Différends frontaliers : ce que la Guinée, le Libéria et la Sierra Leone ont décidé

Mercredi 18 Mars 2026

Le Palais Mohammed V a servi de cadre, ce lundi 16 mars 2026, à un sommet tripartite de haut niveau consacré aux différends frontaliers entre la Guinée, la Sierra Leone et le Libéria, dans une atmosphère marquée par la volonté commune de privilégier le dialogue et de consolider la paix dans l’espace du fleuve Mano.

Sous la présidence de Mamadi Doumbouya, la rencontre a réuni Joseph Nyumah Boakai et Julius Maada Bio. La Côte d'Ivoire, en qualité de pays témoin, était représentée par Nialé Kaba, envoyée spéciale du Président Alassane Ouattara.

À l’issue des travaux, les Chefs d’État ont procédé à un examen approfondi des zones de tension relevées le long de leurs frontières communes, ainsi que des préoccupations exprimées par les populations riveraines. Dans une déclaration conjointe, ils ont insisté sur « la nécessité d’une approche pacifique et concertée, fondée sur le dialogue, le droit international et les mécanismes de résolution régionaux existants ».

Réaffirmant leur attachement aux principes fondamentaux du droit international, les dirigeants ont souligné « leur attachement aux principes de souveraineté, d’inviolabilité des frontières, d’intégrité territoriale, de bon voisinage et de coexistence pacifique entre les communautés frontalières ». Dans la même dynamique, ils ont réitéré « leur engagement à résoudre les différends frontaliers par des moyens diplomatiques, conformément à l’article 33 de la Charte des Nations Unies, privilégiant le dialogue, la négociation et la médiation ».

Sur le plan sécuritaire, les trois pays ont décidé d’intensifier leur coopération afin de prévenir tout incident le long des zones frontalières. Ils ont ainsi convenu de « renforcer la coopération sécuritaire », notamment par « l’intensification des patrouilles conjointes, l’échange de renseignements et la mise en place de mécanismes de communication rapide entre les autorités locales et les forces de défense et de sécurité ».

Dans cette optique, les services techniques en charge des questions frontalières ont été instruits de se réunir dans les meilleurs délais pour « prévenir les tensions, faciliter le dialogue et poursuivre les travaux de clarification et de démarcation des frontières terrestres et maritimes ».

Par ailleurs, les Chefs d’État ont annoncé la tenue prochaine d’un sommet de l’Union du Fleuve Mano, dans un délai d’un mois, avec pour ambition de « revitaliser ses institutions et de renforcer la coopération régionale en matière de paix, de sécurité et de développement ».

Ce sommet, initié par le Président Mamadi Doumbouya, s’inscrit dans une démarche diplomatique assumée visant à « préserver la stabilité régionale, renforcer la coopération transfrontalière et trouver des solutions concertées aux questions liées à la délimitation et à la gestion des frontières ».

Dans un contexte régional parfois marqué par des tensions latentes, cette rencontre de Conakry apparaît comme un signal fort en faveur d’un règlement pacifique des différends et d’un renforcement durable de l’intégration sous-régionale.

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