Il n’y a pas de différence entre le projet qui était coordonné par l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko et celui de son successeur Alhaminou Lô. C’est en tout cas ce qu’a fait savoir ce dernier hier, lors de sa Déclaration de politique générale à l’Assemblée. M. Lô soutient que le cap reste maintenu avec simplement un changement de méthode.
Le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô a fait sa Déclaration de politique générale hier à l’Assemblée nationale. Le Pm, qui faisait face hier à une majorité parlementaire devenue adversaire du président de la République, a tenu à rassurer cette dernière concernant le projet pour un Sénégal prospère.
D’emblée, M. Lô déclare : «Je n’ai pas l’ambition de revoir quoi que ce soit dans la mise en œuvre des orientations de la vision d’un Sénégal souverain, juste et prospère, ancré dans des valeurs fortes. Le cap sera maintenu, avec un changement de méthode inspirée de ma longue carrière professionnelle.» S’adressant à son prédécesseur à la Primature devenu président de l’Assemblée nationale, il déclare : «Cette méthode que j’ai déjà mise à votre service en ma qualité de Secrétaire général du Gouvernement et que vous avez louée dans vos premiers mots de président de cette auguste institution : compétence, acharnement dans le travail, rigueur, dévouement.»
Dans son allocution, le Pm a soutenu qu’il «ne s’agit pas à chaque alternance, de gouverner en recréant le monde». Et d’expliquer : «En effet, chaque génération de dirigeants reçoit un ouvrage inachevé, avec certes ses murs solides mais subissant l’usure du temps, par l’usure du pouvoir.» Ainsi, souligne-t-il, sa «responsabilité est double : consolider ce qui tient, réparer sans attendre ce qui menace de céder, tout en faisant évoluer l’ouvrage pour l’adapter aux défis du temps». Pour Alhaminou Lô «le procès permanent du passé est certes utile, mais doit surtout servir à identifier les erreurs et manquements pour que cela ne se répète plus jamais».
Insistant sur la continuité, le Pm assure que «la constante est le Référentiel national de transformation systémique «Sénégal 2050», «les politiques publiques portées par le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, conduites et coordonnées par l’ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, aujourd’hui par moi-même, demeurent le seul cap pour un Sénégal souverain, juste et prospère, ancré dans des valeurs fortes à l’horizon 2050». Comme pour rappeler à la majorité ses engagements lors de la Dpg de Ousmane Sonko, il dit : «Notre Représentation nationale, honorables députés, a plébiscité cette vision à l’occasion de la Déclaration de politique générale de l’ancien Premier ministre, et ci-devant président de l’Assemblée nationale, le vendredi 27 décembre 2024, huit (08) mois et 25 jours après sa nomination. J’ai été un acteur central de la préparation de cette Dpg dont j’ai coordonné l’élaboration en qualité de ministre, Secrétaire général du gouvernement. Je ne suis donc pas en territoire inconnu.» A en croire M. Lô, «rien ne change, le cap sera maintenu».
Toutefois, il annonce un changement de «la méthode de conduire et de coordonner les politiques publiques matérialisées par les projets et réformes de l’Agenda Sénégal 2050». «Au total, les principes de rupture qui ont fondé le programme électoral «Diomaye Président», qui ont été endossés et mis en œuvre par toute une équipe autour du précédent chef de gouvernement, sous la supervision lucide, l’œil averti et l’esprit pragmatique du chef de l’Etat, seront maintenus et renforcés dans l’efficacité et la célérité. Oui, le cap sera maintenu pour nos engagements, la méthode revue cependant à la lumière dialectique de l’éthique de la responsabilité», a-t-il fait savoir.
Poursuivant ses propos, il souligne que «cette dialectique de l’éthique de la responsabilité politique explique assurément certaines divergences au cours des derniers mois : l’arbitrage entre principes purs et la réalité mouvante de situations préjudiciables aux intérêts du Sénégal». Partant de ce constat, il informe que la méthode de son gouvernement «se fondera sur l’éthique de la conviction chère à Son Excellence le président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye». Mais ajoute-t-il, il «usera de l’éthique de la responsabilité, c’est-à-dire la fine analyse des conséquences des actes posés sur le quotidien des sénégalais et sur la bonne marche de l’économie et nos relations internationales».
Faisant le bilan amer de la situation du pays, le Pm fait remarquer qu’aujourd’hui, «notre endettement reste encore élevé, la croissance hors hydrocarbures en berne (2, 2% en 2025), le déficit budgétaire (6, 4% en 2025) en reflux notable certes, mais au prix de renoncement à des investissements publics sociaux et productifs, et d’énormes difficultés à résorber le stock d’arriérés de paiements intérieurs avec les conséquences sur la viabilité de beaucoup de Pme-Pmi et l’emploi dans les grandes entreprises». «Le Plan de redressement économique et social (Pres), «Jubbanti Koom» 2025-2028, d’une ambition de 6166 milliards F Cfa, peinent à délivrer toutes leurs promesses, qui sont pour l’essentiel des mesures structurelles, à savoir le recyclage d’actifs (1091 milliards), le financement endogène (1352 milliards), la réduction de la taille de l’Etat (50 milliards), la mobilisation de ressources domestiques (2111 milliards), ainsi que les recettes fiscales générées par le plan (1062 milliards). A fin août 2026, la mobilisation de ressources domestiques, notamment fiscales, s’est élevée à 172, 5 milliards pour un objectif de 303, 3 milliards, soit un taux de réalisation de 56, 9%», a-t-il dit.
Rappelant les conséquences «de la dissimulation statistique» qui «a renchéri notre signature et fermé des guichets», le Pm soutient que «dans un tel contexte, les Sénégalais ont droit à la clarté et à l’honnêteté». «Petite économie ouverte, affectée par tout choc exogène, devons-nous nous engager dans une fuite-en-avant sans issue ?», s’est-il interrogé. Et d’expliquer : «Si rien n’est fait, nous rentrons dans un cycle si bien connu au Sénégal, de «Suul bu kii ; suli bu kii», en d’autres termes, rouler l’endettement à des conditions de plus en plus sévères. A titre d’illustration, les taux de rendement sur le marché secondaire des obligations à échéances 2028 (libellées en euros), 2033 (en Usd), 2037 (euros) et 2048 (Usd) s’affichent à des niveaux particulièrement élevés. Ces obligations ont perdu la moitié de leur valeur faciale depuis la cristallisation de la crise de nos finances publiques. Les agences de notation nous classent aujourd’hui parmi les pays à risque très élevé de défaut de paiement, après une dégradation de 5 niveaux.» Selon lui, «ce cycle conduit à mettre en péril les capacités de l’Etat à honorer ses obligations vis-à-vis des salaires, des autres dépenses courantes et du plus petit projet». Pour lui, «c’est cela l’ajustement réel, qui conduit fatalement à une impasse».
Alhaminou Lô a aussi attiré l’attention sur le fait qu’un «Etat comme le nôtre, à l’instar de tous les pays en développement, subit de plein fouet ce que les économistes appellent le «péché originel», à savoir l’incapacité à s’endetter dans sa propre monnaie, que cette monnaie soit en parité fixe ou flexible». De même, il souligne que «notre épargne nationale, privée et publique confondues (24% du Pib en 2026), est loin de couvrir nos besoins d’investissements publics et privés (31% du Pib), soit 7 points de pourcentage de croissance (plusieurs centaines de milliards) que nous devons impérativement chercher à l’étranger». Et le Pm de préciser : «Nous parlons d’investissement, que d’aucuns sont tentés de comparer aux transferts de notre diaspora, certes importants (2642 milliards estimés en 2025) mais dont la quasi-totalité est orientée vers les dépenses courantes.» Selon lui, «aucun pays du monde ne vit plus en autarcie».
Le Pm note que «l’épargne internationale est sollicitée par une écrasante majorité des pays dans le monde pour financer leurs politiques publiques», cependant, constate-t-il, «l’ambition d’un financement «endogène» reste confrontée aux limites propres de l’épargne nationale». «Le financement endogène ne se décrète pas, il se construit au fur et à mesure qu’un pays accumule de la richesse. Le Sénégal n’en est pas encore là ! Ses urgences sont dans le rattrapage du déficit des infrastructures sociales de base, la mobilisation du potentiel de recettes qui échappent encore à l’impôt par un élargissement de la base fiscale, la réduction d’un chômage endémique, et j’en passe. Donnons donc la pleine mesure à la mobilisation optimale de l’épargne nationale certes, mais donnons-nous l’environnement des affaires nécessaire pour continuer à capter l’épargne internationale», a-t-il déclaré.
De ce fait, le Pm estime que «l’arbitrage est simple, un cadre macroéconomique attractif est impérieux et urgent, sous notre souveraine décision et dans le seul intérêt du Peuple sénégalais». Se voulant optimiste, M. Lô indique que «le Sénégal dispose d’atouts considérables pour passer d’un statut de pays à profil d’endettement parmi les plus dégradés dans le monde, à celui qui a été virtuellement le sien, avant la découverte de la dette dite cachée».
Le Quotidien
Le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô a fait sa Déclaration de politique générale hier à l’Assemblée nationale. Le Pm, qui faisait face hier à une majorité parlementaire devenue adversaire du président de la République, a tenu à rassurer cette dernière concernant le projet pour un Sénégal prospère.
D’emblée, M. Lô déclare : «Je n’ai pas l’ambition de revoir quoi que ce soit dans la mise en œuvre des orientations de la vision d’un Sénégal souverain, juste et prospère, ancré dans des valeurs fortes. Le cap sera maintenu, avec un changement de méthode inspirée de ma longue carrière professionnelle.» S’adressant à son prédécesseur à la Primature devenu président de l’Assemblée nationale, il déclare : «Cette méthode que j’ai déjà mise à votre service en ma qualité de Secrétaire général du Gouvernement et que vous avez louée dans vos premiers mots de président de cette auguste institution : compétence, acharnement dans le travail, rigueur, dévouement.»
Dans son allocution, le Pm a soutenu qu’il «ne s’agit pas à chaque alternance, de gouverner en recréant le monde». Et d’expliquer : «En effet, chaque génération de dirigeants reçoit un ouvrage inachevé, avec certes ses murs solides mais subissant l’usure du temps, par l’usure du pouvoir.» Ainsi, souligne-t-il, sa «responsabilité est double : consolider ce qui tient, réparer sans attendre ce qui menace de céder, tout en faisant évoluer l’ouvrage pour l’adapter aux défis du temps». Pour Alhaminou Lô «le procès permanent du passé est certes utile, mais doit surtout servir à identifier les erreurs et manquements pour que cela ne se répète plus jamais».
Insistant sur la continuité, le Pm assure que «la constante est le Référentiel national de transformation systémique «Sénégal 2050», «les politiques publiques portées par le Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, conduites et coordonnées par l’ancien Premier ministre, Ousmane Sonko, aujourd’hui par moi-même, demeurent le seul cap pour un Sénégal souverain, juste et prospère, ancré dans des valeurs fortes à l’horizon 2050». Comme pour rappeler à la majorité ses engagements lors de la Dpg de Ousmane Sonko, il dit : «Notre Représentation nationale, honorables députés, a plébiscité cette vision à l’occasion de la Déclaration de politique générale de l’ancien Premier ministre, et ci-devant président de l’Assemblée nationale, le vendredi 27 décembre 2024, huit (08) mois et 25 jours après sa nomination. J’ai été un acteur central de la préparation de cette Dpg dont j’ai coordonné l’élaboration en qualité de ministre, Secrétaire général du gouvernement. Je ne suis donc pas en territoire inconnu.» A en croire M. Lô, «rien ne change, le cap sera maintenu».
Toutefois, il annonce un changement de «la méthode de conduire et de coordonner les politiques publiques matérialisées par les projets et réformes de l’Agenda Sénégal 2050». «Au total, les principes de rupture qui ont fondé le programme électoral «Diomaye Président», qui ont été endossés et mis en œuvre par toute une équipe autour du précédent chef de gouvernement, sous la supervision lucide, l’œil averti et l’esprit pragmatique du chef de l’Etat, seront maintenus et renforcés dans l’efficacité et la célérité. Oui, le cap sera maintenu pour nos engagements, la méthode revue cependant à la lumière dialectique de l’éthique de la responsabilité», a-t-il fait savoir.
Poursuivant ses propos, il souligne que «cette dialectique de l’éthique de la responsabilité politique explique assurément certaines divergences au cours des derniers mois : l’arbitrage entre principes purs et la réalité mouvante de situations préjudiciables aux intérêts du Sénégal». Partant de ce constat, il informe que la méthode de son gouvernement «se fondera sur l’éthique de la conviction chère à Son Excellence le président de la République Bassirou Diomaye Diakhar Faye». Mais ajoute-t-il, il «usera de l’éthique de la responsabilité, c’est-à-dire la fine analyse des conséquences des actes posés sur le quotidien des sénégalais et sur la bonne marche de l’économie et nos relations internationales».
Faisant le bilan amer de la situation du pays, le Pm fait remarquer qu’aujourd’hui, «notre endettement reste encore élevé, la croissance hors hydrocarbures en berne (2, 2% en 2025), le déficit budgétaire (6, 4% en 2025) en reflux notable certes, mais au prix de renoncement à des investissements publics sociaux et productifs, et d’énormes difficultés à résorber le stock d’arriérés de paiements intérieurs avec les conséquences sur la viabilité de beaucoup de Pme-Pmi et l’emploi dans les grandes entreprises». «Le Plan de redressement économique et social (Pres), «Jubbanti Koom» 2025-2028, d’une ambition de 6166 milliards F Cfa, peinent à délivrer toutes leurs promesses, qui sont pour l’essentiel des mesures structurelles, à savoir le recyclage d’actifs (1091 milliards), le financement endogène (1352 milliards), la réduction de la taille de l’Etat (50 milliards), la mobilisation de ressources domestiques (2111 milliards), ainsi que les recettes fiscales générées par le plan (1062 milliards). A fin août 2026, la mobilisation de ressources domestiques, notamment fiscales, s’est élevée à 172, 5 milliards pour un objectif de 303, 3 milliards, soit un taux de réalisation de 56, 9%», a-t-il dit.
Rappelant les conséquences «de la dissimulation statistique» qui «a renchéri notre signature et fermé des guichets», le Pm soutient que «dans un tel contexte, les Sénégalais ont droit à la clarté et à l’honnêteté». «Petite économie ouverte, affectée par tout choc exogène, devons-nous nous engager dans une fuite-en-avant sans issue ?», s’est-il interrogé. Et d’expliquer : «Si rien n’est fait, nous rentrons dans un cycle si bien connu au Sénégal, de «Suul bu kii ; suli bu kii», en d’autres termes, rouler l’endettement à des conditions de plus en plus sévères. A titre d’illustration, les taux de rendement sur le marché secondaire des obligations à échéances 2028 (libellées en euros), 2033 (en Usd), 2037 (euros) et 2048 (Usd) s’affichent à des niveaux particulièrement élevés. Ces obligations ont perdu la moitié de leur valeur faciale depuis la cristallisation de la crise de nos finances publiques. Les agences de notation nous classent aujourd’hui parmi les pays à risque très élevé de défaut de paiement, après une dégradation de 5 niveaux.» Selon lui, «ce cycle conduit à mettre en péril les capacités de l’Etat à honorer ses obligations vis-à-vis des salaires, des autres dépenses courantes et du plus petit projet». Pour lui, «c’est cela l’ajustement réel, qui conduit fatalement à une impasse».
Alhaminou Lô a aussi attiré l’attention sur le fait qu’un «Etat comme le nôtre, à l’instar de tous les pays en développement, subit de plein fouet ce que les économistes appellent le «péché originel», à savoir l’incapacité à s’endetter dans sa propre monnaie, que cette monnaie soit en parité fixe ou flexible». De même, il souligne que «notre épargne nationale, privée et publique confondues (24% du Pib en 2026), est loin de couvrir nos besoins d’investissements publics et privés (31% du Pib), soit 7 points de pourcentage de croissance (plusieurs centaines de milliards) que nous devons impérativement chercher à l’étranger». Et le Pm de préciser : «Nous parlons d’investissement, que d’aucuns sont tentés de comparer aux transferts de notre diaspora, certes importants (2642 milliards estimés en 2025) mais dont la quasi-totalité est orientée vers les dépenses courantes.» Selon lui, «aucun pays du monde ne vit plus en autarcie».
Le Pm note que «l’épargne internationale est sollicitée par une écrasante majorité des pays dans le monde pour financer leurs politiques publiques», cependant, constate-t-il, «l’ambition d’un financement «endogène» reste confrontée aux limites propres de l’épargne nationale». «Le financement endogène ne se décrète pas, il se construit au fur et à mesure qu’un pays accumule de la richesse. Le Sénégal n’en est pas encore là ! Ses urgences sont dans le rattrapage du déficit des infrastructures sociales de base, la mobilisation du potentiel de recettes qui échappent encore à l’impôt par un élargissement de la base fiscale, la réduction d’un chômage endémique, et j’en passe. Donnons donc la pleine mesure à la mobilisation optimale de l’épargne nationale certes, mais donnons-nous l’environnement des affaires nécessaire pour continuer à capter l’épargne internationale», a-t-il déclaré.
De ce fait, le Pm estime que «l’arbitrage est simple, un cadre macroéconomique attractif est impérieux et urgent, sous notre souveraine décision et dans le seul intérêt du Peuple sénégalais». Se voulant optimiste, M. Lô indique que «le Sénégal dispose d’atouts considérables pour passer d’un statut de pays à profil d’endettement parmi les plus dégradés dans le monde, à celui qui a été virtuellement le sien, avant la découverte de la dette dite cachée».
Le Quotidien