Dolly Parton, idole américaine de la musique country, est morte à l'âge de 80 ans

Mardi 25 Aout 2026

Légende américaine de la musique country, la chanteuse Dolly Parton est morte à 80 ans, a annoncé mardi 25 août 2026 sa famille dans une vidéo. Issue d’un milieu pauvre, cette icône de la country s’est hissée jusqu’au firmament de la pop avec des tubes comme « Jolene » ou « I Will Always Love You ». Derrière un physique de Barbie se cachait une songwriter au caractère bien trempé qui a réussi dans la musique comme dans les affaires.


Dolly Parton, légende américaine de la musique country, est décédée à l'âge de 80 ans, a annoncé sa famille ce mardi 25 août 2026. « Ma famille et moi avons partagé toute une vie de beaux souvenirs avec Dolly, mais vous aussi. Elle a toujours été présente sur votre télévision, votre tourne-disque, vos CD ou dans la playlist de votre téléphone, devenant ainsi un membre à part entière de votre famille », a déclaré son neveu dans une vidéo publiée sur le compte X de la star, que l'on savait malade depuis un certain temps.

À première vue, Dolly Parton était cette chanteuse à la chevelure platine et aux ongles interminables, qui avait quelque peu forcé sur la chirurgie esthétique. Mais cette image volait en éclats dès que ce petit bout de femme apparaissait sur scène ou prenait la parole. « La magie, c’est que j’ai l’air artificielle mais je suis totalement vraie, confiait-elle au journal USA Today en 2020 (*). Les gens peuvent le voir. Ils me pardonnent d'être tape-à-l'œil. Ils me pardonnent de ne pas être élégante. Ils me pardonnent de ne pas être aussi intelligente que des gens éduqués. Je veux qu’ils me voient. Je ne suis pas timide. » 

Quatrième d’une fratrie de douze enfants, la fille originaire du Tennessee est née le 19 janvier 1946 dans une famille très pauvre. Elle grandit au pied des Appalaches entre un père cultivateur de tabac et une mère au foyer. C’est un oncle, Bill Owens, qui lui apprend la guitare et la pousse très jeune sur scène. La jeune Dolly chante pour la télé locale. À 13 ans, elle est présentée par Johnny Cash au Grand Ole Opry, une importante émission de radio country. 



Des débuts télévisés
Avec l’équivalent du bac en poche, elle prend à dix-huit ans le bus pour Nashville, la capitale musicale du sud des États-Unis. Elle pense devenir une star, mais elle place surtout les chansons de son oncle Bill et enchaîne les petits boulots.  

C’est dans cette ville qu’elle rencontre aussi Carl Dean, un entrepreneur en travaux publics qui deviendra vite son mari. Son premier album, Hello, I’m Dolly, voit le jour trois ans plus tard et s’ouvre par le malicieux « Dumb blonde » - « Blonde idiote », en français-, l’histoire d’une « blonde » pas si dupe du double jeu de son amant. 

La jeune femme attire l’attention d’une figure de la country, Porter Wagoner, qui devient son producteur et manager. Durant 7 ans, elle apprend les ficelles du métier dans le Porter Wagoner Show à la télévision et chante en duo avec lui. La relation tourne au vinaigre quand elle s’émancipe de son pygmalion et devient n°1 des charts country avec « Jolene ».  

Elle lui écrit en guise d’adieu une chanson d’amour, « I Will Always Love You », qui rencontre un succès planétaire vingt ans plus tard lorsqu’elle est reprise par Whitney Houston pour le film Bodyguard.


Avant cela, ce titre déchirant aurait dû être interprété par Elvis Presley, mais miss Parton a refusé de céder ses droits à l’entourage de la star. Il n’y aura jamais de version d’Elvis ; celle de Whitney Houston lui permet en revanche d’empocher près de 6 millions de dollars et d’être redécouverte sur le tard.

De la country vers Hollywood 
En 1977, la chanteuse de country à l’allure de pin-up se tourne vers la pop puis gagne Hollywood.  Au cinéma, elle joue dans des comédies populaires dont elle compose souvent la chanson titre. C’est le cas dans Comment se débarrasser de son patron (9 to 5, en VO) avec Jane Fonda et Lily Tomlin. Elle enchaîne ensuite avec La cage aux poules et Rhinestone, aux côtés de Sylvester Stallone. Mais dans ces années 1980 où sa musique devient pop, Dolly est rattrapée par des problèmes de santé et une dépression tenace.

Dolly Parton entourée de Les Paul (à dr.) et Chet Atkins ( à g.), lors des Grammy Awards, à Los Angeles, le 19 février 1977.
Dolly Parton entourée de Les Paul (à dr.) et Chet Atkins ( à g.), lors des Grammy Awards, à Los Angeles, le 19 février 1977. ASSOCIATED PRESS - George Brich
Faisant mentir ceux qui ont vu en elle une « plouc », Dolly Parton assume son ambition avec une bonne dose d’autodérision. Femme d’affaires redoutable, elle ouvre un parc d’attraction à sa gloire, Dollywood, dans sa région d’origine. Au milieu des montagnes russes se trouve alors une reproduction de la cabane en rondins qui l’a vu grandir et une chapelle au nom du prêcheur itinérant qui l’a fait naître.  

« Dolly » lance son parfum, s’adosse à une marque de gâteaux, ou signe une ligne d’accessoires pour chiens. Sans qu’on le sache vraiment, elle est aussi productrice de documentaires, de comédies populaires, ou de la série télé Buffy contre les vampires. 

Son univers rose bonbon et son amour des papillons tranchent avec la densité d’un songwriting qui raconte ses montagnes du Tennessee (« My Tennessee Mountain Home »), ses origines très modestes (« Coat of Many Colors »), touche à la soul (« The Seeker ») comme au disco (« Baby I’m Burnin’ »). 

Mamie adorée des réseaux sociaux
Ce n’est certainement pas un hasard que son prénom, Dolly, ait été choisi pour nommer la première brebis clonée. Elle traverse le temps grâce à ses chansons pour le cinéma ou des apparitions dans Hannah Montana, la série télévisée avec sa filleule chérie Miley Cyrus. Miss Parton devient également une icône LGBT et les féministes s’approprient ses textes. Elle parle de l’avortement comme de l’adoption, des femmes qui luttent pour se faire respecter au bureau dans « 9 to 5 », mais ne s’affirme pas féministe. La mamie adorée des réseaux sociaux se dit favorable au mouvement Black Lives Matter. 

Profondément croyante et très secrète sur son intimité, Dolly Parton se retranche derrière un amour des autres œcuménique. À la tête d’une fortune de plus de 500 millions de dollars, la philanthrope fait largement profiter son Tennessee de ses affaires.  

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Avec son programme Library Imagination, elle distribue des livres aux jeunes enfants dans tous les États-Unis comme dans les pays anglo-saxons. Elle finance aussi des hôpitaux et au moment du Covid-19, fait un don d’1 million de dollars pour la recherche sur un vaccin. Quand Beyoncé reprend « Jolene » sur son disque Cowboy Carter, celle qui est rebaptisée Dolly P l’adoube sans se soucier d’un milieu country très blanc. 

Dans une Amérique clivée autour de la figure de Donald Trump, elle se garde cependant bien de prendre des positions politiques fermes pour continuer de parler à tout le monde. « J’ai autant de fans républicains que démocrates. Je ne veux pas les offenser », répète-t-elle à USA Today (*). « Je ne suis pas politique et je ne veux pas être entraînée dans des affaires politiques. Je regarde et je pense ce que j’ai à penser. Je me dis juste : "Seigneur, que font ces gens ? C’est de la folie ! Ils s’en foutent de nous." » 

La touchante Dolly peut bien affirmer qu’elle est une rockstar à l’aube de ses 80 ans ; sa vie est adaptée dans une comédie musicale jouée à Broadway. Avec ses 3 000 chansons et ses 100 millions d’albums vendus, elle aura influencé Miley Cyrus, Taylor Swift, les White Stripes ou été l’étincelle pour la Française Pomme. À sa manière, la blonde avait largement pris sa revanche. 
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