Cyberattaque au Maroc : 70 000 noms dévoilés, Jabaroot cible les services de sécurité

Jeudi 27 Aout 2026

Le groupe de hackers Jabaroot a revendiqué une nouvelle fuite massive de données concernant le Maroc. Quelque 70 000 noms ont été publiés et présentés par le groupe comme appartenant à des membres des forces de sécurité et des services de renseignement marocains. Mais contrairement à ce que laisse entendre Jabaroot, les systèmes informatiques de la DGSN et de la DGST n’auraient pas été directement piratés.

Nouvel épisode dans la série de cyberattaques et de fuites de données qui touche le Maroc. Le lundi 24 août, le groupe de hackers Jabaroot a diffusé sur Telegram plusieurs fichiers contenant environ 70 000 noms.

Les personnes répertoriées sont présentées par les hackers comme des membres des forces de sécurité et du renseignement marocains. Les documents comporteraient notamment des noms d’agents de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) et de la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST), ainsi que ceux de responsables ayant exercé des fonctions au sein de différents services de sécurité.

Les fichiers contiendraient plusieurs catégories de données personnelles et administratives sensibles : matricules, références de documents d’identité, dates de naissance et de recrutement ou encore certaines informations bancaires.

Des données qui pourraient être anciennes

La portée réelle de cette fuite reste cependant difficile à déterminer. L’authenticité et surtout l’actualité de l’ensemble des informations publiées n’ont pas été établies.

Plusieurs éléments laissent penser qu’une partie des fichiers pourrait être relativement ancienne. La date de recrutement la plus récente retrouvée dans les documents remonterait ainsi à 2020.

Autre indice : certaines personnes figurant dans les fichiers sont déjà décédées. C’est notamment le cas d’Abdelhak Khiame, premier directeur du Bureau central d’investigations judiciaires (BCIJ), décédé en 2022.

Ces éléments invitent donc à la prudence quant à la présentation de ces fichiers comme une photographie actuelle des effectifs des services de sécurité marocains.

La DGSN et la DGST n’auraient pas été piratées

C’est surtout l’origine des informations qui apporte un éclairage différent à cette affaire.

Selon les informations rapportées par Jeune Afrique, aucune base de données de la DGSN ou de la DGST n’aurait été piratée lors de cette dernière opération.

Les données publiées proviendraient plutôt de fichiers détenus par Saham Assurance et la Caisse nationale des organismes de prévoyance sociale (CNOPS). Ces organismes disposent naturellement de données administratives relatives à de nombreux fonctionnaires de l’État.

La présence d’agents de police ou du renseignement dans ces bases ne signifierait donc pas que les infrastructures informatiques propres aux services de sécurité marocains ont été compromises.

Une fuite concernant potentiellement toute la fonction publique

Les données compromises pourraient d’ailleurs dépasser largement le seul secteur sécuritaire.

Selon les mêmes informations, une opération menée en avril 2026 aurait concerné un ensemble beaucoup plus vaste de données liées à la fonction publique marocaine.

Jabaroot aurait ainsi sélectionné, dans cette masse d’informations, des noms appartenant à la DGSN, à la DGST ou à la police afin de donner à sa nouvelle publication une dimension particulièrement sensible et un impact médiatique plus important.

Le groupe met notamment en avant le nom d’Abdellatif Hammouchi, directeur général de la Sûreté nationale et de la Surveillance du territoire.

Jabaroot multiplie les opérations contre des données marocaines

Cette nouvelle publication s’inscrit dans une série d’opérations attribuées à Jabaroot depuis le printemps 2025.

En avril 2026, le groupe avait notamment diffusé des informations présentées comme provenant de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

Sa stratégie semble désormais consister à exploiter et publier des informations sensibles concernant des responsables ou fonctionnaires marocains afin de maximiser l’impact de ses opérations.

Cette nouvelle affaire souligne néanmoins une distinction essentielle : une fuite contenant des informations sur des agents du renseignement ne signifie pas nécessairement que les systèmes informatiques des services de renseignement eux-mêmes ont été piratés.

Les autorités marocaines n’ont, pour l’heure, ni détaillé publiquement l’origine exacte de l’ensemble des données diffusées ni confirmé leur authenticité.

En l’absence de confirmation officielle et compte tenu de l’ancienneté apparente d’une partie des fichiers, la prudence reste donc nécessaire concernant les affirmations de Jabaroot et l’ampleur réelle de cette nouvelle fuite.
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