Voilà plus de cinq mois que les représentants des différentes confessions religieuses en RDC attendent du chef de l’État la convocation d’un dialogue national, suivant les termes de leur feuille de route publiée fin août 2025. Ont-ils reçu la réponse qu’ils espéraient ce 31 janvier ? « Si le dialogue devait se tenir, il se déroulerait sur le sol national et serait conduit et organisé par les institutions de la République, dans le respect de la Constitution, des lois de la République et des règles démocratiques qui fondent notre pacte national », a répondu Félix Tshisekedi devant les diplomates accrédités au Congo lors d’une traditionnelle cérémonie d’échange de vœux.
Doit-on en déduire que le chef de l’État a tourné le dos à la médiation proposée par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et par l’Église du Christ au Congo (ECC) ? Alors qu’une équipe de la présidence a depuis été chargée d’enrichir la feuille de route qui avait été soumise à Félix Tshisekedi, ce dernier semble aujourd’hui avoir choisi une autre voie. Bien décidé à se positionner en seul maître du jeu, le président veut fixer lui-même le cadre et les limites des discussions à venir. Résultat : « Personne ne viendra à ce dialogue », assure l’activiste Bienvenu Matumo.
Un dialogue voué à l’échec ?
De fait, il est peu probable que des assises organisées par le pouvoir connaissent un franc succès. Les adversaires de Félix Tshisekedi ont plusieurs fois répété qu’il était une partie du problème et qu’il ne saurait donc se poser en arbitre. À l’exception de Martin Fayulu et d’Adolphe Muzito, les poids lourds de l’opposition ont d’ailleurs boycotté les consultations lancées en mars 2025 par Désiré Cashmir Eberande Kolongele à la demande du chef de l’État.
« Le plus important, c’est que Félix Tshisekedi a exprimé la volonté d’aller au dialogue, il a reconnu que l’unité et la cohésion manquent », tempère Prince Epenge, membre de la coalition d’opposition Lamuka. Lui demeure convaincu que le président congolais peut encore convoquer des assises dont les Églises assureront la facilitation, et que la communauté internationale – à commencer par l’Union africaine – accompagnera l’ensemble du processus.
Se leurre-t-il ? Alors que les religieux insistaient sur la nécessité d’un dialogue inclusif, Félix Tshisekedi en a formellement écarté ce samedi tous ceux qui, selon lui, collaborent avec l’« ennemi » rwandais. « Dialogue, oui, mais pas avec ceux qui ont commis des crimes envers nos populations », a-t-il martelé devant les diplomates. Joseph Kabila, son prédécesseur à la tête du pays, qui a été condamné à mort par contumace pour son soutien présumé aux rebelles du M23, devrait logiquement être tenu à l’écart.
Qui prendra le risque de revenir en RDC ?
Félix Tshisekedi ne partage pas non plus l’avis des religieux quant au lieu qui doit accueillir ces assises. Tandis que la Cenco et l’ECC privilégiaient un pays étranger pour rassurer ceux qui se retrouvent aujourd’hui en exil, le chef de l’État souhaite qu’elles soient organisées en RDC. Dans ces conditions, il est peu probable que Moïse Katumbi, Matata Ponyo Mapon, Claudel Lubaya ou Seth Kikuni, qui ont tous pris le chemin de l’exil, répondent présents.
Par ailleurs, la Cenco et l’ECC ont eu beau assurer que le dialogue qu’elles proposaient serait respectueux de l’ordre constitutionnel, l’entourage de Félix Tshisekedi a toujours craint qu’il aboutisse à une remise en question de son pouvoir. C’est pour cela qu’il n’a pas manqué d’appeler samedi à un « dialogue apaisé, inclusif, résolument républicain, destiné à consolider la cohésion nationale, sans jamais remettre en cause les institutions issues du suffrage universel ».
Des familles congolaises déplacées par les affrontements en cours dans l’est de la RDC font la queue en attendant que la police rwandaise et les agents d’immigration leur permettent de retourner dans leur pays, après la prise de Bukavu par le AFC/M23, au poste frontière de Ruzizi I, à Cyangugu, le 17 février 2025.
Kinshasa, d’ailleurs, se méfie depuis des mois des représentants de la Cenco et de l’ECC, auxquelles il a plusieurs fois été reproché de ne pas nommer ouvertement le Rwanda comme pays agresseur. L’année dernière, alors que leurs représentants étaient en tournée à l’étranger pour expliquer leur démarche, leur présence chez Paul Kagame à Kigali et à Goma aux côtés des rebelles de l’AFC/M23 avait fortement déplu. Les autorités congolaises n’avaient pas davantage apprécié les propos de Mgr Fulgence Muteba, le président de la Cenco, qui, le soir de Noël, avait critiqué l’accord économique conclu avec les États-Unis. Cet accord « hypothéquerait les actifs miniers de la RDC pour 99 ans », avait-il mis en garde. Une déclaration qualifiée de « mensonge » par le porte-parole du gouvernement.
Les religieux se sont-ils fait doubler ? « Nous ne sommes pas indispensables, a répondu sur les ondes de Top Congo Donatien Nshole, porte-parole de la Cenco. On n’a rien imposé, on n’a fait que des propositions. » Alors que les engagements pris à Washington et à Doha peinent à être respectés, il est difficile d’imaginer comment le dialogue – tel que proposé par Félix Tshisekedi – pourrait sortir la RDC de l’impasse.
Doit-on en déduire que le chef de l’État a tourné le dos à la médiation proposée par la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et par l’Église du Christ au Congo (ECC) ? Alors qu’une équipe de la présidence a depuis été chargée d’enrichir la feuille de route qui avait été soumise à Félix Tshisekedi, ce dernier semble aujourd’hui avoir choisi une autre voie. Bien décidé à se positionner en seul maître du jeu, le président veut fixer lui-même le cadre et les limites des discussions à venir. Résultat : « Personne ne viendra à ce dialogue », assure l’activiste Bienvenu Matumo.
Un dialogue voué à l’échec ?
De fait, il est peu probable que des assises organisées par le pouvoir connaissent un franc succès. Les adversaires de Félix Tshisekedi ont plusieurs fois répété qu’il était une partie du problème et qu’il ne saurait donc se poser en arbitre. À l’exception de Martin Fayulu et d’Adolphe Muzito, les poids lourds de l’opposition ont d’ailleurs boycotté les consultations lancées en mars 2025 par Désiré Cashmir Eberande Kolongele à la demande du chef de l’État.
« Le plus important, c’est que Félix Tshisekedi a exprimé la volonté d’aller au dialogue, il a reconnu que l’unité et la cohésion manquent », tempère Prince Epenge, membre de la coalition d’opposition Lamuka. Lui demeure convaincu que le président congolais peut encore convoquer des assises dont les Églises assureront la facilitation, et que la communauté internationale – à commencer par l’Union africaine – accompagnera l’ensemble du processus.
Se leurre-t-il ? Alors que les religieux insistaient sur la nécessité d’un dialogue inclusif, Félix Tshisekedi en a formellement écarté ce samedi tous ceux qui, selon lui, collaborent avec l’« ennemi » rwandais. « Dialogue, oui, mais pas avec ceux qui ont commis des crimes envers nos populations », a-t-il martelé devant les diplomates. Joseph Kabila, son prédécesseur à la tête du pays, qui a été condamné à mort par contumace pour son soutien présumé aux rebelles du M23, devrait logiquement être tenu à l’écart.
Qui prendra le risque de revenir en RDC ?
Félix Tshisekedi ne partage pas non plus l’avis des religieux quant au lieu qui doit accueillir ces assises. Tandis que la Cenco et l’ECC privilégiaient un pays étranger pour rassurer ceux qui se retrouvent aujourd’hui en exil, le chef de l’État souhaite qu’elles soient organisées en RDC. Dans ces conditions, il est peu probable que Moïse Katumbi, Matata Ponyo Mapon, Claudel Lubaya ou Seth Kikuni, qui ont tous pris le chemin de l’exil, répondent présents.
Par ailleurs, la Cenco et l’ECC ont eu beau assurer que le dialogue qu’elles proposaient serait respectueux de l’ordre constitutionnel, l’entourage de Félix Tshisekedi a toujours craint qu’il aboutisse à une remise en question de son pouvoir. C’est pour cela qu’il n’a pas manqué d’appeler samedi à un « dialogue apaisé, inclusif, résolument républicain, destiné à consolider la cohésion nationale, sans jamais remettre en cause les institutions issues du suffrage universel ».
Des familles congolaises déplacées par les affrontements en cours dans l’est de la RDC font la queue en attendant que la police rwandaise et les agents d’immigration leur permettent de retourner dans leur pays, après la prise de Bukavu par le AFC/M23, au poste frontière de Ruzizi I, à Cyangugu, le 17 février 2025.
Kinshasa, d’ailleurs, se méfie depuis des mois des représentants de la Cenco et de l’ECC, auxquelles il a plusieurs fois été reproché de ne pas nommer ouvertement le Rwanda comme pays agresseur. L’année dernière, alors que leurs représentants étaient en tournée à l’étranger pour expliquer leur démarche, leur présence chez Paul Kagame à Kigali et à Goma aux côtés des rebelles de l’AFC/M23 avait fortement déplu. Les autorités congolaises n’avaient pas davantage apprécié les propos de Mgr Fulgence Muteba, le président de la Cenco, qui, le soir de Noël, avait critiqué l’accord économique conclu avec les États-Unis. Cet accord « hypothéquerait les actifs miniers de la RDC pour 99 ans », avait-il mis en garde. Une déclaration qualifiée de « mensonge » par le porte-parole du gouvernement.
Les religieux se sont-ils fait doubler ? « Nous ne sommes pas indispensables, a répondu sur les ondes de Top Congo Donatien Nshole, porte-parole de la Cenco. On n’a rien imposé, on n’a fait que des propositions. » Alors que les engagements pris à Washington et à Doha peinent à être respectés, il est difficile d’imaginer comment le dialogue – tel que proposé par Félix Tshisekedi – pourrait sortir la RDC de l’impasse.