Doumbouya a t-il monté une tentative de Coup D' Etat contre son propre régime ?

Jeudi 4 Janvier 2024

Dans un reportage publié récemment par la télévision guinéenne,  Abdoulaye 2 Cissé, un ancien capitaine de l’armée, a fait des aveux concernant une tentative de putsch contre le président de la transition, Mamadi Doumbouya. Le militaire ne donne aucune indication sur la date de ce coup d’état avorté, mais soutient que c’est le commandant Aly Camara, ex-chef des opérations des forces spéciales qui l’a convaincu de prendre la direction des opérations.


Le commandant Aly Camara disait détenir les moyens et les hommes pour renverser  le président de la Transition guinéenne. Un discours de prise de pouvoir avait même été enregistré à Dubreka, une ville voisine de Conakry. Voici la teneur: « Guinéennes, Guinéens, mes chers compatriotes, où que vous soyez, je suis le capitaine Abdoulaye 2 Cissé et je demande aux forces de défense et de sécurité de se mettre à la disposition du Conseil national Transitoire de Guinée (CNTG) qui m’a porté à sa tête ».



Plusieurs doutes

Mais ce reportage laisse beaucoup de téléspectateurs dubitatifs. Le militaire aurait été arrêté il y a plusieurs mois. Pourtant, ce putsch manqué n'a jamais été annoncé par les autorités. Les aveux sont filmés par la communication de la présidence, reconnaissable à son logo. Et les confessions du capitaine Cissé, déjà peu précises, laissent penser qu'il n'était qu'un exécutant, puisqu'il affirme ne disposer d'aucun moyen financier et matériel, et ne même pas connaître l'agencement du palais Mohamed V, où réside le président Doumbouya.


En tout cas, le reportage de la RTG fait réagir. Du côté de l'opposition, l'ancien Premier ministre Sidya Touré, actuellement en exil, déplore « un retour aux pratiques d'Ahmed Sékou Touré », le père de l'indépendance guinéenne, et adepte des complots fictifs. Une époque qu'a également bien connu Cellou Dalein Diallo, président de l'UFDG, principale force d'opposition et aussi en exil. Il estime que la liberté de la presse est en danger et ne voit « aucune volonté politique de rétrocéder le pouvoir aux civils. »

Je pense qu'on est en train d'assassiner la liberté de la presse. Je vois ce qui se passe. On a coupé internet, les principales radios. J'ai des doutes, personnellement. Je ne sens aucune volonté politique de rétrocéder le pouvoir aux civils.


L’opération  a finalement été déjouée par les forces de défense et de sécurité, puisqu’ils sont arrêtés et écroués.  Le 31 décembre 2023, le président de la Transition Mamadi Doumbouya a décidé de leur accorder la grâce présidentielle. Ils sont donc libres depuis quelques jours.
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