Les barrages étaient pleins. Mais cette année, la pluie n’est pas au rendez-vous », a-t-il déclaré.
La fin du contrat avec Karpowership pèse sur la production
À ces difficultés s’ajoute le retrait de Karpowership. La société turque fournissait de l’électricité à la Gambie depuis 2018 et affirme que sa centrale flottante avait couvert, à son apogée, jusqu’à 40 % de la demande nationale.
La Nawec avait cependant décidé de ne pas renouveler son contrat avec l’entreprise. Karpowership a ainsi cessé ses livraisons le 2 mai 2025. À l’époque, les autorités gambiennes avaient présenté cette décision comme une étape vers une « plus grande indépendance énergétique », en misant notamment sur la remise en service des générateurs nationaux et le développement de nouvelles capacités locales.
Mais plus d’un an après, le modèle montre ses limites. La production nationale ne suffit pas à compenser la baisse des importations sénégalaises et guinéennes, alors que la consommation continue d'augmenter.
Des manifestations à Banjul
La crise énergétique a fini par provoquer la colère de la population. Dans la nuit du 7 septembre, des habitants sont descendus dans les rues de Banjul après plusieurs semaines de délestages. Certains ont manifesté avec des bougies, tandis que d’autres ont brûlé des pneus et dressé des barricades. La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les rassemblements.
Des manifestants ont également scandé « Barrow doit partir », signe que la crise énergétique prend désormais une dimension politique à moins de trois mois de l’élection présidentielle prévue le 5 décembre 2026.
Modou Lamin B. Bah, député de Banjul Nord et à l’origine de la manifestation nocturne, décrit une population à bout. « Depuis des semaines, les communautés de Banjul vivent dans l’obscurité totale. Des coupures de 10 à 30 heures, pas d’eau, des commerces qui s’effondrent, des étudiants incapables d’étudier et des hôpitaux en difficulté », explique-t-il.
Selon lui, le slogan visant le président dépasse la seule contestation politique : « “Barrow doit partir” n’est pas qu’un simple slogan. C’est de la frustration, c’est de la colère, c’est un message qui dit que leur quotidien se dégrade et que personne ne les écoute. »
Adama Barrow parle d’une « urgence »
Au lendemain des manifestations, le président Adama Barrow s’est rendu dans les installations de la Nawec. Le 8 septembre, il a qualifié la crise électrique de « question de sécurité nationale » et d’« urgence ».
« Il est temps d’agir », a déclaré le chef de l’État, qui promet une amélioration de la fourniture d’électricité d’ici à la fin du mois d’octobre, notamment grâce à la mise en service d’un nouveau générateur.
Pour sortir rapidement de la crise, Banjul compte également sur une hausse des volumes d’électricité fournis par le Sénégal et la Guinée. Une solution qui pourrait soulager le réseau à court terme, mais qui maintient la Gambie dans une forte dépendance vis-à-vis de ses voisins pour satisfaire ses besoins énergétiques.
La situation est d’autant plus difficile que les importations en provenance de ces deux pays ont diminué. Le Sénégal approvisionne une partie du territoire gambien depuis 2017, tandis que la Guinée fournit de l’électricité à travers le réseau de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Gambie (OMVG) depuis octobre 2024.
Du côté sénégalais, les relations commerciales ont notamment été affectées par les impayés de la Nawec envers la Senelec. En septembre 2024, l’ancien directeur général de la compagnie gambienne avait indiqué devant le Parlement que la dette envers la société sénégalaise dépassait 10 milliards de FCFA, correspondant alors à trois mois de factures impayées.
En Guinée, la baisse de la production hydroélectrique constitue une autre difficulté. Galo Saidy, directeur général de la Nawec, explique que la Gambie recevait encore entre 70 et 80 MW d’électricité guinéenne à la même période l’année précédente. « Les barrages étaient pleins. Mais cette année, la pluie n’est pas au rendez-vous », a-t-il déclaré.
La fin du contrat avec Karpowership pèse sur la production
À ces difficultés s’ajoute le retrait de Karpowership. La société turque fournissait de l’électricité à la Gambie depuis 2018 et affirme que sa centrale flottante avait couvert, à son apogée, jusqu’à 40 % de la demande nationale.
La Nawec avait cependant décidé de ne pas renouveler son contrat avec l’entreprise. Karpowership a ainsi cessé ses livraisons le 2 mai 2025. À l’époque, les autorités gambiennes avaient présenté cette décision comme une étape vers une « plus grande indépendance énergétique », en misant notamment sur la remise en service des générateurs nationaux et le développement de nouvelles capacités locales.
Mais plus d’un an après, le modèle montre ses limites. La production nationale ne suffit pas à compenser la baisse des importations sénégalaises et guinéennes, alors que la consommation continue d'augmenter.
Des manifestations à Banjul
La crise énergétique a fini par provoquer la colère de la population. Dans la nuit du 7 septembre, des habitants sont descendus dans les rues de Banjul après plusieurs semaines de délestages. Certains ont manifesté avec des bougies, tandis que d’autres ont brûlé des pneus et dressé des barricades. La police a fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser les rassemblements.
Des manifestants ont également scandé « Barrow doit partir », signe que la crise énergétique prend désormais une dimension politique à moins de trois mois de l’élection présidentielle prévue le 5 décembre 2026.
Modou Lamin B. Bah, député de Banjul Nord et à l’origine de la manifestation nocturne, décrit une population à bout. « Depuis des semaines, les communautés de Banjul vivent dans l’obscurité totale. Des coupures de 10 à 30 heures, pas d’eau, des commerces qui s’effondrent, des étudiants incapables d’étudier et des hôpitaux en difficulté », explique-t-il.
Selon lui, le slogan visant le président dépasse la seule contestation politique : « “Barrow doit partir” n’est pas qu’un simple slogan. C’est de la frustration, c’est de la colère, c’est un message qui dit que leur quotidien se dégrade et que personne ne les écoute. »
Adama Barrow parle d’une « urgence »
Au lendemain des manifestations, le président Adama Barrow s’est rendu dans les installations de la Nawec. Le 8 septembre, il a qualifié la crise électrique de « question de sécurité nationale » et d’« urgence ».
« Il est temps d’agir », a déclaré le chef de l’État, qui promet une amélioration de la fourniture d’électricité d’ici à la fin du mois d’octobre, notamment grâce à la mise en service d’un nouveau générateur.
Pour sortir rapidement de la crise, Banjul compte également sur une hausse des volumes d’électricité fournis par le Sénégal et la Guinée. Une solution qui pourrait soulager le réseau à court terme, mais qui maintient la Gambie dans une forte dépendance vis-à-vis de ses voisins pour satisfaire ses besoins énergétiques.