Élections territoriales : PASTEF accuse Diomaye de violer le Code électoral et exige la fixation d’une date

Samedi 5 Septembre 2026

PASTEF-Les Patriotes hausse le ton sur l'organisation des prochaines élections territoriales. Dans un communiqué publié ce 4 septembre 2026, le Bureau politique national affirme que le ministère de l’Intérieur et la Commission électorale nationale autonome (CENA) ont rejeté ses demandes visant au déclenchement du processus électoral. Le parti exige du président Bassirou Diomaye Faye des explications sur l'absence de fixation d'une date pour le scrutin.

Selon PASTEF, les démarches administratives qu’il a entreprises auprès du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité publique et de la CENA ont reçu une « suite défavorable ». Le parti conteste particulièrement l’interprétation faite par le ministère des articles L.236 et L.269 du Code électoral. Selon le communiqué, le ministère considère que ces dispositions « n'imposent aucun délai à l'autorité compétente pour édicter ledit décret ».

PASTEF rejette cette lecture. Il estime que le décret fixant la date du scrutin doit nécessairement intervenir avant l’arrêté déterminant le montant de la caution, lequel est soumis, selon le parti, à un délai de 150 jours avant l'élection.

PASTEF s’en prend à la CENA

Le parti critique également la position de la Commission électorale nationale autonome. Selon le communiqué, la CENA considère que sa mission de contrôle « commence avec la révision des listes électorales et s'achève à la proclamation provisoire des résultats ».

PASTEF estime au contraire que les articles L.6 et L.13 du Code électoral confèrent à la CENA des pouvoirs lui permettant d'intervenir contre les violations du Code électoral avant comme pendant le processus.

« Qu'est-il donc advenu pour que la CENA se dérobe aujourd'hui à ses responsabilités ? », interroge le Bureau politique national.

Pour PASTEF, « la mission de contrôle de la CENA est un devoir régalien qui doit s'exercer tout au long du processus électoral, conformément à la loi ».

Diomaye Faye directement interpellé

Le parti présidentiel interpelle ensuite directement le chef de l'État sur l'absence de date annoncée pour les élections territoriales. « Le refus de fixer une date pour le scrutin constitue une violation flagrante du Code électoral », accuse PASTEF, qui estime que cette situation pourrait mettre en cause la légitimité du scrutin.

Le parti demande au Président de la République de s’expliquer publiquement s’il n’entend pas respecter le calendrier qu’il considère imposé par les textes.

« PASTEF-Les Patriotes exige du Président de la République, s'il ne respecte pas les dispositions légales qui lui sont applicables, de venir informer le peuple sénégalais des raisons objectives et particulières justifiant ce report illégal des élections territoriales », indique le communiqué.

« Les démons politiques du passé »

Le Bureau politique national réaffirme enfin sa volonté de voir les élections organisées « à date échue » et adresse une critique particulièrement sévère à Bassirou Diomaye Faye.

PASTEF dit constater avec « désolation » que l'actuel Président de la République « renoue avec les démons politiques du passé en déchirant le pacte de loyauté à l'égard du droit électoral, et ce, pour des raisons bassement politiciennes ».

Ces accusations et l'interprétation juridique du calendrier électoral exposées dans le communiqué constituent la position de PASTEF. Les deux documents transmis ne comportent pas les réponses intégrales du ministère de l'Intérieur et de la CENA auxquelles le parti fait référence.
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