Le ministre irakien des Affaires étrangères, Fouad Hussein, a appelé dimanche à la réouverture du détroit d’Ormuz et à la levée du blocus naval américain visant l’Iran, lors d’une rencontre à Bagdad avec son homologue iranien Abbas Araghchi.
Le chef de la diplomatie irakienne a insisté sur la nécessité d’éviter une escalade militaire dans la région. « L’Irak s’oppose à l’extension de la guerre aux États du Golfe » et rejette « toute attaque contre l’Iran », a-t-il déclaré, alors que les tensions restent vives après plusieurs échanges de frappes entre Téhéran et Washington.
De son côté, Abbas Araghchi a affirmé que l’Iran était favorable à l’instauration d’un cadre de négociations avec les pays arabes du Golfe, incluant notamment l’Irak, afin de discuter de la sécurité régionale. Selon lui, ce mécanisme devrait permettre aux pays de la région de trouver des solutions sans intervention extérieure.
Le ministre iranien a toutefois averti que l’implication d’autres acteurs pourrait compliquer les efforts visant à rétablir la circulation maritime dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour le commerce mondial de l’énergie.
« Aucune autre institution ni aucun autre pays » que l’Iran n’est responsable de la gestion du détroit, a déclaré Abbas Araghchi, affirmant que toute tentative d’imposer de nouvelles dispositions ou une gestion parallèle entraînerait « des retards dans la réouverture du détroit » et pourrait « augmenter les tensions ».
Il a appelé toutes les parties à éviter toute ingérence afin de préserver l’accord provisoire conclu avec Washington, tout en évoquant également la situation au Liban. Selon lui, le retrait israélien du Liban et l’arrêt des frappes dans ce pays figureraient parmi les engagements prévus dans cet accord.
Téhéran dénonce des frappes américaines
Dans ce contexte de fortes tensions, l’Iran a réaffirmé dimanche sa volonté de défendre sa souveraineté après de nouvelles frappes américaines contre son territoire.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a condamné « fermement » les frappes aériennes américaines visant plusieurs installations de surveillance et de contrôle sur la côte sud du pays, dénonçant une « agression » et assurant que Téhéran restait « déterminé à défendre la souveraineté nationale de l’Iran ».
Les deux camps s’accusent mutuellement de violations de la fragile trêve en vigueur, alors que des discussions sont engagées pour tenter de mettre fin au conflit qui menace de déstabiliser davantage le Moyen-Orient.
Face au risque d’une nouvelle escalade, Bagdad tente de jouer un rôle de médiateur, en plaidant pour une solution diplomatique et une sécurité régionale impliquant les pays voisins.