Élections territoriales : PASTEF accuse Diomaye de « carence » et saisit le ministre de l’Intérieur et la CENA

Mercredi 26 Aout 2026

La tension politique monte autour de l’organisation des prochaines élections territoriales. PASTEF–Les Patriotes annonce avoir officiellement saisi le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique ainsi que la Commission électorale nationale autonome (CENA) pour réclamer le déclenchement du processus électoral. Le parti, qui dit avoir également transmis une ampliation au président Bassirou Diomaye Faye, estime que les délais prévus par la législation électorale doivent impérativement être respectés.


Dans un communiqué publié ce mercredi 26 août 2026, le Bureau politique national de PASTEF affirme avoir adressé « une demande formelle de déclenchement du processus électoral territorial » au ministre de l’Intérieur et à la CENA. Le parti s’appuie notamment sur la durée du mandat des élus issus des dernières élections locales. « Le droit est sans ambiguïté. Les conseillers départementaux et municipaux ont été élus le 23 janvier 2022 pour un mandat de cinq ans », souligne PASTEF.

Selon le parti, les dispositions du Code électoral imposent que le renouvellement de ces élus intervienne dans les trente jours précédant l’expiration de leur mandat et que le scrutin soit organisé un dimanche. PASTEF en déduit que « la dernière date légalement possible est donc le dimanche 17 janvier 2027 ».

PASTEF pointe directement la « carence » de Diomaye

Le parti constate cependant que plusieurs actes nécessaires à l'organisation du scrutin n'ont toujours pas été pris. « À ce jour, le décret de fixation de la date des élections territoriales, qui déclenche la mise en œuvre des opérations électorales, n’a pas été pris », dénonce le communiqué.

PASTEF relève également que le montant de la caution électorale, qui doit selon lui être déterminé après consultation des parties prenantes au plus tard 150 jours avant le scrutin, n’a pas encore été publié. « Ce délai légal est désormais dépassé, et chaque jour d’inaction supplémentaire aggrave la violation des dispositions légales susvisées », accuse le parti.

Mais la charge politique la plus forte vise directement le président de la République. PASTEF évoque explicitement une « carence » du chef de l’État et met en garde contre ce qu’il considère comme un risque de report de fait du scrutin. « PASTEF–Les Patriotes considère que la carence du Président de la République ne saurait créer les conditions d’un report de fait des élections territoriales », affirme le Bureau politique national.

Le parti ajoute que l’organisation des élections dans les délais légaux « ne relève ni d’une faculté politique ni d’une appréciation discrétionnaire ». Et de prévenir : « Le calendrier électoral s’impose à tous, y compris au Président de la République. »

PASTEF menace d'utiliser les voies juridictionnelles

Dans son communiqué, PASTEF insiste également sur son attachement à « l’État de droit », aux « principes démocratiques » et au respect du calendrier électoral.

« Pour PASTEF, la démocratie se défend en toutes circonstances, par le respect de la loi, des institutions et de la souveraineté populaire », affirme le parti.

La formation politique prévient enfin qu’elle est prête à aller plus loin si le processus électoral n’est pas engagé conformément au calendrier qu’elle défend.

« PASTEF–Les Patriotes, fidèle à ses principes, utilisera toutes les voies républicaines et juridictionnelles pour que le droit soit respecté et que le peuple puisse librement exercer sa souveraineté », conclut le communiqué.
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