Droits des personnes handicapées : Mme Dieynaba Diallo, Vice Présidente WiLDAF Sénégal appelle à un engagement fort de l’État

Jeudi 14 Mai 2026

La vice-présidente de WiLDAF Sénégal, Dieynaba Diallo, a plaidé mardi à Dakar pour la ratification par le Sénégal du Protocole africain relatif aux droits des personnes handicapées et pour l’application effective de la Loi d’orientation sociale adoptée depuis 2010.
 


S’exprimant lors d’un atelier de plaidoyer organisé par WiLDAF Sénégal et le Comité des Femmes de la FSAPH, elle a rappelé que cette rencontre était « consacrée à la ratification du protocole africain à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, relatif aux droits des personnes handicapées, ainsi qu’à l’effectivité de la loi d’orientation sociale ». Selon elle, ce protocole apporte une avancée importante par rapport aux textes déjà existants au Sénégal. « Le protocole a une plus-value par rapport aux autres instruments existants déjà au Sénégal, qui sont la loi d’orientation et la convention. Parce que spécifiquement, il prend en compte l’inclusion, mais aussi il prend en compte les femmes. Il cite nommément dans ce protocole les femmes et les filles handicapées », a expliqué Dieynaba Diallo.

 

La responsable associative a insisté sur la nécessité pour l’État du Sénégal de franchir une nouvelle étape dans la protection des droits des personnes vivant avec un handicap. « Nous voulons que ce protocole soit ratifié par le Sénégal. Nous demandons aussi l’effectivité de la loi d’orientation sociale. La loi d’orientation a été votée depuis 2010, et jusqu’à présent, les décrets tardent pour l’effectivité de cette loi d’orientation sociale », a-t-elle déploré.

 

Au cours de son intervention, Dieynaba Diallo a également mis l’accent sur la situation particulière des femmes handicapées, confrontées selon elle à une double vulnérabilité. « Nous n’ignorons pas les obstacles et les défis auxquels font face les femmes, parce qu’elles sont doublement vulnérables. Doublement vulnérables parce qu’elles sont d’abord femmes. Elles subissent la vulnérabilité et les difficultés que rencontrent les autres femmes, mais il y a aussi des violences et des défis qui sont spécifiques, liés à leur handicap », a-t-elle souligné.

 

L’atelier a enregistré la participation de plusieurs acteurs institutionnels et de la société civile, dont le député Amadou Lamine Diouf, président de la commission chargée des droits des personnes handicapées à l’Assemblée nationale. « On a aussi invité les ministères sectoriels, les représentants de la société civile, les partenaires techniques et financiers, en plus des organisations de personnes handicapées. Chaque acteur réuni aujourd’hui a un rôle important à jouer dans ce processus-là », a affirmé la vice-présidente de WiLDAF Sénégal. Elle s’est d’ailleurs réjouie des engagements exprimés par certains participants au terme des échanges. « Il a dit tout à l’heure qu’il va amener ce qu’il vient d’entendre dans cet atelier-là. Et ça nous réconforte », a-t-elle déclaré.

 

Revenant sur les lenteurs dans l’application de la Loi d’orientation sociale, Dieynaba Diallo a interpellé les autorités sur les blocages persistants. « Qu’est-ce qui fait que la loi n’est toujours pas respectée jusqu’à présent ? C’est ça, la grande question », a-t-elle lancé, avant de poursuivre : « Est-ce que c’est un manque de volonté politique ? Est-ce que c’est les moyens ? En tout cas, nous, ce qu’on réclame, c’est un droit. Et je pense que le droit, ça ne se négocie pas. » La militante des droits humains a tenu à rappeler que les personnes handicapées revendiquent leur pleine citoyenneté. « On n’est pas des personnes à part, mais on est entièrement à part entière », a-t-elle martelé.

 

Pour elle, les réponses aux nombreuses difficultés rencontrées par les personnes handicapées existent déjà dans la législation sénégalaise, mais leur mise en œuvre tarde. « Ce qui reste, c’est le défi de l’application effective de cette loi. Cette loi apporte des réponses à l’éducation, à la santé, à l’accès à l’emploi, à l’accès à la justice, à toutes nos préoccupations », a expliqué Dieynaba Diallo. Elle a également rappelé que la manière dont un pays prend en charge ses couches les plus vulnérables constitue un indicateur majeur de son développement. « On dit souvent que le niveau de développement d’un pays ne se mesure pas par les gratte-ciels, mais par le niveau de prise en charge des couches les plus vulnérables », a-t-elle soutenu.


Enfin, la vice-présidente de WiLDAF Sénégal a reconnu que des avancées étaient actuellement enregistrées dans le processus de mise en œuvre de la Loi d’orientation sociale. « Des démarches sont en cours. Il y a même le conseil présidentiel qui nous a amenés son mot qu’on va partager à la fin de la journée. Il y a des avancées actuellement, et il va nous dire exactement où est-ce qu’on en est par rapport à la mise en œuvre de cette loi », a-t-elle soutenu.

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