L’affaire Jeffrey Epstein, qui continue d’ébranler les États-Unis et de susciter de nombreuses interrogations à travers le monde, projette désormais une lumière troublante sur plusieurs pays africains, dont le Sénégal. La publication massive de documents judiciaires américains, fin 2025, révèle non pas des faits criminels nouveaux, mais l’ampleur des réseaux d’influence économiques et politiques entretenus par l’ex-homme d’affaires américain, condamné pour crimes sexuels.
À la suite de l’adoption d’une loi obligeant à une plus grande transparence judiciaire, le département d’État américain a rendu publics près de trois millions de documents liés au dossier Epstein. Courriels, échanges internes, notes, photos et vidéos souvent partiellement caviardés font apparaître les noms de nombreuses personnalités et responsables à travers le monde. Si aucun de ces documents ne mentionne explicitement de crimes sexuels dans les pays cités, ils décrivent en revanche les méthodes d’influence, les stratégies de pression et les réseaux d’affaires de Jeffrey Epstein.
Le Sénégal cité dans les échanges
Parmi les pays africains mentionnés figure le Sénégal. Les documents font notamment référence à Karim Wade, fils de l’ancien président Abdoulaye Wade, emprisonné en janvier 2016 dans le cadre de l’affaire dite de l’enrichissement illicite. À cette période, Karim Wade purge une peine de prison après sa condamnation par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI).
Selon les documents rendus publics, Jeffrey Epstein écrit, en janvier 2016, qu’il souhaite intervenir en faveur de Karim Wade, présenté comme « son ami ». Dans un échange, l’homme d’affaires américain affirme avoir personnellement réglé un différend financier et évoque la possibilité d’user de pressions diplomatiques à l’encontre du président sénégalais de l’époque, Macky Sall.
Ces échanges ne prouvent pas l’existence d’une intervention effective ni d’un rôle direct dans les décisions judiciaires ou politiques sénégalaises. Ils mettent toutefois en évidence la volonté affichée d’Epstein de s’immiscer dans des dossiers sensibles, y compris au Sénégal, à travers ses réseaux et son influence internationale.
Une grâce présidentielle dans un contexte sensible
Quelques mois plus tard, en juin 2016, le président Macky Sall accorde une grâce présidentielle à Karim Wade, qui quitte alors la prison et s’exile au Qatar. À l’époque, cette décision avait suscité un vif débat au Sénégal, entre considérations humanitaires, pressions politiques internes et enjeux diplomatiques régionaux.
Les documents Epstein ne permettent pas d’établir un lien de causalité entre ces échanges privés et la décision de grâce présidentielle. Ils montrent cependant que le dossier sénégalais était suivi de près par Jeffrey Epstein, qui se présentait comme capable d’intervenir à haut niveau dans des affaires politiques étrangères.
Un éclairage sur des réseaux d’influence, pas sur des crimes
Il convient de souligner que les documents rendus publics n’accusent pas le Sénégal, ses institutions ou ses dirigeants de crimes sexuels, ni de collusion avérée avec Jeffrey Epstein. Ils illustrent plutôt la manière dont ce dernier tentait d’exploiter les périodes de vulnérabilité politique ou judiciaire pour étendre son influence.
À l’instar d’autres pays africains cités — Nigeria, Kenya, Côte d’Ivoire — le Sénégal apparaît dans ces révélations comme un terrain où Epstein cherchait à exister politiquement, en se présentant comme intermédiaire, facilitateur ou acteur capable d’ouvrir des portes.
À la suite du vote d’une loi en fin d’année 2025 aux États-Unis, le département d’État américain a été dans l’obligation de diffuser 3 millions de nouveaux documents liés au dossier judiciaire de l’ex-homme d’affaires et criminel sexuel Jeffrey Epstein. Des photos, des vidéos, des courriels, parfois caviardés, dans lesquels les noms des personnalités du monde entier apparaissent. Dans cette somme de documents, de nombreux pays du continent africain sont aussi cités.
L’unique réaction officielle sur le continent africain pour le moment est celle de la Fondation Zuma en Afrique du Sud. Dans un message de 2010 diffusé par la presse locale, Jeffrey Epstein suggère la présence « d’un mannequin pour ajouter du glamour » lors d’un dîner en l’honneur du chef de l'État, Jacob Zuma. Sa Fondation a nié tout lien avec Epstein et estime « l’affaire désormais close ».
Les documents diffusés montrent les méthodes et l’influence de l’ex-homme d’affaires au Nigeria, au Kenya comme en Côte d'Ivoire. En 2012, après la crise politique, Epstein écrit à Ehud Barak, l’ancien Premier ministre israélien devenu intermédiaire dans la vente d’armes : « Avec l’explosion des troubles civils et le désespoir de ceux au pouvoir, n’est-ce pas parfait pour toi ? » À terme, un important système de surveillance sera vendu à la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara. Jeffrey Epstein rencontre le fils du Président et sa nièce également.
Avec RFI
À la suite de l’adoption d’une loi obligeant à une plus grande transparence judiciaire, le département d’État américain a rendu publics près de trois millions de documents liés au dossier Epstein. Courriels, échanges internes, notes, photos et vidéos souvent partiellement caviardés font apparaître les noms de nombreuses personnalités et responsables à travers le monde. Si aucun de ces documents ne mentionne explicitement de crimes sexuels dans les pays cités, ils décrivent en revanche les méthodes d’influence, les stratégies de pression et les réseaux d’affaires de Jeffrey Epstein.
Le Sénégal cité dans les échanges
Parmi les pays africains mentionnés figure le Sénégal. Les documents font notamment référence à Karim Wade, fils de l’ancien président Abdoulaye Wade, emprisonné en janvier 2016 dans le cadre de l’affaire dite de l’enrichissement illicite. À cette période, Karim Wade purge une peine de prison après sa condamnation par la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI).
Selon les documents rendus publics, Jeffrey Epstein écrit, en janvier 2016, qu’il souhaite intervenir en faveur de Karim Wade, présenté comme « son ami ». Dans un échange, l’homme d’affaires américain affirme avoir personnellement réglé un différend financier et évoque la possibilité d’user de pressions diplomatiques à l’encontre du président sénégalais de l’époque, Macky Sall.
Ces échanges ne prouvent pas l’existence d’une intervention effective ni d’un rôle direct dans les décisions judiciaires ou politiques sénégalaises. Ils mettent toutefois en évidence la volonté affichée d’Epstein de s’immiscer dans des dossiers sensibles, y compris au Sénégal, à travers ses réseaux et son influence internationale.
Une grâce présidentielle dans un contexte sensible
Quelques mois plus tard, en juin 2016, le président Macky Sall accorde une grâce présidentielle à Karim Wade, qui quitte alors la prison et s’exile au Qatar. À l’époque, cette décision avait suscité un vif débat au Sénégal, entre considérations humanitaires, pressions politiques internes et enjeux diplomatiques régionaux.
Les documents Epstein ne permettent pas d’établir un lien de causalité entre ces échanges privés et la décision de grâce présidentielle. Ils montrent cependant que le dossier sénégalais était suivi de près par Jeffrey Epstein, qui se présentait comme capable d’intervenir à haut niveau dans des affaires politiques étrangères.
Un éclairage sur des réseaux d’influence, pas sur des crimes
Il convient de souligner que les documents rendus publics n’accusent pas le Sénégal, ses institutions ou ses dirigeants de crimes sexuels, ni de collusion avérée avec Jeffrey Epstein. Ils illustrent plutôt la manière dont ce dernier tentait d’exploiter les périodes de vulnérabilité politique ou judiciaire pour étendre son influence.
À l’instar d’autres pays africains cités — Nigeria, Kenya, Côte d’Ivoire — le Sénégal apparaît dans ces révélations comme un terrain où Epstein cherchait à exister politiquement, en se présentant comme intermédiaire, facilitateur ou acteur capable d’ouvrir des portes.
À la suite du vote d’une loi en fin d’année 2025 aux États-Unis, le département d’État américain a été dans l’obligation de diffuser 3 millions de nouveaux documents liés au dossier judiciaire de l’ex-homme d’affaires et criminel sexuel Jeffrey Epstein. Des photos, des vidéos, des courriels, parfois caviardés, dans lesquels les noms des personnalités du monde entier apparaissent. Dans cette somme de documents, de nombreux pays du continent africain sont aussi cités.
L’unique réaction officielle sur le continent africain pour le moment est celle de la Fondation Zuma en Afrique du Sud. Dans un message de 2010 diffusé par la presse locale, Jeffrey Epstein suggère la présence « d’un mannequin pour ajouter du glamour » lors d’un dîner en l’honneur du chef de l'État, Jacob Zuma. Sa Fondation a nié tout lien avec Epstein et estime « l’affaire désormais close ».
Les documents diffusés montrent les méthodes et l’influence de l’ex-homme d’affaires au Nigeria, au Kenya comme en Côte d'Ivoire. En 2012, après la crise politique, Epstein écrit à Ehud Barak, l’ancien Premier ministre israélien devenu intermédiaire dans la vente d’armes : « Avec l’explosion des troubles civils et le désespoir de ceux au pouvoir, n’est-ce pas parfait pour toi ? » À terme, un important système de surveillance sera vendu à la Côte d’Ivoire d’Alassane Ouattara. Jeffrey Epstein rencontre le fils du Président et sa nièce également.
Avec RFI