Débat sur les étrangers : Moussa Fall dénonce un discours « malsain, nauséabond et futile »

Mercredi 9 Septembre 2026

Le président de l’Alliance pour le développement local (Aprodel), Moussa Fall, met en garde contre la montée de discours qu’il juge contraires à l’idéal d’intégration africaine. Pour lui, les débats autour de l’origine et de la présence des étrangers risquent de fragiliser plusieurs décennies d’efforts en faveur de l’unité du continent. Il appelle les responsables politiques à se concentrer sur les véritables défis de l’Afrique : économie, énergie, dette, sécurité, éducation et emploi des jeunes.


Moussa Fall monte au créneau pour défendre l’intégration africaine. Le président de l’Alliance pour le développement local (Aprodel) considère que certains discours mettant en avant les différences entre populations africaines constituent un danger pour les efforts d’unification entrepris depuis plusieurs décennies. « Ce débat malsain, encombrant, nauséabond et futile risque de plomber les efforts consentis durant des années par l’élite africaine dans le cadre de l’OUA, de la CEDEAO, de l’UMOA, de l’OHADA et de nombreuses autres organisations qui ont permis de réaliser des avancées significatives », déclare Moussa Fall.


Pour le président de l’Aprodel, les responsables politiques devraient avoir pleinement conscience des difficultés historiques qui ont retardé l’intégration du continent. « Comment ne pas comprendre, pour un homme politique, les obstacles qui ont toujours freiné la réalisation de l’unité africaine et l’intégration des peuples ? », s’interroge-t-il.

À ses yeux, le débat devrait plutôt porter sur les grands chantiers économiques et sociaux du continent. Il cite notamment les projets de l’Union africaine en matière de libre-échange et la constitution d’un vaste marché continental. « Comment ne pas comprendre que l’Afrique, avec les grands projets de l’Union africaine sur le libre-échange et le grand marché africain de 1,5 milliard d’habitants, doit faire face aux défis liés à la transformation écologique, aux défis énergétiques, au poids de la dette, aux enjeux de paix et de sécurité, ainsi qu’à la problématique de l’éducation et de l’emploi de notre jeunesse ? », poursuit-il.



Moussa Fall estime que ce sont ces enjeux qui devraient mobiliser en priorité les dirigeants et les opinions publiques.  « Voilà les vraies questions de l’Afrique. Le racisme, la xénophobie, l’exclusion ou les discours discriminatoires n’ont pas de place dans nos pays », martèle le président de l’Aprodel. Il considère que l’unité des peuples africains constitue également une condition indispensable pour permettre au continent de mieux défendre ses intérêts économiques sur la scène internationale. « L’enjeu, c’est l’unité de nos peuples pour faire face et résister à la domination économique de l’Occident et aux rapports de force », affirme-t-il.

« L’Afrique doit parler d’un seul langage »

Moussa Fall plaide enfin pour une Afrique capable de peser davantage dans les grandes décisions internationales grâce à une position commune. « Dans la gouvernance mondiale, l’Afrique doit parler d’un seul langage, à l’image de l’Union européenne et des États-Unis d’Amérique », soutient-il. Pour le président de l’Aprodel, l’urgence réside donc moins dans les débats identitaires que dans la construction d’un continent davantage intégré, capable de défendre collectivement ses intérêts et de répondre aux défis économiques, sociaux et sécuritaires auxquels ses populations sont confrontées.
Dans la même rubrique :