Diomaye « titille » Ousmane Sonko et Cie : «Rien de durable ne naît dans la précipitation »

Jeudi 4 Juin 2026

À l’occasion de la cérémonie officielle commémorant le centenaire de la naissance de l’ancien président Abdoulaye Wade, le chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye, a livré un message  à l’endroit de la jeunesse sénégalaise.

S’exprimant devant un parterre d’invités, le président de la République a insisté sur la nécessité de ne pas réduire l’héritage des grandes figures politiques à une simple mémoire contemplative. « Je voudrais seulement, devant notre jeunesse surtout, m’arrêter sur quelques-unes de ces vertus, non pas pour les admirer dans le passé comme l’on visite le Monument de la Renaissance, mais parce qu’elles ont pour notre temps quelque chose à nous enseigner », a-t-il déclaré.

Au cœur de son intervention, Bassirou Diomaye Faye a mis en avant une qualité qu’il considère essentielle dans le parcours de l’ancien chef de l’État : la patience. Une vertu qu’il oppose à l’impatience des temps modernes. « La première vertu du président Wade est la patience », a-t-il affirmé, rappelant que la société contemporaine est marquée par une exigence permanente de résultats immédiats. « Nous vivons un siècle pressé. Tout y est attendu pour hier. La lenteur passe pour une faute. L’attente pour une défaite. La constance comme un entêtement dans notre âge », a-t-il souligné.

Le chef de l’État est revenu sur le long parcours politique d’Abdoulaye Wade, marqué par plusieurs tentatives infructueuses avant l’accession au pouvoir. « La vie du président Wade est exactement le contraire. Quatre fois il s’est présenté au suffrage de ses compatriotes : en 1978, en 1983, en 1988, en 1993. Et quatre fois il a dû s’incliner devant le choix des siens », a rappelé Bassirou Diomaye Faye.

Selon lui, ces échecs répétés auraient pu briser la trajectoire d’un homme ordinaire. « Quatre défaites qui auraient brisé un homme ordinaire, ou l’auraient jeté dans l’aigreur, dans la tentation du renoncement ou dans celle de la force », a-t-il ajouté, soulignant toutefois que l’ancien président a persisté dans son engagement politique.

Le chef de l’État a ainsi l'accent sur la persévérance d’Abdoulaye Wade, qui, malgré les revers, a poursuivi son combat politique. « À chaque revers, il refaisait son parti, refaisait ses alliances et repartait au-devant des siens pour leur parler », a-t-il rappelé. Bassirou Diomaye Faye a également insisté sur la durée exceptionnelle de ce parcours politique. « Ce n’est qu’au tournant du millénaire, en l’an 2000, après vingt-six longues années d’une obstination que rien n’avait entamée, que la victoire est enfin venue », a-t-il déclaré.



S’adressant directement à la jeunesse, Bassirou Diomaye Faye a mis en garde contre les illusions de la facilité. « Jeunesse à qui notre époque promet sans cesse que tout est facile et que tout est dû, cette vie, celle de Wade, enseigne une vérité plus rude et plus belle : rien de durable ne naît dans la précipitation », a-t-il conseillé. M. Faye a aussi profité de cette occasion pour envoyer des piques à Ousmane Sonko et Cie, qui ne souhaitent pas qu’il se présente pour un second mandat. Certains responsables de Pastef, pour marquer leur opposition, ont refusé de siéger dans le gouvernement. Pour le président de la République, cette trajectoire illustre une leçon fondamentale : celle de la persévérance. « Patience : une forme haute de courage, car il est plus difficile d’attendre sans faiblir que de céder à l’empressement d’un jour », a-t-il affirmé.
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