Découverte de munitions de guerre à bord du « EOLIKA » : Ce qu'il faut savoir sur ce navire

Mardi 18 Janvier 2022

La douane sénégalaise a mis la main sur des munitions de guerre d’une valeur de plus de 3 milliards FCFA. Le quotidien Libération qui donne l’information révèle que les soldats de l'Économie ont fait cette incroyable découverte dans trois conteneurs transportés par un navire nommé "Eolika ", battant pavillon guyanais. L’équipage constitué de quatre personnes de nationalité ukrainienne est actuellement gardé à vue en attendant ce que dira l’enquête confiée à la gendarmerie.


D’abord, une recherche sur son itinéraire montre qu’il est arrivé à Dakar le 19 décembre 2021 en provenance d’Espagne, du port de Las Palmas. Auparavant, il se trouvait à La Spezia, en Italie. Eolika devait repartir le 28 décembre dernier en direction du port de Georgetown, en Guyane, où il était attendu le 28 janvier prochain. Mais entre-temps, les douaniers sénégalais ont découvert la cargaison de munitions de toutes sortes et ont amarré ce navire de 39 ans de vie.
 
D’YVONNE à EOLIKA

 
Nos recherches nous ont permis de découvrir en réalité que ce navire a été construit en 1983 et s’appelait « Yvonne ». Il appartenait à un certain C. Leytan avant qu’il ne le cède en 1989 à la compagnie Wagenborg Shipping BV qui l’a rebaptisé STEADY. Vendu une nouvelle fois en 1992 à la compagnie néerlandaise Wagenborg BV. A cet effet, il a été rebaptisé WILLEM SR. Il changera encore de nom le 19 mars 2001 lorsqu’il a été revendu à Scheepvaartbedrijf Schenkel pour s'appeler WILLEKE. Le 24 février 2006, il poursuit son odyssée sous les couleurs de Balnautic Shipping qui lui donne le nom d’EURIKA. C’est d’ailleurs sous cette identité que le navire est plus présent dans la toile. Cédé à A et R Corp en juillet 2018, sa gestion est confiée à Shipping FZ LLC basée à RAS Al Kaimah, aux Émirats Arabes Unis. Ce n’est que le 8 août 2021 que le navire battant jusque-là pavillon panaméen et racheté par la compagnie Imtraco et gérée par Fast Marine Corp basé en Grèce a pris l’identité de « EOLIKA ».
 
 
 
Un navire, mille interpellations

 
Vieux de 39 ans, ce navire qui fait une longueur de 79 mètres a été à plusieurs reprises épinglé  pour des manquements liés à la navigation. Le 10 septembre 1997, alors qu’il était sous la possession de Wagenborg Shipping, il a été amarré au port de Poole pour cinq déficiences (document d’équipage de sécurité, certificat de compétence, installation radio MF, Satellite EPIRB 406mhz/1,6 GHz et journal radio). Libéré, le navire qui avait pour nom WILLEKE s’est fait coincer de nouveau à Bremen le 21 juillet 2007 pour 11 manquements. Il a été remarqué qu’il n’avait pas de tableau des heures de travail et de structures de prévention des incendies. Il manquait également de radeaux de sauvetage gonflables.
 
Sous EURIKA, le même bateau arrêté cinq fois entre 2011 et 2019 pour plus de 60 défaillances. Le 25 novembre 2018, il a été condamné à payer 700 euros pour avoir versé entre 50 et 60 litres de carburant au port de Brunsbüttel, en Allemagne.
 
Nos investigations n’ont pas permis de trouver un lien avec le commerce illicite d'armes. Cependant, un rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm (SIPRI) sur le transport maritime et flux de marchandises déstabilisants révèle comment les navires sont impliqués dans ce trafic illicite.
 
Comment les navires sont utilisés dans le trafic d’armes
 
Selon cette étude qui date de janvier 2012, « plus de 60% des navires impliqués dans des cas signalés de violation des sanctions ou de transfert illicite d’armes, de drogue, d’autres équipements militaires et de bien sensibles à double usage susceptibles d’être utilisés dans le développement de missile et d’armes de destructions massive (ADM) appartiennent à des entreprises basées dans l’UE, l’OTAN, ou d’autres de l’OCDE ».
 
Les chercheurs font remarquer en outre que « les propriétaires des navires sont principalement des compagnies maritimes commerciales basées en Allemagne, en Grèce et aux États-Unis. »
 
Le même rapport aide à comprendre les méthodes des réseaux de trafic d'armes pour contourner les embargos sur les armes. « Ces méthodes comprennent la dissimulation des marchandises dans des conteneurs d’expédition scellés qui prétendent transporter des articles légitimes, expédier les marchandises sur des navires appartenant à des étrangers engagés dans le commerce légitime, et l’utilisation d’itinéraire détournés pour rendre les expéditions plus difficiles à suivre pour les opérations de surveillance », démontre le rapport qui insiste sur la manière dont la conteneurisation a révolutionné le commerce international en donnant une couverture idéale aux trafiquants.
 
En dernier lieu, le rapport invite à la vigilance surtout qu’il a été constaté que dans les « cas ou les armateurs, les exploitants et les capitaines sont impliqués dans la tentative de trafic, les navires ont tendance à être plus âgés et à naviguer sous des pavillons de complaisance ».
 
Le rapport considère un navire étant sous complaisance lorsqu’il a la nationalité d’un État autre que celui où est basé son véritable propriétaire. Autant de critères qu’on retrouve chez EOLIKA…
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