Cyberattaques : les hackers iraniens auraient utilisé la géolocalisation des téléphones de soldats américains pour cibler et frapper des bases dans le Golfe

Jeudi 16 Juillet 2026

Le conflit entre l'Iran et les États-Unis ne se limite plus aux opérations militaires. Alors que les tensions restent vives sur le terrain, une nouvelle bataille se joue dans le cyberespace. Selon plusieurs médias internationaux et des experts en cybersécurité, Téhéran aurait mené des opérations visant à localiser des militaires américains en exploitant des vulnérabilités des réseaux de télécommunications.

D'après des informations révélées notamment par le Financial Times, des données recueillies par le projet Mobile Surveillance Monitor montrent que plusieurs opérateurs télécoms de la région ont bloqué une série de requêtes techniques connues sous le nom de « pings SS7 ». Ces requêtes exploitent une faille historique du protocole SS7, utilisé pour faire communiquer les réseaux téléphoniques dans le monde.

Selon les spécialistes, cette technique permet de déterminer approximativement la position d'un téléphone mobile, même lorsqu'il est en itinérance à l'étranger.

Les chercheurs estiment que ces tentatives pourraient s'inscrire dans une campagne coordonnée visant à suivre les déplacements de militaires américains et de leurs sous-traitants déployés dans le Golfe.

Ces opérations seraient intervenues avant l'offensive menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran, puis se seraient poursuivies au début des hostilités, lorsque Téhéran a riposté par des tirs de missiles et de drones contre des positions américaines dans la région.

Des responsables de plusieurs pays du Golfe soupçonnent également l'Iran, ou des groupes qui lui sont liés, d'avoir utilisé des accords d'itinérance conclus avec des opérateurs locaux afin de tenter de suivre les déplacements du personnel militaire américain.

Pour Nikita Shah, chercheuse en cybersécurité au Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS), cette évolution témoigne d'un renforcement des capacités cyber iraniennes.

« L'Iran a fait preuve d'une grande créativité ces dernières années, et notamment dans ce conflit. Pour moi, cela témoigne d'une montée en puissance », a-t-elle déclaré au New York Times.

La chercheuse rappelle toutefois que l'exploitation des failles du protocole SS7 n'est pas nouvelle et que plusieurs États, notamment l'Iran, la Russie ou encore la Chine, y recourent depuis des années dans le cadre d'opérations de renseignement.

Même analyse du côté de Gary Miller, chercheur principal au sein du laboratoire Citizen Lab.

« L'Iran possède indéniablement les capacités d'obtenir des informations de géolocalisation en temps réel, immédiates et continues. Je serais très surpris si l'Iran n'utilisait pas le protocole SS7, ou l'accès aux réseaux mobiles de la région, pour suivre les utilisateurs américains », a-t-il affirmé.

Ces révélations inquiètent également plusieurs élus américains. En mai dernier, le sénateur démocrate Ron Wyden et le représentant républicain Pat Harrigan, accompagnés d'une douzaine de parlementaires, ont adressé une lettre au département de la Défense afin d'alerter sur la protection jugée insuffisante des militaires américains face aux cybermenaces liées au conflit avec l'Iran.

Ron Wyden estime même qu'il pourrait s'agir de la première utilisation de données commerciales de géolocalisation par un adversaire des États-Unis dans le but de cibler des militaires en période de guerre.

« Pendant des années, j'ai mis en garde les administrations démocrates et républicaines contre la menace que représentent pour la sécurité nationale les adversaires étrangers qui surveillent les téléphones du personnel américain », a déclaré le sénateur.

Ces révélations illustrent l'importance croissante de la cyberguerre dans les conflits modernes, où les réseaux de télécommunications et les données de géolocalisation deviennent désormais des outils stratégiques au même titre que les moyens militaires traditionnels.0
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