Drame migratoire aux Canaries : quatre morts, dont un bébé, et une nouvelle pirogue arrivée du Sénégal avec 30 migrants

Samedi 31 Octobre 2026

La route migratoire vers les îles Canaries continue de faire des victimes. Quatre migrants, dont un bébé, ont perdu la vie à bord d'une embarcation partie de Gambie, tandis qu'une autre pirogue transportant 30 personnes, dont des ressortissants sénégalais, a accosté dans la nuit de vendredi à samedi sur l'île d'El Hierro. Ces nouvelles arrivées témoignent de la persistance des traversées clandestines vers l'archipel espagnol.

Un nouveau drame de l'émigration clandestine a endeuillé la route de l'Atlantique. Vendredi 30 octobre, les corps sans vie d'un homme et d'un bébé ont été ramenés au port de La Restinga, au sud de l'île d'El Hierro, dans l'archipel espagnol des Canaries. Les victimes se trouvaient à bord d'une embarcation partie de Gambie huit jours auparavant, avec 115 personnes à son bord.

Selon les informations rapportées par l'agence de presse espagnole EFE, citant les services de secours maritimes et les équipes d'urgence, deux autres migrants sont également décédés durant la traversée. Leurs corps auraient été jetés à la mer par les occupants de l'embarcation et n'ont pas pu être récupérés. Au total, quatre personnes ont ainsi perdu la vie au cours de ce voyage particulièrement éprouvant.

Une fillette de deux ans évacuée dans un état grave

Le sauvetage de cette embarcation a nécessité une importante mobilisation des secours espagnols. L'alerte a été donnée jeudi soir après deux appels de détresse reçus par le service d'urgence 112 des îles Canaries. La pirogue, dont la position exacte était initialement inconnue, a finalement été localisée vers une heure du matin, à environ 68 kilomètres au sud de La Restinga, par le navire de secours Salvamar Navia.

Au cours de l'opération, un hélicoptère du Salvamento Marítimo a dû procéder à l'évacuation d'urgence d'une fillette d'environ deux ans, dont l'état de santé était jugé grave. L'enfant a été transportée à l'hôpital de La Candelaria, sur l'île de Tenerife.

Selon les témoignages recueillis auprès des services d'urgence, la petite fille voyageait avec ses parents. Son père figure parmi les personnes décédées durant la traversée. C'est sa mère qui aurait confirmé aux secouristes présents au port que le corps de son compagnon se trouvait toujours dans l'embarcation.

Cinq autres migrants ont été transférés à l'hôpital d'El Hierro pour recevoir des soins médicaux en raison de différentes pathologies.

Le Salvamar Navia a finalement rejoint le port de La Restinga vers quatre heures du matin avec 111 survivants, dont huit femmes et huit enfants. Les équipes sanitaires de l'archipel et les volontaires de la Croix-Rouge étaient mobilisés pour leur apporter les premiers soins.

Une autre pirogue partie du Sénégal arrive avec 30 migrants

Alors que les secours étaient encore mobilisés après ce drame, une nouvelle embarcation transportant 30 migrants a accosté dans la nuit de vendredi à samedi à El Hierro.

Selon les informations recueillies auprès des services sanitaires et d'urgence, les passagers étaient originaires de plusieurs pays africains. Deux femmes figuraient notamment parmi les occupants de la pirogue.

À leur arrivée, les migrants ont été pris en charge par l'Équipe d'intervention d'urgence immédiate de la Croix-Rouge, qui leur a prodigué les premiers soins.

D'après les témoignages recueillis auprès des rescapés, l'embarcation avait quitté les côtes sénégalaises six jours auparavant. Plusieurs ressortissants sénégalais figuraient parmi les 30 passagers.

Plus de 4 000 arrivées aux Canaries en octobre

Ces nouvelles arrivées interviennent dans un contexte de regain des traversées vers les Canaries. Malgré le renforcement des contrôles maritimes au large du Sénégal, de la Mauritanie et du Maroc, la route atlantique continue d'être empruntée par des migrants qui tentent de rejoindre l'Europe.

Selon un décompte provisoire publié par les autorités de la communauté autonome des Canaries, plus de 4 000 migrants ont atteint l'archipel espagnol au cours du seul mois d'octobre.

Les départs depuis les côtes gambiennes semblent également prendre de l'ampleur, comme en témoigne le naufrage meurtrier évité de justesse au large d'El Hierro.

Entre les longues journées passées en mer, le manque d'eau et de nourriture, les conditions météorologiques difficiles et les risques de naufrage, la traversée de l'Atlantique demeure l'une des routes migratoires les plus dangereuses vers l'Europe.

Le décès de ces quatre migrants, dont un bébé, vient une nouvelle fois rappeler le lourd tribut humain payé par ceux qui tentent de rejoindre les côtes européennes au péril de leur vie.

avec  infomigrants.ne
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